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    Economie

    Laâyoune : Un oeil sur le référendum, un autre sur Las Palmas

    Par L'Economiste | Edition N°:148 Le 06/10/1994 | Partager

    Les pouvoirs locaux de Laâyoune pensent à l'après-référendum. Ils veulent attirer des investisseurs intéressés par la pêche et le tourisme. Leur objectif: concurrencer Las Palmas.

    C'est un jour ordinaire à Laâyoune, jour de soleil et de petit vent. Dès l'aube, les taxis, marque Peugeot, peints en rouge et blanc, sillonnent les artères de la ville.

    Les petits cabinets de courtage en assurances, les magasins de pièces détachées, les hôtels ou encore le commerce dans le port de pêche sont autant d'images qui indiquent que la ville a appris à vivre malgré la tension psychologique du référendum, sans cesse retardé. "Les membres de la Minurso travaillent sous la souveraineté marocaine. Ils n'ont de lien avec la population qu'en présence d'un représentant de l'Administration marocaine", indique le wali, M. Hassan Ouchen, lors de l'ouverture des travaux de l'assemblée générale de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie, tenus les 4 et 5 octobre à Laâyoune. Selon le wali, le référendum devra avoir lieu vers mai avril 1995. Mais cette date ne fait pas l'unanimité au sein de la ville. "S'il n'y a pas une intervention énergique du Conseil de Sécurité, on risque encore d'avoir du retard au-delà du mois de mai", est-il souligné. Logés à El Parador, seul hôtel datant de l'ère coloniale espagnole, et au luxueux Al Massira et à Nagjir de construction récente, les membres de la Minurso se montrent discrets . "Ils ont leur propre service d'achat, leurs propres véhicules et avions", ajoute-t-on.

    Patients, Laâyoune et ses habitants attendent le moment de la "délivrance psychologique". "Nous vivons un tournant décisif de notre histoire. Nous sommes dans la dernière ligne droite", commente M. Hassan Ouchen.
    Les yeux et le coeur rivés vers le référendum, Laâyoune jette aussi un regard vers l'après-référendum. La ville veut devenir, comme Las Palmas, un pôle de pêche et de tourisme. "Quelle est la différence entre Laâyoune et Las Palmas?", s'interroge le wali. Les deux villes partagent le soleil, le sable et la mer. Mieux encore, les hommes d'affaires de Las Palmas viennent à Laâyoune acheter le sable des dunes et les chameaux pour les besoins de leur tourisme. Las Palmas, poursuit-il, accueille chaque année 7 millions de touristes dont 3 millions sont des Suédois. Les pouvoirs locaux de Laâyoune veulent en avoir autant. Ils attendent la fin du référendum pour capitaliser la confiance politique sur le plan international.

    Une fois la situation assainie, les investisseurs étrangers ne vont plus nourrir d'inquiétudes vis-à-vis de l'avenir de la ville. Les autorités locales chercheront à les attirer pour lancer des projets touristiques d'envergure. Le Port sera agrandi. Des restaurants et des hôtels devront naître sur la côte. Resteront: le savoir-faire et l'animation. M. Hassan Ouchen est confiant: "Nous pouvons ramener aux touristes le flamenco", dit-il. Homme d'affaires de la ville, M. Taïb Abdallah El Moussaoui veut anticiper le mouvement. Sur la côte, à Foum Al Oued, il va construire un hôtel de 20 chambres. Nagjir, son premier investissement hôtelier, est situé dans la ville. Il comprend 110 chambres et 223 lits. Coût: 20 millions de DH.

    Mais la ville n'ambitionne pas seulement de devenir un pôle touristique. Elle veut aussi développer le secteur de la pêche. Le wali espère mettre en place des coopératives où ce sont les familles des pécheurs qui géreront le secteur.
    L'expérience a été concluante en Espagne. M. Hassan Ouchen pense aussi à la mise en place d'une industrie de transformation performante. A terme, les pouvoirs locaux de Laâyoune veulent ériger la ville en plaque tournante du commerce, reliant le Nord du pays, Las Palmas et l'Afrique noire via Nouakchott. Dotée d'un aéroport et d'une infrastructure basique, Laâyoune attend également les investisseurs nationaux.

    La ville s'interroge: pourquoi les hommes d'affaires du Nord la boudent-ils ? Les commerçants de la ville ont abandonné la contrebande avec Las Palmas et se sont dirigés vers le Nord du pays pour s'approvisionner. Depuis 1984, année où la route vers le Nord a été goudronnée, les flux n'ont cessé d'augmenter. La ville attend donc l'effet feed back qui tarde à venir.

    Ce n'est donc pas un hasard si la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie a choisi Laâyoune pour tenir ses assises. Pour M. Abdellah Azmani, président de la Fédération, le but de la réunion est "d'identifier les opportunités et la nature des investissements rentables pour la région". Il ajoute sur un ton philosophique que "l'homme d'affaires est un homme courageux qui ose". M. Azmani souligne qu'au seuil du règlement définitif du problème du Sahara, les hommes d'affaires "n 'ont plus aucun prétexte pour ne pas investir dans la région".

    Abdelkhalek ZYNE

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