×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Europe

    La technologie: Bof!

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Une enquête de la CGEM révèle que les entreprises considèrent la technologie comme un facteur de compétitivité secondaire. Elles sont rassurées malgré leur retard.


    C'est l'inconscience généralisée. La moitié des entreprises qui répondent à un sondage de la CGEM disent qu'elles sont "non outillées pour affronter l'ouverture vers l'UE". Pis encore, sur une autre question, la moitié reconnaît son "retard", avec un pourcentage plus fort dans le bâtiment, l'automobile, les services, les finances, le transport, le commerce et la distribution. Un autre tiers affirme qu'ils sont "bien outillés" mais "en retard par rapport aux entreprises européennes".
    Et avec tout cela, la vision est "plutôt optimiste", conclut le rapport d'enquête transfert de technologie, établi par le groupe de travail ad hoc de la CGEM.
    Cette réflexion est menée par la Commission Compétitivité et Progrès de l'entreprise, présidée par M. Kamil Bengelloun. Le but est d'abord de dresser un état des lieux et sensibiliser à l'importance de la technologie comme facteur de compétitivité.
    Car il y a beaucoup à faire en la matière, et l'enquête le prouve.

    Pour commencer, 10% des entreprises sollicitées, soit seulement 119 sur 1.100, ont répondu au questionnaire. Ce qui prouve le peu d'intérêt pour la technologie, qui, en Asie, devient la passion des foules.
    Ensuite, dans les entreprises, les fonctions "méthodes", recherche et développement sont le parent pauvre de la technique, alors que la production et la maintenance sont désormais
    bien encadrées, dans l'industrie du
    moins.
    D'ailleurs, la notion même de technologie est floue dans l'esprit des chefs d'entreprise. Pour la plupart d'entre eux, c'est "un savoir-faire", alors que pour d'autre, elle inclut aussi "l'encadrement technique" et "l'équipement". Ils ne se font d'ailleurs pas trop d'illusions et ne sont que 30% à croire que leur technologie est "productive". Chacun reconnaît que les capacités sont "mal exploitées". Et tout ce monde vit ainsi, même la moitié des entreprises qui estiment que leur technologie génère "une qualité moyenne ou nulle". Dans ce dédale, les grandes entreprises sont bien sûr mieux outillées que les PME, et les multinationales toujours mieux servies, grâce à leur maison mère.
    En définitive, la technologie apparaît donc comme exogène, et même une préoccupation secondaire, pour la compétitivité, derrière les facteurs internes comme la maîtrise des coûts ou les ressources humaines.

    Une étude complémentaire réalisée dans le cadre du projet de développement du secteur privé confirme ce peu d'intérêt et la faible demande pour la technologie. Explication: les entreprises ont vécu jusque-là sur un marché protégé, sans pression pour innover.
    De plus, en raison du faible pouvoir d'achat, le consommateur veut du bas prix plus que du produit innovant. Alors, l'offre s'adapte.
    Par ailleurs, la fabrication des biens d'équipement ne s'est pas développée. Car c'est là que sont générées les compétences. Or, l'industrie importe les équipements plus qu'elle ne les fabrique. Pis encore, l'équipement est importé trop souvent d'occasion, et donc dépassé.
    Sur un plan global, la part du PIB réservée à la R&D est évaluée à 0,3%, contre 3% pour les pays développés.
    Curieusement, l'essentiel est réalisé par le secteur public que l'on croit moins dynamique. En fait, il s'agit de grands organismes qui ont les moyens et qui opèrent sur les marchés internationaux, comme l'OCP. Ou bien il s'agit de la recherche dans l'agronomie, l'énergie, l'eau. Pour en sortir, le consultant qui a réalisé l'étude se risque à quelques recommandations: il faut créer une culture industrielle et des réflexes de veille technologique.

    Le Ministère du Commerce, de l'industrie et de l'Artisanat n'est pas en reste. Son enquête sur 250 entreprises des IMME révèle que 4 d'entre-elles avaient réalisé des actions de R&D. La contribution du MCIA touchera les services consultatifs: audit technique, formation... Le Ministère pourrait aussi créer le cadre institutionnel, agence ou direction, pour le transfert de technologie.
    De gré ou de force, le Maroc devra de toute façon engager un effort pour sa mise à niveau technologique. Il n'a pas le choix pour faire face à la concurrence de l'industrie européenne. L'accord Maroc-UE, dans son article 47, l'engage d'ailleurs à renforcer la recherche et développement.

    Khalid BELYAZID

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc