×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    La stratégie du premier exportateur taiwanais : Informatique: Acer dans la technologie "fraîche"

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Plus de 2.000 congressistes, Bill Gates, Andy Grove le 7ème constructeur mondial de micro-ordinateurs a saisi le prétexte de son 20ème anniversaire pour afficher ses ambitions dans l'électronique grand public et l'informatique à petits prix.


    Comme les fruits et les yaourts, la technologie devra être servie "fraîche"; le concept de "la nouveauté", trop galvaudé, ne suffit plus à l'informatique. Acer, 7ème constructeur mondial de micro-ordinateurs, cultive un nouveau credo à la face des leaders du monde de l'informatique, réunis à Taiwan pour son 20ème anniversaire.

    Pour souffler les bougies, Bill Gates, patron de Microsoft, leader mondial du logiciel, et Andy Grove, patron d'Intel, leader mondial du semi-conducteur, 2.000 revendeurs, une soixantaine de journalistes, de grands opérateurs du hard, du soft, du périphérique

    Taiwan, un des cinq dragons, accueillait donc le 25 juin dernier une cyberfête, affirmant sa vocation à devenir une "silicon Island", et à prendre la relève de la "silicon Valley" de Californie. La république fondée par Tchang Kaï Tchek a donc tourné la page des tee-shirts et des chaussures de sport, fabriqués en sous-traitance grâce à une main-d'oeuvre bon marché.

    Si l'île accumule les premières réserves mondiales de devises (devant le Japon et l'Allemagne), c'est désormais grâce à l'exportation de produits à forte valeur ajoutée.

    Acer est d'ailleurs passé premier exportateur du pays, grâce aux ordinateurs, aux écrans et à toutes les technologies périphériques.

    Et c'est parce que la technologie est en constant renouvellement qu'elle doit être servie "fraîche". Stan Shih, le patron du groupe, n'hésite pas à rapprocher son industrie du fast-food.

    Pour être servi frais, un micro-ordinateur doit être, comme un hamburger de McDonald's, assemblé près du consommateur, de manière délocalisée, à partir d'éléments fabriqués en grande série sur un site commun. Car les prix des composants (cartes, écrans, modems) s'écroulent si vite, sous la pression de la concurrence et de l'innovation, qu'il n'y a plus rien à gagner dessus. Stan Shih croit que les marges ne se feront plus que sur la logistique et la commercialisation.

    D'où la multiplication des revendeurs et des sites de montage. Le dernier étant en France à Roissy, tout près de l'aéroport pour gagner sur le temps d'acheminement, qui dès septembre sortira 120.000 micros/an.

    Le fast-food évoque aussi la facilité de la consommation; aussi la technologie fraîche est-elle "pour chacun et partout". C'est le micro à la portée de tous. Le cheval de bataille de la gamme sera "Acer Basic" pour la maison et le bureau chargé de DOS, Windows, d'autres applications, d'une option CD Rom, Internet...

    Coût maximal 500 Dollars, soit 4.500 DH.
    Il y en aura pour toutes les bourses, mais aussi pour tous les esprits. Et d'abord pour les enfants.
    Il faut éveiller la passion informatique au berceau et via l'écran TV. Pour les 2-7 ans, Acer Eden ouvre le CD Rom, le téléachat, Internet, sans bien sûr aucune formation.

    On pourrait multiplier les exemples "solutions pour tous", matériel et logiciel dans la nouvelle gamme du Taiwanais. Mais c'est Aspire, un vrai ordinateur multimédia qui en est la vedette. Il fait déjà un tabac aux Etats-Unis, où en 6 mois il a pris la 3ème place, talonnant les spécialistes comme Packard Bell et Compaq avec 400.000 machines les six premiers mois. Au Maroc, le distributeur Macsi s'attend au même engouement en raison du prix, du design: des lignes et des couleurs qui rappellent étrangement une télévision. Et ce n'est pas un hasard. Car en pénétrant les foyers par l'ordinateur multimédia, le constructeur taiwanais de micro-ordinateurs cherche ses marques dans l'électronique grand public.

    L'île chinoise n'a pas de grands noms comme le Japon avec Sony, Sanyo et Toshiba, ou la Corée, avec GoldStar ou Samsung.
    Acer pourrait être le premier, car la jonction devient inéluctable entre la TV et l'ordinateur qui se met aussi à transporter l'image et le son. De grandes alliances auront lieu et le Taiwanais s'y prépare déjà par son écran large, sa téléphonie mobile, ses serveurs, son téléfax, ses scanners, ses lecteurs de CD Rom A toute sa gamme de périphériques, il ajoute des centaines de logiciels qui font aujourd'hui l'essentiel de la valeur ajoutée. Les jeux éducatifs avec Jeannot Lapin ou le chevalier Tang flattent toutes les cultures. Les logiciels de gestion traduisent en arabe, turc, hébreu La filiale du Moyen-Orient veille à apporter cette "touche locale", pour toucher chacun "partout", selon le credo.

    Et ce n'est qu'en se positionnant entreprises "sans frontières" que l'entreprise a pu réaliser 5,8 milliards de Dollars de chiffre d'affaires en 1995. Une "petite" hausse de 78% par rapport à 1994. Si elle a livré 4 millions de PC à travers le monde, c'est qu'elle a installé, hors de Taiwan, 10 usines de fabrication et 34 usines d'assemblage, un large réseau de logistique et de distribution qui emploie 15.000 personnes.

    Khalid BELYAZID.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc