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    La société de l'information : Nouvelle division du travail

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager


    Au moment où se montait le projet d'Université de la Communication des pays de la Méditerranée, à l'automne dernier, personne ne pouvait prévoir que la fin avril 1996 serait une période chaude de la communication. Pourtant...

    Le Maroc avait la première chaîne privée de télévision à péage d'Afrique. Dès la fin du mois, il ne l'aura plus et il n'y aura plus de chaîne privée africaine, non plus. Le ministre de la Communication promet que 2M restera 2M, même gérée par l'Etat. Il n'empêche qu'une association, indépendante du Ministère comme des actionnaires privés de 2M, est en cours de création pour aider à ce que 2M reste effectivement 2M.

    L'éveil de l'opinion publique


    En effet, la chaîne privée a joué un rôle fondamental pour l'expression de la société civile. Ce rôle a été particulièrement remarqué dans l'affaire dite "des gammaglobulines" qui n'a pas encore fini de faire des remous. Moulay Driss Alaoui M'Daghri, le ministre de la Communication, aime à souligner que ce rôle a été joué avec la bénédiction des pouvoirs publics. Il n'en reste pas moins que la chaîne publique, TVM, n'y est pas arrivée, si tant est qu'elle s'y soit essayée...
    Pourtant, l'enjeu est de taille.
    En effet, le monde économique, qui a été le premier visé de la campagne anti-contrebande, a mesuré à quel point il a besoin d'informations libres et de bonne qualité: pour le développement économique et social, le meilleur des objectifs politiques ne remplace pas une information juste.

    Néanmoins, entre-temps, les essais pour soumettre l'information à des objectifs politiques font beaucoup de dégâts dans la vie des entreprises et des entrepreneurs.
    Jusqu'à présent, les revendications vis-à-vis de la communication sont essentiellement des revendications d'accès de la part des partis politiques. Il n'y a pas, ou pas encore, de revendications de qualité qui soient bien campées sur des normes professionnelles.
    Peut-être ces normes professionnelles vont-elles se développer à la faveur du remue-ménage que va créer le projet de réforme de l'audiovisuel marocain? Peut-être pas! Qui peut savoir?

    Les bouquets numériques


    Pendant que le Maroc fait ces expériences, de l'autre côté de la Méditerranée, Canal+ annonce pour la fin avril son bouquet de chaînes numériques. Il y aura à la carte du sport, de la musique, du cinéma, des informations... avec un appareil qui s'appellera encore décodeur. Il sera pourtant beaucoup plus sophistiqué qu'un simple décodeur. Il décodera, bien sûr, mais sera aussi capable d'effectuer les paiements pour les programmes regardés, ceux du bouquet de Canal+ et même les autres. Il pourra aussi se brancher sur un ordinateur pour recevoir et envoyer des documents, des jeux... L'arrivée du numérique est considérée comme la révolution technique qui va tout changer. Mais comme toujours il faut en prendre et en laisser dans les annonces de révolutions.
    Il n'en reste pas moins que bien des choses changent, même quand on est en retard sur le reste du monde, même quand on traîne les pieds. Elles changent donc aussi au Maroc. C'est avec stupeur, par exemple, que le monde économique apprend qu'il compte parmi ses membres une jeune entreprise de télétravail. Elle s'est fait une place tout à fait remarquable puisqu'elle traite le quart du marché du livre de littérature française. Ses principaux concurrents sont... en Inde. Ils lui mènent la vie dure sur les saisies de textes plus techniques.

    Il y a peu, les analystes prévoyaient que le mariage du téléphone et de l'ordinateur transformerait les entreprises de services: les employés travailleraient à domicile et le problème des centres-ville encombrés serait réglé. Ce n'est pas tout à fait ce qui s'est produit. La division internationale du travail est passée par là, avec le même modèle que celui de la sous-traitance du textile. Les employés ne restent pas chez eux pour travailler, c'est le travail qui est parti ailleurs.
    Enjeux de marché et enjeux de normes aussi sur les télécommunications. Le pire y côtoie le meilleur, tandis que tout le monde rêve d'Internet et d'autoroutes de l'information. La réalité est plus prosaïque, car les coûts restent élevés eu égard aux capacités des entreprises et des particuliers au Maroc.

    Nadia SALAH


    Les universités de la communication


    Fort coup de pouce du conseiller de SM le Roi, M. André Azoulay, coup de pouce aussi du Ministère de la Communication pour attirer au Maroc les grands noms de la communication du pourtour méditerranéen, essentiellement les francophones. Les universités de la communication sont un ensemble de manifestations qui se promènent sur la planète, d'Osaka à Dakar. Elle sont organisées par la Ligue Française de l'Enseignement et par le CREPAC d'Aquitaine. Le délégué général, M. Marcel Desvergue, est un enseignant passionné des opportunités qu'offre ce qu'il est convenu d'appeler "la société de communication" ou encore "la société d'information". Il ne rêve pas pour autant: ce n'est pas un monde idyllique qui va décupler la productivité et tuer la misère.
    C'est au contraire un ensemble de techniques, de normes mais aussi de nouvelles règles de comportement et de compétition. Les universités de la communication sont donc une sorte de fenêtre sur ces normes et techniques où chaque professionnel va à la pêche de ce qui l'intéresse. D'où l'intérêt d'attirer au Maroc cette université. Elle se tient en ce moment et jusqu'au vendredi 26 avril à l'Université Al Akhawayn d'Ifrane.

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