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    La saga du cahier Somapa

    Par L'Economiste | Edition N°:3421 Le 10/12/2010 | Partager

    . Malik Boutaleb, pionnier de l’industrie des fournitures scolaires, s’est éteint. Il a fondé le groupe Somapa, qui comprenait également CPM et Graphicart«Daftar Najeh, daftar faleh, daftar Somapa!» Qui ne se souvient pas de ce refrain publicitaire qui avait bercé tant d’écoliers pendant leurs années scolaires? Le père fondateur du cahier Somapa vient de s’éteindre à l’âge de 73 ans. Le groupe Somapa (Société marocaine de transformation du papier), qui commercialisait, entre autres, le cahier scolaire de la marque éponyme, avait été créée par Malik Boutaleb, un grand pionnier des arts graphiques. Né en 1937, Malik Boutaleb était connu pour sa rigueur. Un tempérament qui lui vient sûrement de sa formation militaire. En effet, il était lauréat de l’école militaire de Saint-Cyr et comptait parmi ses camarades de classe Abdellah Kadiri, Housni Benslimane… C’était une promotion d’officiers au lendemain de l’Indépendance. Au retour au Maroc, Boutaleb s’est occupé de la gestion des affaires familiales de son frère aîné, le défunt Abdelhadi Boutaleb, ex-conseiller du Souverain. Au cours des années 1960, Boutaleb participe à la fondation de Dar Al Kitab, grande société de fabrication de cahiers et de livres scolaires. Fort de cette expérience, il décide de créer Conama (Comptoir national de matériel d’imprimerie). Une société qui n’a pas rencontré le succès escompté et qui a dû fermer ses portes. Mais pour Boutaleb, ce n’est que partie remise. Avec Abdou Moukite, actuel patron de Redagraph, il crée Graphicart en 1974. Une entreprise spécialisée dans l’importation et la commercialisation du matériel d’impression. «Graphicart détenait plus de 80% de parts de marché», explique Moukite, cofondateur. Dans les années 70, le secteur de l’impression en était encore à ses balbutiements. Tout restait encore à faire. Les besoins étaient donc énormes. «Malik Boutaleb était à la base pionnier des métiers des arts graphiques au Maroc. Il est l’un des premiers importateurs de matériel d’impression. Un secteur réservé dans les années 60-70 aux étrangers. Il a aussi été à l’origine de la création et de l’équipement de la plupart des imprimeries au Maroc. Il a en quelque sorte participé à la marocanisation du secteur», explique un opérateur de l’industrie du papier. Après le succès de Graphicart, Boutaleb n’allait pas tarder à investir un autre secteur: celui de l’industrie du papier, des fournitures scolaires et de bureaux. C’est ainsi que Somapa voit le jour. Un opérateur de référence, qui allait ravir des parts de marché à des opérateurs solidement ancrés dans le secteur. Si bien qu’en l’espace de quelques années, l’entreprise détenait pas moins de 50% de parts de marché. La marque-phare de la société était certainement incarné par les célèbres cahiers Somapa. Les nostalgiques gardent d’ailleurs un souvenir indélébile de ces cahiers de bonne qualité, dont la couverture comportait les tableaux de calcul. Un vade-mecum indispensable à une époque où la calculette n’était pas encore à la portée de toutes les bourses. Le succès dépassait les attentes. Entre-temps, la société commençait à se sentir à l’étroit au niveau du marché local. Boutaleb décide alors de s’ouvrir à l’international via des partenariats signés avec des opérateurs internationaux de renom. C’est ainsi que Somapa signe en 1998 un contrat avec Carlin, chaîne de magasins et premier franchiseur espagnol de fournitures scolaires et de bureaux. Le partenariat portait sur le développement de la franchise espagnole au Maroc et la commercialisation des produits de Somapa dans les 130 magasins de Carlin en Espagne. L’activité à l’international de Somapa devait générer quelque 85 millions de DH en moyenne par an.Autre filiale du groupe Somapa, créée en 1996, le Comptoir des papiers du Maroc (CPM). Une société spécialisée dans la distribution des fournitures scolaires et de bureaux. L’idée était d’introduire le concept du cash & carry à travers l’ouverture du premier magasin SuperStore, ouvert à Casablanca et ciblant, non pas les particuliers, mais les coopératives, les écoles, les entreprises ainsi que les détaillants.Mais au début des années 2000, le groupe Somapa allait commencer à connaître de sérieuses difficultés attribuées principalement à l’importation massive de cahiers scolaires d’origine tunisienne. Le chiffre d’affaires de Somapa a baissé de 50%, d’autant plus qu’un contrat libyen de 7 millions de dollars n’avait pas été exécuté à temps. Un conflit social a éclaté en 2001. Les salariés de l’entreprise avaient occupé toutes les sociétés dans lesquelles Boutaleb était administrateur. La société n’a jamais pu reprendre ses activités et a dû fermer quelques années plus tard.


    Malik Boutaleb, le militant

    «Malik Boutaleb était très impliqué dans les milieux associatifs et participait régulièrement à des activités caritatives. Il était militant à sa manière. En effet, au cours des années de plomb, il a soutenu et aidé beaucoup d’anciens détenus de l’extrême-gauche, dont certains sont devenus importants aujourd’hui comme Sion Assidon ou encore Salaheddine El Ouadie. Une fois libérés, les ex-prisonniers politiques avaient beaucoup de difficultés pour trouver en emploi. Et Boutaleb les aidait en les recrutant dans son groupe», apprend-on auprès de ses proches.Hassan EL ARIF

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