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    La rengaine de la surexploitation

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Les professionnels de la pêche à Agadir font état d'une surexploitation des ressources halieutiques par les bateaux de l'UE. Cette surexploitation serait à l'origine d'une baisse d'activité de près de 50%


    Comment tenir le bon cap quand le temps est maussade et que l'on ne voit pas l'horizon? C'est la question à laquelle tentent de répondre actuellement les armateurs de la pêche à Agadir. Pour de nombreux opérateurs, le secteur est en crise, essentiellement en raison de l'épuisement des ressources. La situation s'aggrave de jour en jour, souligne M. Lahcen Bijddiguen, président de la Chambre de Pêche Maritime, nouvellement créée.
    En fait les professionnels n'en sont pas à leur première prise de position sur la question des ressources. Les armateurs ont à maintes reprises fait état d'une surexploitation due aux bateaux de l'UE, estimant notamment qu'il fallait étendre la phase de repos biologique. En revanche, ce genre de discours semble aujourd'hui désuet. D'abord, en raison des concessions que les armateurs marocains ont pu obtenir sur la question du repos biologique: fin 96, l'accord Maroc-UE a intégré une clause prévoyant de porter cette période de deux à quatre mois.
    Ensuite, compte tenu du non-renouvellement de l'accord de pêche Maroc-UE qui doit prendre fin en 1999.

    Faut-il alors étendre de nouveau l'arrêt biologique?
    Les armateurs marocains ne prônent pas ouvertement une telle mesure, bien que celle-ci soit prévue par l'accord de pêche, chaque fois que le Maroc la juge nécessaire.
    Ils n'hésitent pas par contre à décrier la contrainte de capacité à laquelle est confrontée la flotte nationale. «La capacité de 11 bateaux senneurs figurant dans l'accord d'association correspond à celle de toute la flotte nationale réunie, soit entre 600.000 et 700.000 tonnes». Il est également fait état d'une défaillance au niveau du contrôle par les autorités marocaines des prises effectués par les bateaux étrangers.
    Les armateurs locaux n'ont pas non plus rien à se reprocher. «L'on peut regretter que les nationaux n'aient pas suffisamment investi dans le renouvellement de leur parc et l'augmentation de leur capacités pendant les périodes fastes», souligne le gérant d'une société hauturière qui préfère garder l'anonymat.

    300 millions de DH pour le «triangle de pêche»


    Conséquence de la surexploita-tion rapportée par les armateurs, le poisson pélagique subirait un épuisement rapide. «Ils affirment qu'il existe un excédent de sardines. Nous, nous constatons le contraire», affirme M. Bijddiguen. Pour le président de la Chambre de Pêche Maritime, la pénurie de ressources proviendrait à ce niveau d'une surexploitation du «stock C» par la «flotte étrangère». Lequel stock, délimité dans une zone située entre Boujdour et Lagouira, correspond au lieu de reproduction du poisson pélagique.
    «Aujourd'hui le ver est dans le fruit». La Chambre de la Pêche Maritime fait état d'une baisse d'activité de près de 50%.
    Et ce ne sont pas les différents projets prévus ou concrétisés au port d'Agadir qui arriveront à dissiper les inquiétudes.
    Les travaux d'aménagement du port de pêche sont à moitié achevés. La zone qui verra le jour à la suite de cette opération est désignée sous le nom de «triangle de pêche». Elle sera opérationnelle en fin d'année, a indiqué le représentant du Ministère de l'Equipement lors d'une réunion tenue avec les autorités de la ville le mercredi 24 septembre. Sa réalisation doit coûter près de 300 millions de DH. Ce qui témoigne de l'importance du projet. En revanche, le triangle de pêche semble ne pas avoir tenu compte des petites embarcations (pêche artisanale) qui ne peuvent accoster qu'au prix de périlleuses manoeuvres, ont précisé des membres du bureau de la Chambre de la Pêche Maritime.
    Autre projet bien avancé au port d'Agadir, l'élévateur à bateaux de l'ODEP, en panne depuis le 13 mars dernier à la suite d'une importante avarie, a été réparé. Montant de la facture pour l'Office: 30 millions de DH. Cette situation avait provoqué l'immobilisation sur l'aire de stationnement de l'élévateur de 5 chalutiers de pêche hauturière en cours de réparation.
    Pour réparer leurs bateaux, les armateurs n'avaient alors d'autres alternatives que de solliciter la cale sèche de Casablanca ou se rendre jusqu'à Tan-Tan ou aux Iles Canaries.


    Mohamed BENABID

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