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    Enquête

    La modernisation de l'Administration : Les cadres des Finances appelés à s'investir

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Entré dans la modernisation par les réformes fiscales, de change et du commerce extérieur, le Ministère des Finances mobilise ses cadres pour améliorer son fonctionnement, devenir un "service au public" et améliorer son image.


    "Messieurs, ôtez vos cravates". M. Kabbaj commence par ce petit électrochoc symbolique la journée de réflexion sur "le plan de modernisation du Ministère des Finances. Certes percepteurs, douaniers et autres contrôleurs des engagements et dépenses sont peu enclins à l'initiative et encore moins à la fantaisie ou au sourire. Mais ce 26 juin, il ne s'agit pas d'appliquer une procédure mais de réfléchir au changement et à 300. Brainstorming pour un grand Ministère qui emploie 18.000 personnes dont 9% de cadres supérieurs (échelle 11 et hors échelle) et 20% de cadres (échelle 10). C'est beaucoup de ressources humaines utilisées pour assurer une fonction majeure de l'Etat: récolter l'argent et le dépenser. En ces temps de vaches maigres, il faut être efficace. En ces temps de réformes, il faut suivre.

    Ainsi, autour de marchés financiers, le Ministère doit suivre banques et sociétés de bourse, avec leurs "golden boys" armés d'ordinateurs et connectés aux places internationales.

    Les fonctionnaires bien cravatés ayant pris leur temps pour concocter lois et circulaires avaient été montrés du doigt. Le ministère rappelle qu'il a déjà fait ses premières preuves dans le rétablissement des équilibres macro-économiques, la réforme de la fiscalité, des marchés financiers, des changes...

    Ces derniers mois, ce sont encore ces fonctionnaires des Finances qui se sont retrouvés au centre de la politique d'assainissement: d'abord les douaniers, qui ont été pressés ou punis, et maintenant les inspecteurs des impôts qui devront jongler avec la pénalisation de la fraude fiscale. M. Benmansour, secrétaire général du Ministère, reconnaît même un "sentiment d'incompréhension", car il n'est pas facile de "concilier les exigences d'ordre social, les attentes du secteur privé et la nécessité de sauvegarder les équilibres financiers".

    La machine du Ministère des Finances ne peut plus se permettre d'être une bureaucratie. L'Administration veut passer au "management public" dont l'objectif est de créer "une dynamique permanente d'adaptation des structures et des modes d'intervention". Tout un programme pour une machine lourde et ancienne, qui ne connaît que sa logique interne, ses procédures et ses circulaires. Ce qui est avancé aujourd'hui, c'est "le service aux interlocuteurs et aux partenaires", comme les autres Ministères, les banques ou les contribuables. Si ceux-là admettent la bonne collecte des impôts comme un service, les Finances auront gagné leur pari.

    Un atelier sur les sept organisés lors de la journée était organisé autour du "service". Il aurait été utile d'inviter quelques bénéficiaires, contribuables ou retraités qui font la queue devant les perceptions, pour qu'ils donnent leur point de vue, ce pourrait être la prochaine étape.

    Pour l'heure, il s'agit d'abord de mobiliser les troupes, de les impliquer autour:
    - d'actions à court terme: comité sur l'amélioration de l'accueil, entretien des locaux, coordination interdirections, conditions de promotion;
    - de chantiers structurants: il s'agit de la réglementation dans une logique de processus, de l'évaluation des agents et des services rendus, du schéma-directeur de l'information. Ces chantiers devront aboutir à la restructuration globale du Ministère et à son meilleur fonctionnement.

    Si personne ne conteste les objectifs, les réunions ont connu des lamentations sur les manques de moyens, toujours pénibles dans l'Administration: il faut du papier, des crayons, de l'essence et des produits de nettoyage...

    Tous ces grands principes, pour être mis en oeuvre et entretenus, seront soutenus par une politique de communication.
    Le Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs aura un logo, bleu indigo, fait de pyramides, pour montrer la "dynamique ascensionnelle" et la mission de protection à travers l'image d'un toit. La modernisation aura sa signature "Tous ensemble, soyons acteurs du changement", qui sonne un peu comme la "Soyons actionnaires du progrès" de la privatisation.
    Une revue interne, "Al Malya", a déjà sorti son numéro 0, alors qu'une connexion provisoire Internet est mise en place depuis le 25 avril; les cadres commencent à surfer. Un site web du Ministère sera ouvert et offrira des informations sur la législation ou la possibilité d'investir.

    Le Ministère lance donc de gros "chantiers". Un mot cher à M. Kabbaj, ingénieur TP avant toute chose, mais que les finances n'effraient pas. Il rappelle au passage à ce "corps" si résistant qu'il n'est pas si étranger et qu'il est titulaire d'un Doctorat en Econométrie.

    Khalid BELYAZID

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