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    La formule chilienne

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Les fonds de pension rencontrent de plus en plus de succès dans certains pays. Cet engouement illustre les limites des systèmes de retraite traditionnels par répartition. Le Chili a contourné ces difficultés à travers ses fonds de pensions.


    "Le salarié préfère constater les efforts qu'il consent et aussi ne pas se sentir tributaire de phénomènes externes qu'il ne maîtrise pas", précise M. Louis Armagnat, consultant international pour le cas de la retraite chilienne, invité au Maroc dans le cadre du Forum Finance. Il explique que l'un des multiples atouts des fonds de pension chiliens (AFP) réside dans la transparence de l'information.

    En effet, le cotisant est dans ce cas continuellement informé des rendements obtenu par ses versements. Il a également la possibilité de changer à tout instant de gestionnaire s'il estime que les commissions perçues par ce dernier sont élevées.
    Cette situation se traduit par une concurrence entre les différents AFP du pays. "Ce phénomène figure parmi les particularités des modèles chiliens de fonds de pension", ajoute M. Armagnat.

    La concurrence existe également à la sortie du fonds de pension, c'est-à-dire lorsque le cotisant perçoit le montant de ses versements revalorisés sous forme de rente ou de capital. La rente doit en principe être confiée à une compagnie d'assurances. Le choix celle-ci sera déterminé par les besoins du cotisant: rente viagère certaine, rente certaine à court terme etc...
    In fine, ces régimes de retraites privés, soumis aux lois de la concurrence, entraînent des coûts de commercialisation et de transfert des dossiers faibles.

    Répartition, capitalisation


    L'engouement pour les fonds de pension illustre le problème du financement des retraites à l'horizon 2000. En effet, les modes traditionnels de financement des retraites, les systèmes par répartition en l'occurrence, ont montré leurs limites le nombre d'inactifs augmentant plus vite que le nombre d'actifs cotisants. En principe, lorsque la population est jeune, la cotisation servie par les jeunes salariés aux actifs est faible. Dès que la population commence à vieillir, les prélèvements doivent être augmentés pour pouvoir servir les mêmes prestations au nombre croissant de retraités. "Le développement des fonds de pension est incontournable dans tous les pays où l'accroissement démographique met en péril les systèmes de retraite par répartition".

    Les atouts des fonds de pension sont multiples. En effet, pour le salarié, la capitalisation permet d'accumuler pendant sa vie active une épargne qui sera récupérée à l'heure de la retraite alors que dans un système par répartition, un actif cotise pour les retraités de son époque. Les avantages concernent également les places financières et les économies nationales pour lesquelles ces fonds peuvent représenter des acteurs de dynamisation importants. En revanche, les régimes de retraite privés ne sont pas la panacée. Ils sont en effet, dans la plupart des cas, non obligatoires et ne couvrent donc qu'une minorité de travailleurs. Par ailleurs, les prestations servies ne sont pas toujours transférables en cas de changement d'emploi.

    En outre, ces régimes n'excluent pas les risques de dérapage. Pour preuve, l'affaire Maxwell qui a fait la une des colonnes de journaux en 1991. Puisant près de quatre milliards de Francs dans les fonds de pension de ses sociétaires pour renflouer son groupe en difficulté, le magnat de la presse aurait privé de retraite des milliers de salariés sans l'intervention du gouvernement britannique qui est parvenu à combler le déficit.

    Pour éviter ces dérapages, M. Armagnat estime que les pays qui optent pour les fonds de pension doivent édicter des règles de prudence. Celles-ci visent d'une part la préservation du droit des cotisants et, d'autre part, la sécurité de la gestion des fonds. Les Pays-Bas, par exemple, privilégient au niveau des actifs représentatifs des fonds de pension les investissements en valeurs sûres. Le choix s'est porté sur les obligations. Pour sa part, le gouvernement chilien a décidé de pallier le problème en fixant un taux de rendement minimum (9% l'an). En outre, un pourcentage minimum des fonds doit être investi en titres d'Etat.

    Fonds d'entreprise


    Le choix d'un fonds de pension type est, au regard des différents modèles qui existent, difficile. Les Anglo-Saxons ont à ce niveau opté pour les fonds d'entreprise. Les fonds de pension sont dans ce cas créés par l'employeur. Le reproche souvent fait à ce modèle est d'être inégalitaire, c'est-à-dire de ne couvrir qu'une partie des salariés. La création des fonds d'entreprise n'étant pas obligatoire, les employeurs décident parfois de ne cotiser que pour une partie de leurs employés, les cadres en l'occurrence. Pour les autres salariés, la seule solution qui reste est l'épargne individuelle.

    Pour sa part, la Hollande a décidé de choisir les fonds de pension sectoriels. Chaque fonds de pension, couvrant les salariés d'un secteur d'activité déterminé, est cogéré par les syndicats et des représentants patronaux.

    Autre modèle de fonds de pension: les fonds à couverture nationale. C'est la solution choisie par le Chili.
    Ces fonds de pension, conçus au début des années 80, ont contribué à un véritable renouveau économique, notamment au vaste programme de privatisation adopté par le pays.

    Les salariés sont tenus dans ce cas de cotiser à un fonds de leur choix. Outre la gestion des cotisations versées par les salariés chiliens, les AFP ont également pour charge de gérer les assurances obligatoires collectives: décès-invalidité. Le risque est à ce niveau transféré à des compagnies d'assurances.

    Mohamed BENABID

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