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    La fonction achat décortiquée au Sistep 96

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager


    Les achats amputent largement le chiffre d'affaires. Tout gain à ce niveau a des répercussions sur la compétitivité de l'entreprise. D'où l'importance d'une structuration de la fonction achat et du rôle de l'acheteur.


    «Sans acheteurs perfor-mants, il n'est pas d'entreprises compétitives», souligne M. Michel Raffet, président de la Compagnie des Acheteurs de France, lors d'une conférence au Sistep. Le ton est donné. La fonction achat est de plus en plus reconnue comme une composante «incontournable» de la stratégie industrielle des entreprises. A l'heure de la mise à niveau, l'amélioration de la compétitivité des PME/PMI passe nécessairement par la promotion de cette fonction et la formation des acheteurs.
    Au niveau marocain également, l'intérêt est bien compris. Il est d'ailleurs prévu la création d'une association des acheteurs marocains dont le rôle est de structurer la fonction. Cette association faciliterait les échanges de connaissances et d'expériences entre les responsables achats.
    L'association se verrait dotée d'un véritable code de déontologie qui limiterait les abus et préciserait les relations entre les deux parties contractantes.
    A l'instar de ce qui existe en France, l'association mettrait en place une formation spécifique destinée à cette profession. Finie la période où le rôle de l'acheteur se cantonnait à négocier les prix avec les fournisseurs. Actuellement, la fonction achat est une fonction horizontale où toutes les autres fonctions de l'entreprise interviennent, alors qu'il y a 10 ans c'était le concept de la production autarcique du «tout intégré».

    Couple «acheteur-technicien»


    Selon M. Raffet, «dans le passé, l'entreprise intégrait tout ce qui était nécessaire à son activité principale. Depuis quelques années, elle s'est largement ouverte vers l'extérieur, passant d'une organisation autarcique à un concept de réseaux».
    Au-delà de l'importance que prend cette nouvelle fonction, c'est son rôle lui-même qui est redéfini.
    La mission de l'acheteur est d'assurer l'approvisionnement de l'entreprise dans les meilleures conditions de prix, de qualité et de délais.
    Selon l'importance de l'organisation dont elle fait partie, la fonction peut être organisée en service, en département ou en direction. Dans de nombreux cas, le directeur des achats et des approvisionnements fait partie du staff.
    Quant à son rôle, l'acheteur doit apporter sa contribution aux différents stades de production. «Il s'agit d'encourager l'émergence d'un couple acheteur-technicien», explique M. Raffet. «Les services externes ne doivent pas être considérés comme des usagers du service achats, mais des clients. Les fournisseurs doivent être des partenaires». L'objectif est de tirer le meilleur parti du savoir-faire des sources en amont (fournisseurs et sous-traitants).
    L'acheteur doit maîtriser aussi les coûts, point essentiel pour la réalisation des économies. Les achats ne doivent plus se limiter à la négociation de prix.
    L'efficacité de l'acheteur dépend de sa capacité à savoir négocier et rechercher les opportunités. Elle se mesure par son aptitude à repérer les meilleurs fournisseurs. Sa tâche est encore plus délicate quand il s'agit de trouver le ou les meilleurs sous-traitants. Pour cela, il doit disposer nécessairement d'informations fiables et exhaustives.

    70% du CA aux achats


    La fonction de l'acheteur lui impose également des connaissances propres en micro-économie, macro-économie, relations économiques nationales et internationales, régle-mentations nationales en matière de tarifs des transports, douane, assurance...
    Toutes ces informations lui sont utiles dans la mesure où elles influent sur la composition du prix des inputs et par conséquent sur celui du produit final.
    Toutefois, la fonction achat intègre de plus en plus dans ses objectifs des relations de partenariat, ce qui est surtout vrai dans le domaine de la sous-traitance. Il ne s'agit plus dans ce cas d'obtenir le meilleur produit au meilleur prix uniquement, mais aussi de lier avec le sous-traitant des relations durables.
    Les achats représentent un poids de plus en plus important chez les entreprises, un poids pouvant aller jusqu'à 70% du chiffre d'affaires. Aussi, «tout gain à ce niveau est hautement significatif», précise M. Raffet qui estime que 5% du gain sur les achats peut permettre une augmentation du bénéfice allant jusqu'à plus 25%.
    Une revue de l'AMICA (Association Marocaine de l'Industrie et du Commerce Automobile) explique même qu'avec leur nouveau rôle d'ensembliers «la fonction achat revêt une grande importance chez les équipementiers de premier rang. En effet, ceux-ci achètent de 40 à 50% de leur chiffre d'affaires, ce qui les entraîne vers des démarches similaires à celles mises en place par les constructeurs au cours des années 80. Cette démarche structurante dans le secteur des achats a mené les équipementiers sur le chemin de la réduction du nombre des fournisseurs».

    Fatima MOSSADAQ

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