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    Entreprises

    La difficile mutation de l'Institut Pasteur en entreprise

    Par L'Economiste | Edition N°:240 Le 25/07/1996 | Partager


    La privatisation de l'Institut Pasteur du Maroc (IPM) est à l'étude. L'opération devrait permettre de redynamiser les activités commerciales et industrielles confrontées à quelques difficultés.

    La privatisation de l'Institut Pasteur du Maroc est à l'étude par le gouvernement. L'audit de l'IPM, qui devrait être confié à un cabinet international, est actuellement en cours de préparation sur instructions du Premier ministre. En revanche, le nouveau cadre juridique de l'IPM et les modalités de privatisation n'ont pas encore été définis. L'activité de recherche et d'expertise restera néanmoins entre les mains de l'IPM. Pour preuve: un décret, en cours d'élaboration, prévoit d'officialiser l'IPM en tant que laboratoire national de contrôle microbiologique. Ce contrôle était effectué jusque-là par l'Institut National d'Hygiène.

    Le succès de l'opération de privatisation dépend en principe du degré de rentabilité de l'entreprise concernée. Les comptes établis par la fiduciaire Sofi, pour le compte de l'IPM, pour la période 1990 à 1995, font ressortir une capacité d'autofinancement positive de 10 MDH. Pour l'exercice 1995, la trésorerie et le fonds de roulement laissent apparaître un excédent de 5 millions de DH chacun alors que le chiffre d'affaires et le résultat net atteignent respectivement 70 millions et 3,2 millions de DH. L'IPM a été sommé, il s'agit d'une nouveauté cette année, sommé de payer l'IS et l'impôt des patentes pour un montant global de 24 millions de DH. L'exonération d'impôts qui prévalait jusqu'au 17 juin, date de la visite des représentants du fisc, entrait dans le cadre de la souplesse accordée en matière de gestion de l'Institut, l'objectif étant de permettre à cet établissement de dégager des ressources propres pour financer la recherche.

    Sérums et vaccins

    L'IPM prévoit, dans son plan de développement 1996-2000, de réaliser un chiffre d'affaires de 80 millions de DH en 1996 et 111 millions en l'an 2000.

    Ces résultats semblent difficiles à réaliser, compte tenu des difficultés que connaît l'établissement cette année. Rappelons que l'Institut Pasteur du Maroc a été touché par la polémique de l'affaire dite des gammaglobulines. La dimension prise par cette affaire explique, entre autres, selon Pr Abdellah Benslimane, directeur général de l'Institut, la baisse de la vente de vaccins qui a caractérisé le premier semestre 96. Les pertes ont atteint 4 millions de DH. L'activité sérums et vaccins avait auparavant été affectée par la révision de la convention signée avec Pasteur Mérieux qui a décidé de céder à Rhône Poulenc Rorer 50% de la gamme détenue auparavant par l'IPM.

    L'activité sérums et vaccins contribue en grande partie au chiffre d'affaires de l'établissement. Les ventes de vaccins et sérums ont atteint en 1995 30,3 millions de DH.

    IPM contre Sanofi


    Autre activité qui a été affectée cette année: la recherche. L'IPM avait développé un projet de production biotechnologique en collaboration avec la Faculté de Médecine de Casablanca et le secteur privé marocain. Il s'agissait de fabriquer des réactifs de dépistage de l'hépatite C dans le centre d'immunologie de la Faculté. Le centre avait été fermé sur décision du Ministère de l'Enseignement Supérieur. Une deuxième dimension du problème des réactifs réside dans le conflit qui oppose, selon le Pr Benslimane, l'Institut Pasteur Maroc à Sanofi Diagnostics Pasteur, représenté au Maroc par le laboratoire Maphar. Ce laboratoire vend des réactifs de laboratoires sous la marque Pasteur. D'après le directeur de l'IPM, la convention qui lie le gouvernement marocain à l'Institut Pasteur de Paris stipule que l'IPM est le représentant exclusif du nom de Pasteur et des activités pasteuriennes, qu'elles soient d'ordres commercial, industriel ou scientifique.

    M. B.

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