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    Economie

    La dernière valse avant les législatives

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Pour préparer leur campagne électorale, 20 membres du gouvernement ont été libérés de leur fonction par SM le Roi Hassan II. Bilan de quelques mandats.


    Coup de théâtre. L'infor-mation est tombée comme un couperet aux premiers flashs-radio du mardi matin 5 août. SM le Roi Hassan II a libéré de leur fonction les vingt membres du gouvernement ayant une appartenance politique et ce, en prévision des élections législatives. Le Souverain a annoncé cette décision lors du dernier conseil des ministres consacré à l'examen des lois organiques. Ils quittent le gouvernement afin de se "consacrer entièrement à leur activités politiques et partisanes" au cours des élections législatives, prévues pour septembre prochain.
    L'actuel gouvernement a été nommé par SM le Roi en février 1995(1). L'équipe qui devait conduire la politique économique du pays était un mélange de nouveaux ministres, de hauts fonctionnaires, d'universitaires, mais aussi de personnalités issues du secteur privé. Aujourd'hui, les vingt membres du gouvernement libérés de leur fonction proviennent des rangs de l'UC, du MP et du PND.
    Parmi les sortants figurent les détenteurs des portefeuilles les plus importants. M. Mohamed Kabbaj quitte son Ministère des Finances en laissant derrière lui un héritage qualifié de "considérable". En effet, dans les coulisses du Ministère, plusieurs expressions fusent à son sujet. "Féru de modernisme", il a mis en chantiers plusieurs réformes du secteur financier. M. Kabbaj avait également le regard braqué et les idées fixées sur les équilibres économiques, "comme moyen de s'en sortir". A l'actif du président de l'Association Fès-Saïss s'ajoute la gestion "moderne" de la dette extérieure. Cependant, il laissera derrière lui la phobie du moment: la mise à niveau des bilans et de la pénalisation de la fraude fiscale.

    Père de la loi sur le commerce extérieur, M. Hassan Abouyoub ferme la porte du Ministère de l'Agriculture sans avoir fait l'unanimité dans la conduite des différents dossiers. Il s'agit notamment du conflit avec les minotiers sur la libéralisation et les importations des céréales. Cette histoire avait d'ailleurs réveillé les vieux démons et les groupes de pression. Des réunions se sont succédé au pas de charge, et comme pour tout dossier chaud, c'est M. Driss Basri, ministre d'Etat à l'Intérieur, qui a pris les choses en main. C'est toute la politique agricole qui a été remise en cause. En bout de course, une déclaration agricole a été adoptée. Reste l'application.
    La campagne d'assainissement a propulsé M. Abderrahmane Amalou sous les projecteurs de l'actualité. Bien qu'il ait été média-tisé plus que ses prédécesseurs, son bilan reste déséquilibré, puisqu'il n'a pas eu le temps de mener à terme la réforme de la Justice tant attendue et dont il a tracé les principaux contours. Sous son mandat a été voté le texte sur les tribunaux de commerce qui attendent encore leur décret d'application. Sont aussi au stade du SGG le code pénal, le code de procédure pénale, le dahir formant statut de la magistrature et le dahir fixant l'organisation judiciaire.
    Apprécié par la profession, M. Mohamed Alaoui M'hamdi a réussi à donner une bouffée d'oxygène aux hôteliers avec le rééchelonnement des créances du CIH. Sous son mandat, l'activité a repris, mais elle est restée très en dessous des potentialités. De plus, il n'aura pas réussi à restructurer l'ONMT face à diverses résistances. Aujourd'hui, la réforme de l'Office est encore dans les tiroirs du SGG.

    De son côté, M. Saïd El Fassi quitte son poste sans avoir pu bétonner son mandat. Il ne verra pas aboutir le plus grand programme jamais lancé dans le secteur, celui des 200.000 logements. Son projet de déplacer les villes dans les campagnes devient orphelin. M. El Fassi a essuyé un cuisant échec lors des élections communales du 13 juin dernier à Bouznika. Le ministre sortant reste dans tous les cas président de l'Ordre National des Architectes dont il devra mettre en jeu le mandat en septembre prochain.
    Resté branché jusqu'à la fin, M. Hamza Kettani est parvenu à mener à bout la réforme des Télécommunications et ce, en dépit de toutes les résistances de l'ONPT. Votée, la loi attend aujourd'hui ses décrets d'application.
    Géomètre assermenté à la longue carrière parlementaire, M. Essaid Ameskane a, au cours de son mandat, affronté un certain nombre de volets épineux. Sa plus grande réussite est le redressement de l'ONCF, au bord de la faillite.

    En charge de la Santé Publique, M. Ahmed Alami s'est fait remarquer par son bras de fer avec l'ex-direction du CHU d'Ibn Rochd (Casablanca) et les professeurs Himmich et Benchemsi dans l'affaire de la gammaglobuline. A son actif, un coup de pouce qualifié de "timide" au dossier de l'amiante. Après les grands remous, il a constitué un comité de réflexion en attendant la mise en place d'une réglementation spécifique à ce matériau cancérigène. En revanche, il n'aura pas le loisir de voir se concrétiser son dernier projet, celui du financement et de la gestion des hôpitaux publics.
    Quasi-inconnu au bataillon, M. Mohamed Alami aura hanté les murs du Ministère du Commerce Extérieur sans laisser un souvenir au public. Au cours de différentes réunions auxquelles il a participé, plusieurs opérateurs et exportateurs s'interrogeaient même sur son identité.
    Les inconnus, le gouvernement en aura compté. Tirer un bilan de leurs réalisations au bout de 29 mois serait difficile. Ayant effectué son mandat sans laisser de trace, M. Abdeslem Beroual, de la Formation Professionnelle, partage avec son collègue de l'Emploi et des Affaires Sociales, M. Amine Demnati, des dossiers chauds dans le domaine social sans en avoir orienté la direction. C'est dire si le projet de code de travail, qui somnole encore dans les tiroirs, aurait eu peu de chance d'être dépoussiéré.

    Les ministres sortants

    Les membres de l'UC: M. Abderrahman Amalou: Justice et Droits de l'Homme; M. Mohamed Kabbaj: Finances et Investissements Extérieurs; M. Saïd Fassi: Habitat; M. Abdellah Azmani: Affaires Culturelles; M. Abdessalam Baraka: relations avec le Parlement; M. Abdelaziz M'sioui: Sous-Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé des Relations avec l'UMA.; M. Hamza Kettani: Postes et Télécommunications; M. Mohamed Alaoui M'hamdi: Tourisme; M. Nourredine Benomar Alami: Environnement
    Les membres du MP: M. Hassan Abouyoub: Agriculture et Mise en Valeur Agricole; -M. Ahmed Améziane: Jeunesse et Sports; M. Amine Demnati: Emploi et Affaires Sociales; M. Abdeslem Beroual: Formation Professionnelle; M. Mohamed Alami: Commerce Extérieur; M. Messoud Mansouri: Affaires Administratives; M. Mohamed Hama: Incitation de l'Economie; M. Essaïd Ameskane: Transports
    Les membres du PND: M. Ahmed Alami: Santé Publique; M. Lamine Benomar: Population; M. Lahcen Gaboun: Sous-Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères chargé des Affaires de la communauté marocaine résidant à l'étranger.

    Meriem OUDGHIRI
    & Mohamed CHAOUI

    (1) Cf L'Economiste du 16 mars 1995.

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