International

La convention de l’Onu contre la corruption en vigueur

Par L'Economiste | Edition N°:2172 Le 15/12/2005 | Partager

. Des mesures dissuasives pour les Etats et les organismes internationaux Les Nations unies vont disposer d’une nouvelle arme légale pour combattre la corruption, «mère de tous les crimes», avec l’entrée en vigueur ce mercredi d’une convention internationale. La Convention des Nations unies contre la corruption dite de Mérida, adoptée il y a deux ans, est désormais ratifiée par 38 des 140 Etats signataires. Elle permettra d’aider les pays membres à combattre le fléau dans le secteur public aussi bien que dans le privé. «Ce sera un instrument de contrôle inégalé», a déclaré Antonio Costa, le directeur du Bureau de l’Onu contre la drogue et le crime (UNODC). Cet organisme basé à Vienne estime que chaque année plus de 840 milliards d’euros sont payés en pots-de-vin pour obtenir des faveurs diverses. C’est de l’arrogance que de dire que la corruption, phénomène universel, «est en quelque sorte acceptable dans certaines sociétés» où elle est prévalente, estime Stuart Gilman, chef de l’unité anticorruption à l’UNODC. La convention permettra, ce qui est nouveau, de récupérer les biens volés: personne dans le monde ne pourra plus refuser de rendre les fonds pillés et la vieille excuse du secret bancaire ne tiendra plus. La convention prévoit aussi l’instauration d’un système efficace d’assistance juridique mutuelle, facilitant les poursuites contre des dirigeants corrompus. L’Onu relève que, dans certains pays, le montant de la corruption équivaut à jusqu’à 30% du produit intérieur brut. Les membres d’organisations internationales seront soumis à la convention, a noté Stuart Gilman, en estimant que le scandale pétrole contre nourriture, sous Saddam Hussein en Irak, servirait de leçon aux Nations unies qui ont été éclaboussées tout comme une série de compagnies privées. Il a aussi regretté que les pays occidentaux «tellement demandeurs de cette convention soient en retard par rapport aux pays en développement dans le processus de ratification». Deux seulement des 25 pays de l’Union européenne, la France et la Hongrie, l’ont fait.Synthèse L’Economiste

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc