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    Europe

    La compétition sur les ressources : Maastricht débarque au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    L'avant-projet de plan a mis sur la place publique un débat que le gouvernement aurait sans doute préféré garder feutré: la politique budgétaire à moyen terme dans le cadre de l'accord avec l'Union Européenne.


    L'avant-projet de plan, qui doit encore être discuté et auquel il manque des morceaux entiers concernant la stratégie sociale, doit organiser, pour l'Etat et pour le tissu productif, la première étape de l'insertion dans l'accord avec l'Union Européenne.
    L'Economiste a relevé l'ambiguïté qui règne en ce moment sur la stratégie budgétaire(1). Cette ambiguïté a aussi soulevé les interrogations du privé qui se sont exprimées lors de la réunion du Comité de Suivi pour la Promotion du Secteur Privé (Comité dit Saâd Kettani). Réponse un peu embarrassée du ministre chargé de la Population, mais qui affirme sa préférence pour une politique d'équilibre. M. Benomar, quelques jours auparavant, avait dans un entretien marqué cette même préférence, en reconnaissant qu'il y a un débat sur cette question (Cf en page 47).

    Irruption du privé


    L'irruption du privé dans le débat de stratégie budgétaire à moyen terme s'explique par le fait que le développement des entreprises est intimement lié à cette politique, immédiatement avec les effets d'éviction, et à moyen et long termes par les remboursements de dettes. Compte tenu des dérapages anciens et récents, la sensibilité des entreprises est devenue très forte sur ce sujet.

    L'accord avec l'Union Européenne vient renforcer cette sensibilité: les entreprises auront besoin de 45 milliards de DH en cinq ans pour financer leur remise à niveau(1).

    Toutes proportions gardées, c'est un peu comme si les critères de Maastricht élargissaient de fait leur champ d'application jusque dans les pays qui ont signé un accord avec l'UE.

    Parmi les critères, ceux qui alimentent le plus de discussions sont le déficit du Budget par rapport au PNB (3%) et le taux d'inflation (3%). Pour le premier, peu de membres de l'Union arriveront dans les délais à maîtriser leur Budget, mais ils ont tous déjà entamé de sérèves restructurations dans leur manière de concevoir les politiques sociales. Pour l'inflation, la plupart sont déjà à niveau.

    Au Maroc, les contraintes pesant sur les finances publiques sont plus sévères. Les niveaux d'inflation sont largement au-dessus: 6,1% en 1995 et 3,3% pour les quatre premiers mois de 1996. Le ministre des Finances, M. Mohamed Kabbaj, a tenu à souligner lors du Forum Finance de L'Economiste que les prévisions budgétaires pour l'exercice 1996-97. mettent le déficit à 2,5% du PIB, "soit au-dessous de Maastricht". Ce qui n'épuise pourtant pas le débat sur les finances publiques puisqu'il ressurgit à travers l'avant-projet de plan.

    La compétition pour les ressources financières devient donc très serrée, si bien que les sociétés de bourse y voient la possibilité (et la nécessité) de doubler rapidement le nombre de sociétés cotées. Le président de la Bourse de Casablanca, M. Amyn Alami, estime que la réforme financière et l'émergence de la Bourse seront des instruments majeurs de la restructuration.

    Nadia SALAH



    (1) Cf L'Economiste du 27 juin 1996.
    (1) Cf L'Economiste du 22 février 1996.


    Les propositions de l'avant-plan

    La phrase de tous les dangers


    L'avant-projet insiste (page 45) sur "l'impérieuse nécessité de relancer l'activité" en raison du risque de voir s'aggraver le chômage (22,5% en l'an 2000 si les tendances actuelles se poursuivent). A la page 48, le projet dit: "La sauvegarde des équilibres fondamentaux ne constitue pas une fin en soi. Cet impératif se justifie par la nécessité d'assurer les bases d'une croissance saine qui n'aggrave pas les déséquilibres financiers, en évitant d'alourdir davantage le fardeau de la dette et par conséquent d'éroder la compétitivité de l'économie nationale". C'est la première phrase de ce paragraphe, couplée aux affrontements à peine feutrés au sein du gouvernement, qui pose problème.

    Dans toute l'histoire budgétaire de ces 15 dernières années, cette phrase est très exactement le slogan qui permet de justifier ou de réclamer l'abandon de la rigueur. Elle est présente dans tous les débats budgétaires du côté des tenants du "déficit de relance". Elle a été utilisée notamment contre le redressement budgétaire des années 80, puis à nouveau par M. Karim-Lamrani, Premier ministre, contre M. Sagou pour la préparation du Budget de 1994. Actuellement, cette même phrase sert de couverture, y compris au sein du gouvernement, pour justifier des débordements budgétaires. Son intérêt est précisément son ambiguïté: elle peut s'utiliser dans deux significations opposées.


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