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    La CNCA bannit la gratuité des services

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Progressivement, la CNCA tente de se remettre à niveau. Après avoir déclaré la guerre aux gros débiteurs, elle s'attaque à d'autres sources de revenus. Facturation de la tenue de compte, limitation de la rémunération des comptes à vue: la Caisse espère améliorer sa rentabilité.


    M. Hassan Abouyoub, ministre sortant de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole n'a pas eu le temps de concrétiser la stratégie destinée à remettre la CNCA sur les rails. La charge revient donc à M. Abdellah Lahlou, directeur général de la banque, de «briefer» le prochain président du Conseil d'Administration de la Caisse sur l'évolution du climat qui a monté d'un cran en raison des poursuites engagées contre de gros clients débiteurs.
    En attendant, la CNCA a mis fin à la gratuité des services. Les responsables viennent de décider un alignement définitif sur le système de tarification des banques de manière à améliorer la rentabilité. Les clients se verront désormais facturer 20 DH/trimestre pour les frais de tenue de comptes. En principe, la moisson sera très intéressante. Cette source de revenu devrait en effet apporter 16 millions de Dirhams annuellement si l'on prend en considération les 200.000 comptes gérés par la Caisse.

    Suivant la même logique, il a été engagé un alignement progressif sur les banques pour ce qui concerne la rémunération des ressources. Jusqu'à présent, la CNCA avait l'habitude de rémunérer les dépôts à vue. Elle continuera à le faire avec cependant une tout autre dé-
    marche. L'intérêt créditeur sera
    servi sur la base du solde moyen créditeur.
    En pratique, toute rémunération est abandonnée pour les soldes inférieurs à 50.000 DH. L'intérêt créditeur est fixé à 1% pour les soldes compris entre 50.000 et 200.000 DH. Il est de 1,5% entre 200.000 et 500.000 DH, 2% entre 500.000 et 1 million, 2,5% entre 1 et 3 millions et 3% pour tout solde supérieur à 3 millions. Cette nouvelle grille sera bientôt mise en application, indique une source proche de la banque.
    La Caisse envisage également d'instaurer une commission sur les opérations extérieures. Il est indiqué que ces différentes décisions devraient permettre à la CNCA d'engranger quelque 100 millions de Dirhams compte tenu de son portefeuille actuel.

    Accord avec le syndicat


    Parallèlement, il est signalé que de nouveaux produits, entre autres, l'épargne logement et des produits d'assurance sont en gestation.
    Autre point important, une partie du personnel devra être sur le terrain dès le début du mois de septembre pour tenter de récupérer quelques créances en souffrance.
    La volonté est bien là. Mais elle n'est pas suffisante pour faire de la Caisse une vraie banque. «Le pas-sage d'une gestion administrative à une gestion conforme aux normes professionnelles ne peut se réaliser correctement sans un apport de sang neuf», avance un ancien cadre. En toile de fond la nécessité de doter la banque d'un personnel mieux armé, notamment par une formation poussée et un renforcement des organes de décision.
    Si dans le fond le plan de restructuration avancé ne peut être chamboulé, les prochains titulaires des Finances et de l'Agriculture pourraient y apporter leur touche personnelle.

    Pour un banquier proche du dossier, les solutions sont multiples. «Il s'agira d'abord d'arrêter définitivement l'hémorragie avant de penser à la recapitalisation» . Outre les décisions opérationnelles déjà prises, «la Caisse, contrairement à la pratique jusque là adoptée, doit imposer à tout emprunteur non client de la banque d'ouvrir systématiquement un compte», est-il souligné.
    Côté structure organisationnelle, l'hypothèse de la séparation des activités (structure délocalisés pour les agriculteurs et structure bancaire classique) est correcte. Cependant, il est estimé qu'une grande direction de moyens généraux devrait être mise en place pour assurer la gestion de certains services communs comme la trésorerie et l'informa-tique.
    Dans ce contexte d'incertitudes, le bureau syndical SNB-CDTde la Caisse a maintenu la pression sur la Direction. Au final, un accord avantageux sur 18 points obtenu à l'issue des négociations tenues les 24, 28 et 31 juillet.
    Des reven-dications à caractère pécuniaire ne manqueront certaine-ment pas de peser sur les charges. Un document est signé, mais l'application est une autre paire de manches.

    Mohamed CHAOUI & Alié Dior NDOUR

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