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    Economie

    La banane marocaine en crise?

    Par L'Economiste | Edition N°:2419 Le 11/12/2006 | Partager

    . Les producteurs demandent la réinstauration de la DPI. D’importantes superficies abandonnées La filière de la culture de la banane serait-elle en crise? A en croire l’Association des producteurs de bananes du Maroc (Aproba), c’est le cas. Jeudi dernier, l’Aproba a d’ailleurs tenu, dans l’après-midi, une conférence de presse au cours de laquelle des explications ont été données aux représentants de la presse nationale.On a ainsi appris que les représentants des associations régionales de producteurs de bananes et le bureau national ont tenu une réunion le samedi 25 novembre. A l’ordre du jour de cette réunion, la situation de la filière et la mise en place d’actions et de mesures à même de l’en sortir.La filière banane, ou plutôt culture de la banane, vit actuellement une instabilité liée, selon l’Aproba, à plusieurs facteurs intra et intrinsèques dont la cause première serait «les importations anarchiques, abusives et massives» de ce produit principalement de pays africains. Dès lors, l’Aproba ne demande pas moins que la réinstauration de la Déclaration provisoire à l’importation (DPI) d’une durée d’au moins six mois. Les producteurs réclament également «la mise en place des mesures de sauvegarde contenues dans l’article 19 des accords du Gatt». «Cette crise a été à l’origine de la disparition de nombreuses bananeraies et a causé de nombreux déséquilibres dans la filière tout entière», estiment les producteurs. Même les opérateurs intervenant dans la commercialisation de la banane au Maroc n’ont pas été épargnés. En outre, «les importations irraisonnées de l’année 1999 ont généré une crise financière chez la majeure partie des grossistes spécialisés dans la distribution de la banane», affirme l’Aproba. Les responsables de l’association des producteurs ont également rappelé que la crise de la filière a été aggravée, l’année dernière, par un gel qui a été à l’origine de la destruction de 80% des plantations de production. «Cela n’a pas empêché, l’année d’après, l’augmentation des importations qui ont induit une mévente totale de la banane nationale, même si elle a été proposée sur les marchés à des prix ne couvrant pas les frais de production».Une touche d’optimisme cependant. Les producteurs ont fait part de leur ferme volonté de ne point baisser les bras. Ils vont jusqu’à affirmer que, malgré tout, cela ne les empêchera pas de poursuivre leur programme de mise à niveau et de restructuration pour améliorer la compétitivité de la banane locale. Les responsables de l’Aproba ont tenu, à l’occasion de leur conférence de presse, à rappeler qu’après la crise de 1999, le nombre de producteurs de banane a baissé progressivement passant de 1.014 en 2.000 à 956 en 2002. Cependant, une augmentation de leur nombre s’est opérée dès 2003 grâce à l’intégration de la culture de la banane dans les systèmes de production maraîchère et à l’apparition de petites plantations. Une augmentation qui allait encore une fois connaître une chute et de nombreux abandons dès 2004.L’Aproba rend aussi responsables des prix élevés de la banane marocaine la mauvaise organisation des circuits de distribution et les nombreux intermédiaires. Elle appelle également le ministère de l’Intérieur à «intervenir au niveau des collectivités locales et des marchés de gros pour une baisse des taxes qui ne font qu’augmenter les coûts».


    Réduction de superficies

    L'Aproba a indiqué que, depuis l’année 2000, il n’y a pas eu de superficies cultivées supplémentaires. En plus, plus de 600 hectares ont été définitivement abandonnés principalement dans la région du nord du pays pour des raisons purement financières. Les investisseurs dans la banane se sont reconvertis dans d’autres secteurs, notamment les cultures de saison ou carrément dans l’immobilier, comme c’est le cas dans la Gharb. Selon l’Aproba, la situation financière des producteurs de la banane ne leur permettait plus de faire face aux charges de l’ensemble des superficies plantées. Ce qui fait que la réduction des superficies est restée, pour eux, «la seule et unique option pour assurer la survie du domaine».Jamal Eddine HERRADI

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