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    Politique Internationale

    La 3ème édition du concours national de piano : Chopin fait valser les prix

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager

    Une première, une deuxième puis une troisième éditions. Le concours national des jeunes pianistes semble faire sa voie. d'ailleurs, le rendez-vous de 1997 est déjà prix.


    Lorsque le Dr Omar Hajami, qui préside depuis bientôt 7 ans aux destinées de l'Association Marocaine des Amis de Frédéric Chopin eut l'idée, en 1994, de créer un concours annuel pour les jeunes pianistes nationaux ou résidant au Maroc, il rencontra un certain nombre de sceptiques doutant du bien-fondé d'une si audacieuse initiative. Certes, on compte de plus en plus de parents souhaitant voir leurs enfants s'initier au piano, et ce noble instrument connaît depuis quelques années un réel engouement au sein d'une certaine élite. Il faut bien le dire, l'achat d'un piano nécessite de lourds sacrifices; mais de là à trouver un nombre suffisant d'élèves déjà bien formés, susceptibles de faire honneur en public, à leur professeur, la marge semblait bien grande et les résultats douteux.
    il en fallait davantage pour décourager le Dr Hajami. Le premier concours encore modeste sur le plan de la participation voyait le jour en 1994. En mai 1995, le second allait bénéficier de l'appui inconditionnel du célèbre pianiste égyptien Ramzi Yassa, acceptant généreusement de présider le jury. Le 3ème concours national allait, le 14 avril, réunir 20 jeunes pianistes et s'inscrire en lettres d'or parmi les activités culturelles de la capitale économique du Royaume.

    Ramzi Yassa présidait pour la seconde fois un jury de professionnels de Casablanca et de Rabat accordant leur bienveillante attention aux prestations de ces juvéniles talents dont l'un, peut-être, portera le renom du Maroc au-delà des mers.
    Répartis en quatre niveaux: élémentaire, moyens 1 et 2 et supérieur, âgés de 12 à 18 ans, ils ont affronté les feux de la rampe avec beaucoup de calme et de concentration.
    Séduit par tant de fraîcheur, le public leur était tout acquis mais, en son âme et conscience, le jury devait arbitrer et donner un verdict, attendu par certains avec beaucoup d'angoisse.
    Il faut préciser qu'un jury n'a pas la tâche facile, c'est le moins qu'on puisse dire. Quelles que soient ses décisions, elles seront mal accueillies. Tour à tour taxées de laxisme, de favoritisme, d'excessive sévérité ou de coupable faiblesse.
    La présence à Casablanca comme président du jury de Ramzi Yassa, artiste émérite, pianiste de renommée internationale, fut un honneur pour le concours.
    Presque tous allaient franchir, le matin, le cap périlleux des éliminatoires et se retrouver le soir pour la seconde épreuve.

    A tous les niveaux, une valse de Chopin, choisie en fonction du degré des élèves, figurait obligatoirement et c'est peut-être cette valse, beaucoup plus périlleuse à interpréter qu'un mouvement de sonate de Beethoven, par exemple, qui allait faire pencher la balance et déterminer l'attribution des prix.
    Entrent en jeu, en effet, outre la technique, le sens musical, le rythme, l'expression, le toucher, permettant de déceler une véritable nature même chez les plus jeunes. Deux prix allaient être attribués dans chaque catégorie. En Elémentaire, Badis Bensid -tout juste 14 ans- se voyait attribuer le 1er Prix, et Claire Beaumont -16 ans depuis quelques jours le second.
    En Moyen I, la benjamine de tous, Ghita Saher -12 ans et demi- remportait le 1er Prix, décerné à l'unanimité avec les félicitations du jury qui a décelé chez cette fillette des dons remarquables. Elle obtenait, en outre, le prix de l'ambassade de France au Maroc, soit un stage musical d'un mois en France.

    Mehdi El Kabbaj -13 ans et demi se voyait décerner le 2ème Prix à l'unanimité du jury. En Moyen II, Marouan Benabdellah -13 ans et demi s'est vu décerner le 1er Prix. Le second allant à Myriam Bouzid, fêtant ses 15 ans quelques jours plus tard.
    Enfin, en Supérieur, le Ier Prix n'a pas été attribué, le second est revenu à Lamia El Wady -la doyenne- si l'on ose employer cette expression pour ses 18 printemps.
    Tous ont reçu des prix en espèces ou en nature offerts par de généreux donateurs, en l'occurrence: l'Association Marocaine (la marraine) des Amis de Chopin, le président de la Commune Urbaine de Sidi Belyout, la Fondation Wafabank et le Prix du président de la Banque Populaire, ainsi que l'Ambassade de France déjà nommée.
    Même si cette studieuse jeunesse n'envisage pas une carrière artistique, elle trouve un enrichissement dans l'étude du piano en particulier et de la musique en général, guidée par des professeurs dont on ne vantera jamais assez la compétence et le dévouement. Le rendez-vous de 1997 est déjà pris.

    Farid, Ghizlane, Mourad, Rachid et les autres...

    Bien des talents sont prêts à suive, dans le domaine du chant notament. Farid, Ghislane, Mourad et Rachid ont tout à envier. Ce sont des professionnels.


    Au Maroc, on est toujours heureux de recevoir des artistes musiciens venus de l'étranger, mais cela ne doit pas faire oublier pour autant ceux et celles qui, souvent dans des conditions difficiles, font preuve d'éminentes qualités et donnent, à l'échelon national, une image de marque de leur pays.
    Quatre noms mais il en est bien d'autres ont maintenant franchi le cap séparant l'amateur -si courageux et attachant soit-il du professionnel, avec tout ce que cela implique de persévérance et de désintéressement.
    Honneur aux dames!
    Ghizlane Hamadi est bien connue des mélomanes du Maroc et surtout de Meknès où elle réside. Excellente pianiste de classe internationale elle fut disciple de Georges Cziffra qui l'appelait tendrement "sa fille du Maroc", elle aurait pu faire une carrière de soliste si elle avait bénéficié d'un peu plus d'appui et de solidarité; elle a préféré se dévouer corps et âme au professorat tout en conservant une activité personnelle puisqu'elle fait partie on n'ose dire à ses moments perdus tant ses prestations sont astreignantes du jeune Trio Hermès violon-clarinette-piano.

    De plus, elle a institué en 1994 le premier concours international de piano placé sous la présidence d'honneur de S.A.R. la Princesse Lalla Meryem. Une deuxième édition de ce concours aura lieu à Meknès en juillet prochain. Un Français et deux Japonaises furent les brillants lauréats de 1994.
    Farid Bensaïd commence l'étude du violon très jeune à Casablanca, puis à Rabat où il obtient un 1er prix du Conservatoire dans la classe de J. Celerier.
    En France, il mène de front des études d'ingénieur et de musique couronnées par plusieurs prix. De retour au Maroc, il est actuellement premier violon de l'orchestre de la Chorale de Rabat et a formé, depuis peu, un duo avec Nicole Foussard, pianiste diplômée de l'Ecole Normale de Musique de Paris et professeur à Casablanca, toujours prête à mettre son beau talent au service des jeunes artistes.
    C'est le chant qui est la discipline de prédilection de Mourad Abderrahim.
    Une belle voix de baryton-basse le fait très vite remarquer, notamment à la Chorale de Rabat où il fait des débuts très prometteurs. Il va se perfectionner en Espagne à Madrid, et il est demi-finaliste au concours international de Pampelune. Il n'oublie pas pour autant qu'il fut élève à Rabat de Safia Tijani et c'est dans cette ville qu'il a créé en novembre dernier la 10ème cantate de Louis Peraudin dans laquelle il a fait une très forte impression.

    Baryton-basse chez Mourad, timbre rare de contre-ténor chez Rachid Ben Abdesslem qui poursuit au Conservatoire supérieure de Paris de brillantes études.
    En constants progrès, il a profité récemment des courtes vacances de février pour participer au très beau concert de la Chorale de Rabat où sa voix exceptionnelle a fait merveille dans des extraits d'opéra de Haendel notamment.
    Avec ces quatre artistes, le Maroc possède des valeurs confirmées dont il peut s'enorgueillir à juste titre. D'autres jeunes talents sont tout près de les suivre dans le domaine du chant notamment. Même s'ils ne sont pas appelés à entreprendre une carrière internationale, si souvent semée d'embûches et d'écueils, la connaissance de la musique, le maniement d'un instrument, la discipline d'un ensemble leur sera toujours bénéfique et enrichira leur vie.

    Françoise Fabien

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