×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Juifs et Musulmans : Les causes des déchirures irréversibles

    Par L'Economiste | Edition N°:240 Le 25/07/1996 | Partager


    Sur près d'un siècle, Mohammed Kenbib lève un pan du voile sur les relations entre Juifs et Musulmans. A travers l'histoire d'un pays, l'auteur pose une problématique: celle des minorités ethniques, religieuses et culturelles.


    "Juifs et Musulmans au Maroc - 1859 - 1948".
    Mohamed Kenbib
    Thèse de Doctorat publiée dans les Publications de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines - Rabat.


    A l'époque précoloniale, les Juifs formaient l'unique minorité autochtone non musulmane du Maroc. Ils représentaient la première communauté juive du Monde arabe. Le cadre chronologique retenu dans l'ouvrage(1) de Mohammed Kenbib "Juifs et Musulmans au Maroc, contribution à l'histoire des relations inter-communautaires en terre d'Islam" se situe entre 1859 et 1948, correspondant à une période déterminante dans l'évolution des rapports judéo-musulmans.

    "Même si, de nos jours, les relations entre Musulmans et Juifs sont à la fois difficiles et violentes", souligne dans la préface M. Jean-Baptiste Duroselle, membre de l'Institut de France et professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, Mohammed Kenbib a su adopter "le ton du véritable historien, qui cherche avant tout à expliquer et les événements et les mentalités des uns et des autres". Les transformations subies par les relations entre Juifs et Musulmans ne sont qu'un aspect des transformations beaucoup plus générales au niveau de l'Etat et de la société marocaine.

    Mohammed Kenbib part d'un constat simple: au Maroc vivaient des communautés juives depuis plus de 2.000 ans. "Ces communautés ont été partie intégrante de l'histoire du Maroc à diverses époques". A partir de 1948 et, en moins de deux décennies, ces communautés ont pratiquement disparu. "Il fallait essayer de comprendre ce phénomène qui s'est réalisé en un temps très limité". C'est donc l'axe du travail de Mohammed Kenbib, basé sur plus de 12 ans de recherches effectuées essentiellement dans les archives marocaines, françaises, anglaises et américaines.

    "La problématique générale dépasse un peu le cadre du Maroc. C'est la problématique des questions des minorités ethniques, religieuses et culturelles", explique-t-il.

    Amorce des ruptures


    La première partie de l'ouvrage, et sous le titre de "l'amorce de ruptures irréversibles" (1860-1912), s'ouvre sur une mise au point sur les relations entre Juifs et Musulmans au Maroc à travers l'Histoire. Tout au long de cette partie, Mohammed Kenbib scrute à la loupe des micro-événements et retrace, tel un chroniqueur, des cas et des événements. Il en est ainsi de "l'affaire Safi", "Aïssa Rifi, l'assassin des Juifs", "affaire de Ntifa", "la bastonnade d'une Juive à Tanger".

    Dans la seconde partie, Il décrit les événements qui poussèrent au départ du Maroc 20.000 Juifs dès 1948 et de démontrer les circuits qui l'orchestrèrent. "Les archives consultées montrent, tout du moins entre 1948 et 1956, qu'il s'agit de transferts. Et ces transferts ont démarré en réalité avant même la création de l'Etat d'Israël", explique Mohammed Kenbib. Il s'agissait, ajoute-t-il, de transferts clandestins effectués par divers moyens et passant généralement par Oujda, plaque tournante de ce point de vue. Ces transferts furent planifiés dès 1944, lors d'un congrès tenu à Atlantic City aux Etats-Unis.

    "Au cours de ce congrès, les organisateurs se sont rendu compte que les mallahs représentaient un réservoir extraordinaire sur le plan démographique dans lequel ils pouvaient puiser pour bâtir le nouvel Etat".

    D'autant plus que ces populations ont traversé la Seconde Guerre Mondiale sans encombres du fait notamment de la position du Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef et de son opposition à la mise en application des dispositions de la loi de Vichy.
    A travers presque 710 pages, des liasses d'archives rassemblées, Mohammed Kenbib nous offre et "filme" ici l'histoire globale du pays sur près d'un siècle.

    M. O.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc