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    Europe

    Investissements, certification ISO 9002 : Cellulose du Maroc se prépare à la déprotection

    Par L'Economiste | Edition N°:240 Le 25/07/1996 | Partager


    Dans les 5 prochaines années, le secteur sera entièrement libéralisé. Cellulose du Maroc s'y prépare notamment à travers la certification ISO 9002, un plan de modernisation du process et l'accès à une technologie de pointe.

    Cellulose du Maroc s'engage dans la dernière phase de la certification ISO 9002 programmée pour janvier 1997.
    La mise en place de la démarche est achevée et l'unité se trouve en phase d'inspection par les certificateurs suisses.

    Parallèlement, le management de la société pilote un plan de développement 1994/1996 visant la mise à niveau de l'entreprise tournée essentiellement vers l'export. Le secteur bénéficie d'un taux de protection douanier de 15% et les dirigeants se préparent au démantèlement complet dans les 5 prochaines années.

    La société a engagé, en vue de répondre aux nouvelles exigences de qualité des marchés extérieurs, un programme d'investissement d'un montant de 680 millions de DH destiné pour moitié au changement de procédé de fabrication. "Depuis janvier 1996, conformément aux normes européennes, notre processus de production de la pâte à papier ne recourt plus au chlore gazeux mais à l'oxygène", affirme M. M'Hammed Mezzour, vice-président directeur général de Cellulose du Maroc.

    L'autre tranche des investissements est affectée à la modernisation progressive de l'outil de production pour le maintenir en conformité avec les standards de la consommation internationale. "L'acquisition des nouvelles technologies nous a permis d'introduire le système de commandes et de maintenance préventive par ordinateur, de réaliser des économies de consommation en énergie et autres intrants et de récupérer la totalité des produits chimiques". Actuellement, l'entité produit près de 60% de ses besoins en électricité par le biais du recyclage de matériaux.
    Le plan de financement du programme prévoyait une augmentation de capital de 108 millions de DH et un cash-flow de 120 millions, soit un taux d'autofinancement de 34%, le reliquat étant financé par crédit à moyen et long termes.

    Les plans de développement successifs soutenus par l'actionnariat de l'entreprise depuis 1980 ont porté sur un investissement global de 2 milliards de DH.

    Dotée d'un capital de 450 millions de DH, Cellulose du Maroc emploie 370 personnes pour un taux d'encadrement de 18%. L'actionnariat est constitué de l'Arab Investment Company qui détient 27% du capital et d'un pool d'investisseurs institutionnels et de banques (68%) dont la SNI, la CDG, la BNDE, la CIMR et la CNIA.

    Pâte blanchie à l'oxygène


    La capacité de production atteint 125.000 tonnes et plus de 60% de la pâte à papier produite est exportée vers l'Union Européenne et 20% pour le Maghreb. Le chiffre d'affaires généré en 1995 s'élève à 785 millions de DH pour 251 millions de cash-flow.

    Les ventes locales s'établissent à 20.000 tonnes et couvrent 45% des besoins du marché en pâte à papier.
    Il s'agit d'une pâte blanchie à l'oxygène, à base de fibres courtes, opaque, d'une épaisseur de 9 à 14 mm qui est exclusivement destinée à l'impression et à l'écriture.
    La production mondiale de papier est estimée à 250 millions de tonnes dont 30 millions seulement sont écoulées sous forme de pâte à papier, 88% des tonnages étant commercialisés sous forme de produits finis.

    L'Amérique du Nord absorbe à elle seule la moitié de la production mondiale. "Le cours reste donc étroitement lié à la conjoncture américaine et son évolution sur le long terme constitue un indicateur du développement économique mondial", est-il précisé.
    Soumis à de fréquentes fluctuations, le cours de la pâte reste lié notamment à l'industrie de l'emballage des produits industriels et des produits alimentaires. En 1995, il était en moyenne de 900 Dollars/tonne et jugé satisfaisant, en hausse de 20% par rapport à l'année précédente, niveau jugé bon.

    "Le recours à l'importation de bois, le prix de l'énergie et l'accès au prix fort à la technologie internationale nous pénalisent par rapport à la concurrence", explique M. Mezzour.
    Outre les limites de la capacité de production et les fluctuations des cours internationaux, l'activité de Cellulose du Maroc reste tributaire de l'approvisionnement en bois d'eucalyptus.
    Alors qu'au départ l'unité de pâte à papier avait été réalisée sur la base d'un approvisionnement local en bois, l'entité recourt aux importations. "A présent, seuls 40% de nos besoins sont satisfaits en bois local".

    Le management a opté depuis 1987 pour un partenariat avec l'administration des Eaux et Forêts et la société française Afocel en vue d'une amélioration génétique de l'eucalyptus. "Ce partenariat a permis de créer en 1992 une nouvelle variété d'eucalyptus de bonne qualité et à meilleur rendement". En 1995, le Conseil d'administration a lancé un programme de reboisement de 25.000 hectares à proximité de l'usine, actuellement en cours de réalisation.

    Mouna KABLY


    Trois ans pour moderniser La Papelera de Tetuan


    Cellulose du Maroc a acquis en janvier 1996 La Papelera de Tetuan, unité de fabrication de papier basée dans le Nord.

    Un cabinet spécialisé avait évalué la société à 350 millions de DH mais le transfert de la totalité du capital s'est finalement effectué à 243 millions de DH.
    Cette acquisition fait partie de la stratégie d'intégration en aval de la filière tracée par les actionnaires de l'entreprise.

    "Le marché de la pâte à papier marchande représente à peine 12% du marché mondial du papier et la plupart des sociétés étrangères de production de pâte investissent dans l'intégration, allant de la forêt au bloc-note", explique M. Mezzour.

    Pour la Cellulose du Maroc, ce projet d'investissement en aval vise, non seulement à améliorer la qualité du produit fini vendu sur le marché local, mais aussi à élargir les parts de marché extérieur "grâce à une qualité de papier exportable".

    Les actionnaires ont dû choisir entre deux alternatives: l'acquisition de matériel d'équipement neuf ou le rachat de La Papelera de Tetuan.

    "Le Conseil d'administration a opté pour la seconde solution, car l'installation de nouvelles machines au sein de l'usine de pâte à papier pouvait provoquer à terme des difficultés pour la papeterie déjà existante, compte tenu de l'étroitesse du marché local, engendrant ainsi un problème social dans la région".

    De plus, La Papelera de Tetuan a déjà à son actif une vingtaine d'années d'expérience dans la fabrication de papier.

    Sa capacité de production atteint les 30.000 tonnes.
    Les nouveaux acquéreurs visent la remise à niveau de la papeterie en conformité avec l'accord de libre-échange Maroc-UE.

    Ce dernier prévoit une réduction progressive des droits de douane au cours des six prochaines années.

    "En réalité, nous ne disposons que de trois années pour réaliser le programme de restructuration de l'entité". L'objectif est de porter la capacité de production de La Papelera de Tetuan à 50.000 tonnes et de moderniser son outil de production. L'investissement minimum requis est évalué à 250 millions de DH.

    Par ailleurs, l'unité emploie 420 personnes. Le programme de modernisation qui sera entériné en septembre prévoit le traitement social du sureffectif. Outre la modernisation de l'outil de production, un programme de formation du personnel et une réorganisation administrative, technique et financière seront mis sur pied par le nouveau management de l'entreprise.

    M. K.

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