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    Intimidations à l’égard de Assabah

    Par L'Economiste | Edition N°:3331 Le 02/08/2010 | Partager

    . Nous ne renoncerons pas à notre ligne éditorialeJEUDI 29 juillet à 13h15, Assabah a subi une descente, musclée, de police. Les policiers ont emmené le journaliste Khalid Attaoui. Ils ont en outre intimé l’ordre à Khalid El Horri, rédacteur en chef de Assabah, de les rejoindre au siège de la «Brigade nationale de police judiciaire». Aucune explication n’a été donnée, ni à l’un ni à l’autre, ni aux témoins présents dans la rédaction. Le même jour, à 19h30, un responsable de la BNPJ a appelé Abdelmounaïm Dilami, président d’Eco-Médias, lui intimant l’ordre de se présenter immédiatement à la BNPJ pour être entendu. Dilami a refusé, expliquant qu’une convocation de nuit est une arrestation déguisée, et que, si la BNPJ veut procéder à son arrestation, les policiers n’ont qu’à venir eux-mêmes le chercher.A ce stade, nous avons fait le lien entre cette violente provocation et divers éditoriaux et articles concernant la réforme de la Justice, publiés au cours de ces dernières semaines. Il s’avèrera par la suite que le motif avancé est un article de Assabah donnant des informations sur le Conseil supérieur de la magistrature. Il est évident que l’on a pris le premier prétexte venu, car les délibérations et décisions du Conseil supérieur de la magistrature sont naturellement destinées à devenir publiques puisque ce dernier décide des promotions, mutations et sanctions des magistrats. D’ailleurs, la loi elle-même prévoit qu’elles soient rendues publiques, et nul n’a songé à les cacher. Il est donc parfaitement naturel que nos journalistes les aient trouvées et publiées.Un deuxième point doit retenir l’attention. Dans la procédure habituelle, c’est le commissariat de police du quartier qui aurait dû être saisi et qui aurait dû adresser une convocation aux journalistes concernés pour les entendre par procès verbal. Le recours à la BNPJ, qui a été créée pour faire face à la grande criminalité, avait manifestement pour but d’intimider. Notons que cette brigade est de plus en plus utilisée dans les affaires de presse. A croire que l’on veut ainsi recréer dans le pays une police politique.Après diverses interventions, notamment celle du président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, Khalil Hachimi, et du président du Syndicat national de la presse, Younes Moujahid, la tension a baissé. Ils ont réussi à faire valoir que ce qui était en train de se produire serait très mal vécu par l’ensemble de la profession.Pour ce qui nous concerne, malgré la violence de la provocation, malgré les graves manquements aux procédures, nous avons tenu à calmer le jeu au maximum. Nous sommes parfaitement conscients que la provocation avait notamment pour but de susciter une escalade. Ce n’est pas parce que nos adversaires commettent des fautes et perdent la mesure des choses que nous les suivrons sur ce terrain. Mais il est évident que nous ne renoncerons pas à notre ligne éditoriale.L’Economiste

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