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    Economie

    Intempéries : Des informations éparses en attendant le bilan

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Effondrements, victimes par noyade ou électrocution, routes impraticables... le bilan des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays depuis plusieurs jours apparaît bien lourd.


    Les pluies du week-end ont achevé ce qu'avaient entamé celles du «mercredi noir»18 décembre. Les villes ont enregistré des pluviométries records: 73 mm ce jour-là et 76 mm le 21 pour Casablanca. Cette ville a atteint le record du mois de décembre en recevant 314 mm d'eau contre 240 en 1963.
    Des équipes spéciales d'intervention ont été constituées au niveau de chaque préfecture de la Wilaya de Casablanca par les services de la Protection Civile et ceux de la RAD. Durant ces deux derniers jours, les services de la protection civile ont ainsi effectué 189 interventions et ceux de la RAD 700.
    Les pluies du mercredi 18 décembre ont planté un peu partout un décor désolant. Les feux de signalisation se sont affolés, les rues transformées par la volonté divine en rivières emportant tout sur leur passage. A ce spectacle désolant s'ajoutent les égouts éclatés, n'ayant pu canaliser les eaux. En véritables fontaines, ils dégorgent d'une eau bleuâtre. Une odeur nauséabonde accentuait cette atmosphère tragique. La circulation a été paralysée et les automobilistes auraient troqué volontiers ce jour-là leur véhicule contre un zodiac. Les pannes de voitures se multipliaient et il était difficile de trouver une âme charitable pour donner un coup de main. Plus d'altruisme en de telles circonstances.
    Sur la route de Mohammédia, les petits enfants se sont convertis, moyennant 5 ou 10 DH, «dépanneurs de service». La gare Casa-Port était fermée tout l'après-midi pour cause d'inondations. Les services informatiques endommagés, les voies ferrées immergées, donnant l'allure de quatre longues rizières de la Chine antique.

    Montagnes d'épaves


    Un chauffeur de taxi confie: "Ce jour-là, une course de 6 DH est subitement passée à 22 DH en raison des déviations obligatoires pour contourner les voies bloquées par les rivières d"eau». En effet, une multitude de voies étaient bloquées, les trémies du Boulevard Zerktouni et de la Mosquée Hassan II fermées. La zone industrielle d'Aïn-Sebaâ n'a pas échappé à l'entrée par effraction de l'eau, comme l'explique un chef d'entreprise. Le long de la voie ferrée, deux murs d'usine sont tombés.
    A Derb Soltane, pas loin de l'endroit où les maisons se sont écroulées l'année dernière, les canalisations ont également éclaté et les eaux usées ont gagné l'intérieur des domiciles, imprégnant ainsi de leur odeur nauséabonde les oreillers, les lits, les «sédari», les couvertures, les draps... Les occupants ont dû s'en séparer avec peine. Deux jours après «le mercredi noir», un track de la commune déplaçait laborieusement deux montagnes d'épaves pour les mettre derrière un long mur qui jouxte la petite gare de Bouchentouf. Les autorités locales voulaient ainsi dissimuler les dégâts des égouts. Mais les mauvaises odeurs à plus de 100 mètres les trahissaient.

    Epices sans goût


    Les célèbres magasins d'épices aux alentours du Boulevard El Fida, qui étalaient fièrement leurs produits à l'approche du Ramadan, avaient ce jour-là baissé rideaux. Mouillées, leurs épices ont perdu goût et couleurs.
    Selon le dernier communiqué du Comité de suivi de la situation pluviométrique et météorologique relevant du Ministère de l'Intérieur, une nette amélioration de la situation est enregistrée, après ces inondations et submersions dans l'ensemble des villes et centres en ayant souffert. Le 23 décembre, à 18 h, le bilan fait part de la découverte du corps d'une fille de 12 ans repêché dans l'Oued Ghiss en crue à Al Hoceima et le décès d'une femme âgée d'une cinquantaine d'années, emportée par le courant des eaux pluviales dans la commune de Koudiat Beni Dghough dans la Province d'El Jadida. S'y ajoute le décès d'une femme par électrocution à Safi. Pour ce qui est des dégâts matériels, des effondrements de murs, des inondations de baraques mais aussi de maisons noyées et des meubles trempés.

    Les routes ne sont pas en reste. Plusieurs axes et voies de communication ont été et sont interrompus au niveau des provinces d'El Jadida, Benslimane, Kénitra, Guelmim et la Préfecture de Skhirat-Témara. Au 25 décembre, l'autoroute Rabat-Casablanca est toujours fermée à hauteur de Mohammédia pour les véhicules en provenance de Rabat. Une des voies est submergée sur au moins 2 km.
    Les nouvelles victimes s'ajoutent ainsi à celles de l'année dernière logées ici et là. Elles attendent toujours les promesses de leur recasement dans de nouveaux logements.

    Mohamed CHAOUI

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