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    Economie

    Intégrales de l’investissement
    Economie du savoir, les rendez-vous manqués

    Par L'Economiste | Edition N°:2419 Le 11/12/2006 | Partager

    . Le «business skills» et «life skills» font toujours défaut . Le salut viendrait-il de la diaspora?La formation et l’éducation est un chantier majeur que l’on retrouve au cœur des principaux débat nationaux. Les Assises du tourisme, ce week-end à Agadir, ont en fait l’un des thèmes majeurs de cette édition. Les Intégrales de l’investissement, qui se sont déroulées les 7 et 8 décembre à Skhirat, ont, elles aussi, focalisé sur cette problématique (cf.www.leconomiste.com). Elles ont réuni de grands donneurs d’ordres déjà présents aux Maroc, d’autres en prospection, des pays participants, notamment la France, l’Italie, l’Irlande, l’Allemagne et l’Inde, invité d’honneur, venue en force. Le ministre d’Etat au Commerce et à l’Industrie, plusieurs hommes d’affaires comme le vice-président de Tata Consultancy (filiale du conglomérat indien Tata qui n’emploie pas moins de 60.000 personnes dans 54 pays). Aujourd’hui, former, éduquer, pour l’emploi équivaudrait à préparer le Maroc à accueillir plus d’investisseurs, particulièrement dans les nouvelles filières, sur lesquelles il se positionne: l’offshoring, l’aéronautique, le tourisme et l’électronique. Mais notre système d’enseignement et de formation actuel répond-il à cette demande? Nos techniciens, nos cadres et nos ingénieurs ont-ils les compétences nécessaires pour affronter le développement quasi-vertigineux des nouvelles technologies et où la pointe du développement peut devenir obsolète un an plus tard? Avons-nous suffisamment de personnes qualifiées pour attirer le maximum de donneurs d’ordres? Autant de questions qui ont animé les discussions. «Ce n’est pas avec la manière dont l’éducation est régie, ni au rythme où vont les réformes et encore moins avec les outils d’aujourd’hui que nous allons obtenir des résultats», disait déjà Rachid Benmokhtar, président du comité scientifique de cette édition, lors de la table ronde préparatoire (cf.www.leconomiste.com). «Notre système de formation a été trop longtemps fermé aux entreprises, ce qui a généré une inadéquation totale entre l’université et l’environnement professionnel», reconnaît Mustafa Mansouri, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, qui précise que la formation professionnelle doit être un élément correcteur». Celle-ci a effectivement fait un saut qualitatif très important et est de plus en plus investie par les jeunes. Intégrer un centre de formation professionnelle a été longtemps considéré comme un signe d’échec scolaire, alors qu’aujourd’hui il y a 5 demandes pour une place disponible, précise le ministre. Nombre de participants confirment: l’enjeu majeur de la formation aujourd’hui est «l’employabilité». «Il faut être très rapide, un technicien bien formé doit être opérationnel tout de suite n’importe où dans le monde», précise Tanmoy Chakrabarty, vice-président de Tata Consultancy. De son côté, Jamal Bouoiyour, économiste à l’université de Pau, a jeté un regard très critique sur la position du Maroc. «Le capital humain, souvent présenté comme un atout au Maroc, est en fait son principal handicap, car il n’est pas adapté à ce qui se passe dans le monde», déclare-t-il. Et d’y aller encore plus franchement: «Il faut arrêter de rêver et de s’extasier sur les capacités du Maroc. Actuellement, nous sommes encore en voie de développement et notre attractivité est toujours liée à une main-d’œuvre bon marché et non encore au capital humain». Bouoiyour regrette d’ailleurs que le Royaume ne profite pas des compétences des Marocains résidents à l’étranger «ayant une culture plus ouverte sur le monde, mais gardant beaucoup d’attache avec le pays». Pour illustration: le Maroc dépose bon an mal an quelque 400 brevets et autant de publications scientifiques dont 1 sur 4 seraient déposés par un MRE. Ceux-ci publient plus d’articles et déposent plus de brevets que les 30 millions de Marocains «de l’intérieur». Le salut viendrait-il de la diaspora? C’est ce que semble croire fermement Bouoiyour. Et l’ouverture sur le monde est ce qui semble manquer le plus. Les intervenants, tant marocains qu’étrangers, sont unanimes. Car si l’attractivité repose de plus en plus sur la compétence aux dépens du coût, celle-ci n’est pas pour autant uniquement liée à la maîtrise de la technologie. Les «business skills» et les «life skills» sont notre grande faiblesse. En d’autres termes, le Maroc manque de savoir-être, de savoir réagir, de capacité à communiquer et doit faire beaucoup d’efforts dans la gestion de projets. «La maîtrise technique n’est pas difficile, la carence est dans les échelons intermédiaires du management», confirme un patron de call-center. Une leçon à retenir: technologie oui, mais surtout communication, langues et gestion des projets. Donc beaucoup de travail à faire.


    Deux conventions signées

    La signature de deux importants projets lors de ces quatrièmes intégrales de l’investissement ont confirmé l’enjeu de cette manifestation. La société qatari Diar for Real Estate Investment développera un resort intégré sur le site de Houara (sud de Tanger) pour un investissement global de 355 millions de dollars (3 milliards de DH). Le complexe comprendra trois hôtels, des résidences touristiques, un parcours de golf et un centre de conférences pour une capacité de 3.000 lits. Pour sa part, l’indien Tata Consultancy services s’engage à baser au Maroc un «delivery center» pour l’Europe francophone et hispanophone afin de développer ses activités d’offshoring (cf.www.leconomiste.com).


    Priorité nationale

    Une économie émergente est fondée sur le savoir. C’est en ces termes que le Souverain a mis l’accent sur l’importance du capital humain, dans un message aux participants à la 4e édition des Intégrales de l’investissement à Skhirat. Son ambition: faire de l’économie marocaine une économie profitant des opportunités qu’offre la mondialisation et capable d’attirer les activités à très haute valeur ajoutée. “La question de l’éducation et de la formation est au coeur de notre projet sociétal”, a-t-il souligné dans son allocution. Car c’est en oeuvrant à l’adaptation permanente du système éducatif aux systèmes productifs qu’on peut réellement parvenir à produire des richesses, augmenter les chances d’intégration des jeunes dans la vie active, créer de nouveaux emplois et à lutter contre le chômage. Et pour ce faire, une action doit être menée sur trois fronts: l’éducation de base, la formation continue et la formation tout au long de la vie, ainsi que sur le front de la recherche et l’innovation, insiste le Souverain. L’éducation et la formation doivent être attractives pour l’investissement privé et contribuer aux chantiers de mise à niveau du capital humain. Ce sont les “voies incontournables pour intégrer l’économie mondialisée du savoir”. Le Maroc pourrait ainsi “profiter pleinement des multiples opportunités qu’offrent les nouvelles technologies, les mouvements internationaux du personnel scientifique et technique et l’éclosion de nouveaux marchés”. L’intelligence et la maîtrise du savoir sont aujourd’hui les maîtres mots, indique le Souverain, mettant en garde contre les risques d’exclusion et les nouvelles fractures entre les différents pays du monde. Amine BOUSHABA

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