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    Economie

    Industrie automobile : La productivité à l'épreuve de la voiture économique

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    L'augmentation des ventes des voitures particulières durant le premier trimestre de 1996 est le résultat d'une politique automobile intégrée incluant des mesures fiscales, douanières et industrielles, entreprise par le gouvernement en concertation avec les professionnels. Si elle pousse à l'optimisme, il n'en demeure pas moins que la prudence demeure nécessaire.

    Plus qu'un frémissement, l'évolution que connaît actuellement le marché marocain de l'automobile révèle l'existence d'un véritable mouvement de fond. D'une part, le marché a rompu avec le laxisme d'antan qui avait, à son paroxysme en 1994, débouché sur une situation incongrue: sur 100 voitures immatriculées, 90 étaient des voitures importées d'occasion, ce qui ne laissait au neuf que le dixième d'un marché de 10.000 unités.
    A regarder les statistiques du premier trimestre de l'année 1996, il ressort que le marché automobile a réellement subi un changement.
    Les ventes de voitures neuves ont repris. Elles étaient de 3.069 durant le premier trimestre de 1995, elles ont atteint 5.587 durant la même période de 1996, soit une variation de +82%. Le fait que la voiture économique soit à l'origine de cette évolution est indéniable. Plusieurs marques ont vu leurs ventes reculer (Peugeot -62%; Citroën -54,8%; Renault -27,5%) et le marché des voitures importées montées (hors Peugeot, Renault et Citroën) s'est amélioré de 40%. Dans le même temps, les ventes des voitures Fiat ont été multipliées par 44,5. Elles étaient de 73 à fin mars 1995 et sont passées à 3.250 unités à fin mars 1996. Néanmoins, suivant les tendances, certes provisoires, il semble qu'aucune corrélation n'existe entre la baisse des réimmatriculations et les ventes des voitures neuves. En 1995, les importations de voitures d'occasion ont baissé de 58%, passant de 91.202 à 38.339 unités. En revanche, les ventes de voitures neuves n'ont augmenté que de 1,9%, de 14.178 à 14.424.

    Après 8 mois d'activité, les résultats de la nouvelle politique semblent donner raison aux prévisions. Le gouvernement, selon M. Abderrazak El Mossadaq, secrétaire général du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat (MCIA), est satisfait de l'évolution du programme, malgré le scepticisme qui prévaut chez une partie des professionnels. Les équipementiers notamment se trouvent dans une situation transitoire où ils doivent concéder quelques sacrifices, essentiellement en matière de prix. Effectivement, dit un industriel, Fiat impose des prix très serrés. Néanmoins, au MCIA, on pense que l'initiative est aux industriels qui doivent rechercher l'amélioration de la productivité et entreprendre de nouveaux investissements, nécessaires pour augmenter le taux d'intégration. Du fait que le prix est une contrainte extérieure, les industriels n'auront d'autre choix que de réduire leurs coûts de fabrication, ce qui ne peut se faire qu'avec la rationalisation de la production et l'amélioration de la productivité.
    Dans le cas où ils seraient incapables de réaliser ces objectifs, c'est Fiat, conformément à la convention, qui devra s'impliquer en produisant directement les pièces à intégrer.
    Or, selon M. Mounir, le président de l'Amica, si les équipementiers doivent se plier aux exigences de prix de Fiat, ce dernier n'a pas encore entamé son programme de formation et de mise à niveau des professionnels marocains. Apparemment, suppose M. Mounir, Fiat envisagerait la mise en place de ce programme à l'occasion du projet de la 178 qui débuterait en 1997.
    Rappelons que les professionnels du secteur tout comme le MCIA ont fait le constat que les difficultés du secteur automobile étaient dues aux perturbations des voitures importées d'occasion. Le marasme qui s'en est suivi est illustré par la baisse de la production de la Somaca à environ 5.464 unités par an en 1994 et 5.490 en 1995, alors que sa capacité totale est de 40.000 à 50.000 véhicules. Toute une industrie mise en place pour répondre aux besoins du montage local a sombré dans une crise exacerbée par une contrebande incontrôlée de pièces détachées.

    Perspectives compromises


    A partir de ce constat, une politique concertée entre le MCIA et l'Association Marocaine de l'Industrie et du Commerce Automobile (AMICA) a été mise en place avec pour objectif de redynamiser l'activité automobile en s'associant à un grand constructeur. Fiat Auto ayant proposé l'offre la plus optimale, le choix s'est donc porté sur lui.
    Les modalités de collaboration entre les Marocains et Fiat donnaient des droits et des devoirs à chacune des parties.
    Ainsi, l'Etat marocain devait créer l'environnement réglementaire propice à la réussite du projet, notamment en matière de fiscalité et de droits de douane. Le MCIA devait préparer la convention et suivre l'application du programme du gouvernement. Les industriels, fournisseurs de Fiat, s'engageaient à assurer un approvisionnement régulier et à bon prix en pièces et composants. De son côté, le groupe turinois devait apporter son concours au développement du secteur automobile en assistant les industriels dans leurs efforts de mise à niveau technologique et de formation.

    Hakim ARIF

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