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    Le flop de l’anti-noir

    Par L'Economiste | Edition N°:3346 Le 24/08/2010 | Partager

    . De nombreux promoteurs ne veulent pas déclarer les prix réels. La FNPI ne désespère pas BILAN mitigé pour l’opération anti-noir! La pratique du noir fait encore tache d’huile et empoisonne la relation acheteur-vendeur dans l’immobilier. Un phénomène profondément ancré et qui vaut au promoteur immobilier une réputation de spéculateur et de champion de l’évasion fiscale. Pour rappel, la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI) a lancé il y a quelques semaines une opération d’affichage contre le noir. Des affiches ont été distribuées aux promoteurs immobiliers dans la plupart des grandes villes. Elles mentionnent que le promoteur est signataire de la charte d’éthique de la FNPI et qu’il déclare 100% de la transaction immobilière. Même s’il est prématuré de dresser le bilan de cette opération, il faut signaler que de nombreux opérateurs font de la résistance. A ce jour, 200 affiches ont été distribuées aux opérateurs concernés. «C’est un processus qui s’inscrit dans le temps», rassure-t-on du côté de la FNPI. Si, dans la pratique, des promoteurs souscrivent spontanément à la démarche, d’autres y vont à reculons, refusant, par exemple, de placarder l’affiche anti-noir sur les chantiers en cours de réalisation ou en cours d’achèvement. «Les brebis galeuses, il y en aura toujours. Maintenant, il va falloir que ces opérateurs assument leurs responsabilités», estime Youssef Ibn Mansour, président de la FNPI. Selon lui, il ne faut pas se leurrer, «la pratique du noir ne va pas disparaître du jour au lendemain. Il faut du temps, de la pédagogie, de la sensibilisation en permanence…». Mais il faut surtout, insiste Ibn Mansour, que les acheteurs se renseignent parce qu’ils ont maintenant le choix d’acheter sans le noir. «Autant aller vers les opérateurs qui affichent et déclarent le prix réel», recommande le président de la FNPI. Ainsi, l’acquéreur pourra s’impliquer à «réguler en quelque sorte le marché et pénaliser les opérateurs récalcitrants à la transparence».Aux yeux de certains promoteurs qui affichent de la résistance, la transparence ne devra commencer qu’avec les nouveaux chantiers. En général, de nombreux opérateurs s’accordent à dire que le paiement d’une partie en noir, parfois très importante, du prix d’un foncier s’explique par le taux trop élevé de la taxe sur les profits immobiliers (TPI), qui est de 20%. Autre facteur expliquant la persistance du noir, les cas de redressement au titre des droits de l’enregistrement. «Le fait de systématiser les redressements, noir ou pas, est une mauvaise politique de la direction générale des Impôts», fustige un promoteur immobilier. Pour ce dernier, l’Etat a aussi sa part de responsabilité dans ce phénomène car «cela décourage les bonnes intentions». La fédération compte d’ailleurs demander à la Direction générale des impôts de repenser sa démarche en matière de redressement.Mais la pratique du noir trouve son origine en amont du secteur. Les promoteurs immobiliers s’approvisionnent en matériaux de construction auprès de vendeurs exigeant du noir. Par conséquent, les professionnels de l’immobilier se voient obligés de répercuter ce manque à gagner sur l’acquéreur final. «Pour mettre un terme à ce phénomène, la direction du commerce intérieur doit juguler l’informel», signale-t-on auprès de la FNPI.


    Bilan d’étape

    POUR la Fédération nationale de la promotion immobilière, il est trop tôt pour évaluer l’impact de l’opération anti-noir sur les ventes. «Les opérateurs avaient nourri beaucoup d’espoirs sur l’arrivée des Marocains résidant à l’étranger (MRE), mais les proportions des ventes sont restées au même niveau qu’avant l’initiative d’affichage des prix», déclare un responsable à la FNPI.H. E.

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