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    Economie

    Immobilier
    Grosse déprime dans le luxe

    Par L'Economiste | Edition N°:3346 Le 24/08/2010 | Partager

    . L’effet ciseaux sur Marrakech. Le moyen standing toujours cher à Casablanca et Rabat . Le logement social a le vent en poupeFortes méventes dans le résidentiel de luxe durant cet été. C’est en tout cas le constat dressé par plusieurs professionnels de l’immobilier (promoteurs, notaires, agents immobiliers…). De sources concordantes, la morosité des ventes a touché plus particulièrement les villas. Le constat aujourd’hui est que des villes comme Tanger et Marrakech ont enregistré des baisses allant de 30 à 40%. De l’avis de plusieurs promoteurs immobiliers, le cas de Marrakech est riche en enseignements. «C’est l’effet ciseaux. Il y a une offre abondante sur le luxe en particulier et un net recul de la demande», explique Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers. L’explication de cet effet ciseaux trouve également son origine dans la conjoncture internationale sachant que la principale clientèle de ce segment, notamment à Marrakech, est constituée d’étrangers. Le constat aujourd’hui, selon des agents immobiliers, est qu’il y a «une tendance qui fait que de plus en plus d’étrangers mettent leur maison ou ryad en vente». Le moyen standing n’échappe pas non plus au phénomène des méventes ces trois derniers mois. C’est le cas notamment pour les appartements dont le prix dépasse les 800.000 DH. Autrement dit, sur le segment intermédiaire, ce sont plutôt les petites superficies qui s’écoulent rapidement. Une tendance qui gagne pratiquement toutes les grandes villes (Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger…). En revanche, les appartements, dont les prix varient entre 300.000 et 800.000 DH, trouvent facilement acquéreur particulièrement à Casablanca et à Rabat. En même temps, «contrairement aux autres villes, les prix n’ont pas baissé à Casablanca et à Rabat», signale Samir Benmakhlouf, président de Century 21. Les fourchettes des prix sont maintenues dans les mêmes proportions dans le moyen standing. Selon Mehdi Lahlou, directeur d’Immo Service Plus, «la demande dépasse de loin l’offre dans le moyen standing à Casablanca et Rabat, principalement dans le centre-ville». Et les prix ne semblent pas s’inscrire dans un trend baissier pour ce segment. Face à cette situation liée à l’offre et à la demande, les ménages s’orientent vers la formule locative. Les agents immobiliers s’accordent à dire qu’avant la période des grandes vacances, auxquelles il faut ajouter Ramadan et la rentrée scolaire, une très légère reprise avait été constatée à partir de janvier 2010. Auparavant, l’immobilier avait sombré dans une crise marquée par l’emballement des prix à partir de fin 2008. Finalement, «les acheteurs qui pensaient que les prix allaient baisser ont fini par se résigner», note Mehdi Lahlou. Quant à l’effet MRE, qui coïncide avec l’été, il n’a pas pris cette année. «Les MRE qui n’étaient pas rentrés depuis 2007-2008 ont été surpris par la cherté des prix. Ce qui a bousculé leurs projets d’achat», note le directeur d’Immo Service Plus.Côté logement social et économique, les promoteurs disent n’avoir pas eu de difficultés à écouler ce type de produits sur lequel la demande est de plus en plus importante. Effet dispositif 2010 oblige!


    L’indice BAM

    Selon l’indice des prix des actifs immobiliers de Bank Al-Maghrib (BAM), «les ventes des biens immobiliers résidentiels immatriculés au niveau des conservations foncières ont connu une baisse de 5,7% d’un trimestre à l’autre, pour s’établir à près de 14.735 transactions». Cette baisse est liée au repli des ventes des appartements. Les transactions se rapportant aux villas et aux maisons ont en revanche enregistré des hausses respectives de 11% et de 0,8% d’un trimestre à l’autre. Les prix des appartements ont progressé de 3,8% d’un trimestre à l’autre (après une baisse de 3,6% le trimestre précédent). Mais sur une année pleine, les prix ont augmenté de 3%. Cette hausse qui a touché toutes les villes a épargné El Jadida et Fès où le nombre de ventes a été relativement faible.D’un trimestre à l’autre, les prix des villas se sont contractés de 1,3%. Cette contraction à atteint 3% sur un an. L’explication, selon BAM, réside essentiellement dans labaisse de 8,4% des prix, en glissement annuel, à Kénitra. Au niveau des autres villes, l’on fait état d’une progression des prix accompagnée d’un nombre réduit de transactions . J. B.

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