×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Hygiène et salubrité publique : Gérer les déchets solides ménagers d'abord

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Déchets hospitaliers, pollution atmosphérique, eaux usées... Les nuisances à l'environnement en milieu urbain sont multiples. La propreté des villes repose au départ sur une meilleure gestion des déchets solides ménagers. Le premier congrès national «propreté et hygiène de l'environnement» a permis de faire le point sur la question.


    «Il est interdit de déverser des déjections (crachats, matières fécales, eaux de bain, etc...) sur les voies publiques ou privées, dans les cours, les jardins ou sur les fumiers». Dixit l'article 4 de l'arrêté municipal permanent n°28 du 14 décembre 1938. Combien de citoyens seraient verbalisés si ce texte était appliqué? Un bon nombre. Ce texte, toujours en vigueur, n'est pas le seul à traiter de la propreté, de l'hygiène et de la salubrité publique au Maroc. «D'autres arrêtés existent. Ils restent toutefois anciens et n'abordent que la question de la salubrité au niveau communal et non la protection de l'environnement dans son sens le plus large», indique le Dr Ben Younes Bouklihacene, président de la Société Marocaine des Médecins d'Hygiène et de Salubrité Publique (SMMHSP). Réunis les 19 et 20 décembre au Ministère de l'Intérieur, à l'occasion du premier congrès national «propreté et hygiène de l'environnement», ces médecins comptent remédier à cette situation. Dans une première étape, ils ont élaboré un projet de loi qui actualise les dispositions des différents arrêtés. Reste maintenant à l'approuver au Parlement.

    La manifestation s'est tenue plus d'un mois après la Lettre Royale du 30 octobre dernier relative à la sauvegarde et à la propreté des villes. Cette lettre a été, de l'avis des organisateurs, le déclic. «Il fallait dans une seconde étape réfléchir aux moyens nécessaires pour assurer la pérennité de la campagne de propreté menée actuellement».

    3,9 millions de tonnes/an


    Les participants au congrès ont, tout au long des deux jours de la manifestation, fait le point sur les différents types de nuisances qui existent: pollution atmosphérique, déchets dangereux (hospitaliers notamment), déchets liquides, etc.
    La gestion des déchets solides ménagers a toutefois focalisé les débats. Le problème est de taille. Ces déchets représentent 3,9 millions de tonnes par an, en milieu urbain uniquement, et constituent un des principaux facteurs de risque pour l'environnement et l'hygiène.
    Premier concerné par la question: le contribuable. Il doit, selon les intervenants, apprendre à mieux trier et conditionner ses ordures. «Quand on parle d'ordures ménagères, il faut rappeler qu'un bon conditionnement permet une bonne collecte. Cela a un effet d'entraînement: le temps de collecte est moins long, les camions de ramassage peuvent effectuer plus de voyages et, par conséquent, ramasser plus d'ordures», souligne le Dr Bouklihacene. D'où un rôle de sensibilisation à jouer par la cellule familiale, les milieux scolaire et professionnel, les médias et les ONG.

    En contrepartie, les contribuables peuvent exiger une implication plus grande des communes. Cette revendication est légitime. Et pour cause, comme l'a rappelé la Lettre Royale, les ressources financières des communes comportent des contributions versées par les habitants au titre de la taxe d'édilité.
    Une implication plus grande du citoyen dans l'effort de salubrité publique sous-entend aussi la mise en place de réseaux de corbeilles et de poubelles sur la voie publique. «On ne peut pas demander aux citoyens de ne pas jeter de papiers dans la rue s'il n'y a aucun endroit désigné à cet effet».
    Autre point sur lequel les responsables communaux doivent se pencher, la destruction des déchets. Sur les 3,9 millions de tonnes de déchets solides produits, 85% sont collectés, mais 2% seulement sont recyclés, traités ou mis en décharge contrôlée. Le reste est mis dans des décharges non contrôlées: les fameux points noirs devenus la hantise des responsables communaux. En dehors de quelques unités de compostage à Rabat, Meknès, Marrakech, Tétouan et Agadir, la mise en décharge non contrôlée reste la seule technique d'élimination des déchets solides ménagers. Ces sites peuvent polluer les ressources en eau si l'on en juge d'après l'enquête menée il y a quelques années par la Direction Générale de l'Hydraulique au niveau de la décharge de Lissasfa à Casablanca.

    Les actions à mener par les communes passent au préalable par une meilleure organisation interne. Les intervenants ont appelé à la mise en place d'un comité d'hygiène qui aura pour rôle d'étudier et d'évaluer les actions entreprises pour la salubrité de l'environnement et de se pencher sur l'aspect institutionnel et gestionnel de l'assainissement. Condition sine qua non de son efficience, ce comité doit être très restreint, de manière à garantir sa souplesse. Il doit comporter des techniciens d'hygiène (médecin et ingénieur municipaux), supervisés par le président de la commune.

    Mohamed BENABID.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc