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    Hôpitaux/Ministère de la Santé : Controverses autour de la gestion du CHU Ibn Rochd

    Par L'Economiste | Edition N°:242 Le 08/08/1996 | Partager


    Visites d'une commission d'inspection, protestations, suspensions, nominations... Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Ibn Rochd connaît un remue-ménage inhabituel en été. La gestion administrative et financière du CHU est au centre de ces mouvements. Un bras de fer oppose le ministre de la Santé Publique, la Direction du Centre et des enseignants-chercheurs.

    La gestion du CHU Ibn Rochd (à Casablanca) suscite des controverses. Le Centre a reçu le 16 juillet dernier la visite inopinée d'une commission d'inspection du Ministère de la Santé Publique. Elle devait examiner les conditions dans lesquelles a eu lieu l'appel d'offres lancé par le CHU le 11 avril dernier. Cette opération devait permettre au Centre d'approvisionner ses formations hospitalières en denrées alimentaires pour l'exercice 1996/97. Selon la Direction du CHU, l'appel d'offres se serait déroulé conformément aux conditions légales prévues en matière de publicité, de délais de dépôt des offres ainsi qu'au niveau du choix des adjudicataires. Ce n'est pas le cas si l'on en croit la décision prise, le 17 juillet, par le ministre de la Santé Publique. En effet, le département du Dr Ahmed Alami a décidé, à la suite des conclusions fournies par la commission d'inspection d'annuler l'appel d'offres, "la procédure poursuivie ayant été entachée d'irrégularité".

    La visite de la commission d'inspection serait peut-être passée inaperçue s'il n'y avait eu un autre fait marquant: les changements opérés au niveau de l'organisation interne du Centre et les mouvements de protestations qui s'ensuivirent ces dernières semaines. En effet, le ministre de la Santé Publique a décidé de nommer les Prs Bouzidi et Jamil médecins-chefs, respectivement à la tête de l'Hôpital Ibn Rochd et de l'hôpital du 20 Août(1). Ces nominations ont été contestées par le Syndicat National de l'Enseignement Supérieur (Sne Sup). Des changements ont également concerné le chef de la Division des Ressources humaines et des Affaires personnelles du CHU et le chef du Service de la Comptabilité.

    Polémique autour d'un mur


    Une autre décision, qui émane cette fois de la Direction du Centre, a suffi pour déclencher un autre mouvement de protestation de la part d'un groupe d'enseignants-chercheurs travaillant au centre. Cette décision, qui apparaît de moindre portée, réside dans la construction d'un mur à l'Hôpital Ibn Rochd à l'occasion du transfert du Service des Urgences au Pavillon 11 (l'actuel Service de Réanimation Neurochirurgical). La construction du mur serait motivée par des raisons sécuritaires.

    Le Pr Jaouad El Jaï, directeur du CHU, limite la polémique à un problème de communication purement interne.

    "Il y a eu peut-être une mauvaise circulation de l'information entre la Direction du Centre et ses utilisateurs. Mais cela ne justifie nullement ces protestations". Il ajoute que les efforts menés par le personnel du Centre doivent être poursuivis compte tenu des résultats encourageants obtenus en 1995. Le CHU s'était fixé comme objectif pour cette année, entre autres, l'amélioration des prestations aux malades et des ressources financières. Le premier objectif a été atteint. Pour preuve les principaux indicateurs de production pour l'année 1995 inscrits dans le rapport d'activité.

    Ces indicateurs montrent une augmentation du nombre d'admissions: 55.666 contre 54.022 en 1994. S'y ajoute un accroissement du taux de rotation (+31,6%), ce qui traduit une meilleure gestion des lits. La durée moyenne de séjour DMS et le taux d'occupation moyen ont enregistré une baisse par rapport à 1994, respectivement de 5,92 et 1,17%. Globalement, l'évolution des indicateurs traduit une évolution sensible de la productivité du Centre hospitalier Ibn Rochd. Cette tendance se retrouve à des degrés divers au niveau des trois formations hospitalières: Hôpital du 20 Août, Hôpital Ibn Rochd et Hôpital des Enfants.

    Seul bémol au niveau de l'activité hospitalière, la confirmation, au niveau de la capacité (il s'agit du nombre total de lits déclarés fonctionnels), de la baisse constatée depuis 1989. En effet, la capacité a atteint 1.734 lits en 1995 contre 1.762 en 1994 et 2.224 en 1989.

    Contrairement au premier objectif, à savoir l'amélioration des prestations aux malades, l'augmentation des ressources financières, un des autres objectifs inscrits dans le plan d'action 1995, n'a pas été atteint. En effet, les recettes propres du CHU n'ont atteint que 23,9 millions de DH contre 24,2 millions en 1994, soit une baisse de 1,3%. Cette baisse est imputée au retard que connaît le payement des arriérés par les organismes tiers-payeurs. Ces créances à recouvrer représentent un total cumulé depuis 1989 de 8 millions de DH dont 69% détenus par la CNOPS. Outre ces recettes, le budget de fonctionnement du CHU se compose des subventions de l'Etat, qui ont atteint au titre de l'exercice 1995 près de 100 millions de DH.

    M.B.

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