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    Economie

    Hôpitaux publics: Trois lignes de défense à Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    L'Hôpital Moulay Youssef servira de laboratoire au management dans la Santé Publique. L'échiquier du dispositif sanitaire est revu pour une optimisation


    CE n'est pas parce que l'on est pauvre qu'il faut gaspiller son argent. Au contraire. Si la Santé Publique a peu de moyens, c'est une raison de plus de mieux les utiliser.
    C'est la logique qui prévaut aujourd'hui, en particulier à Casablanca où la carte hospitalière est réorganisée.
    Comme les privés apprécient les efforts, ils viennent combler les manques budgétaires. Ainsi, El Hadj El Ghali Berrada vient de livrer l'Hôpital Moulay Youssef qu'il a reconstruit sur les ruines de l'historique Sid Sofi.
    Le démarrage effectif est prévu en fin de mois.
    Il reste deux compléments à la construction, affirme le Dr Jaâfar Heikel, délégué du Ministère de la Santé Publique sur la Wilaya du Grand Casablanca. «Pour l'assainissement, il faut optimiser le circuit d'évacuation. L'opération sera achevée dans les deux ou trois semaines. Côté sécurité, une colonne sèche et des RIA équiperont l'hôpital dans quelques jours».
    Puis le médecin chef, le Dr Nour-Eddine Bouchareb, pourra exercer ses talents médicaux et managériaux. Pressé mais prudent, il ouvrira progressivement les consultations, la radiologie, les labos... Familier des lieux, il exerçait déjà là comme chef du Service Pédiatrie avant la reconstruction. 25 ans de Santé Publique! Il retrouvera ses bébés, héritera de plateaux techniques performants.

    Mais M. Nour-Eddine Bouchareb aura aussi un défi à relever, celui de l'équilibre financier. L'hôpital, l'unique de Casablanca-Anfa si l'on exclut le CHU et les dispensaires, sera géré en SEGMA. Concrètement il devra faire payer ses services aux malades solvables et guérir gratui-tement les indi-gents. L'ennui est que ces derniers sont beaucoup plus nombreux que les premiers et que l'indigence est très relative, surtout pour ceux qui obtiennent les certificats.
    L'Hôpital Moulay Youssef servira de labora-toire pour l'impli-cation des infirmiers dans la distribution des soins, la gestion, la formation continue, la mise en place des conditions de travail. Une «direction» sera créée pour superviser les 160 infirmiers, les médecins, 40 spécialistes, et les généralistes devront apprendre à les considérer comme des partenaires. «Si les généralistes s'y retrouvent en si petit nombre, c'est qu'ils sont supposés exercer en première ligne dans, les centres de santé», explique le Dr Heikel. La première ligne, c'est le «système ambulatoire» qui diffuse les programmes de santé, la prévention et les premiers soins pour guérir les grippes et les diarrhées. C'est là que le généraliste est le plus utile.
    Le spécialiste, lui, doit se trouver en «système hospitalier» pour les urgences, les hospitalisations... Ce partage vertical des tâches doit aboutir à une première optimisation. Puis une autre suit entre les hôpitaux des préfectures. La nouvelle réorganisation veut donc déve-lopper des «pôles de spécificité». Pour l'Hôpital Moulay Youssef, se seront les maladies infectieuses, la pédiatrie, le dépistage des cancers du col de l'utérus et du sein, et la chirurgie ambulatoire grâce à la célio-chirurgie.

    Les discus-sions sont en cours pour répartir ces pôles de spécificité en fonction des plateaux techniques, des compétences. Ainsi, l'Hôpital Bawafi à Derb Soltan Al Fida, proche des sorties d'autoroute se verra probablement confier la traumatologie orthopédie.
    L'Hôpital Mohammed V de Hay Mohammadi ira vers l'ORL et ceux de Ben M'Sik Sidi Otmane et de Mohammédia auront aussi leurs pôles, de même que les deux en cours de construction à Hay Hassani et à Bernoussi-Zénata.
    Reste à Casablanca le centre hospitalier Ibn Rochd, appelé CHU par le grand public. C'est la troisième ligne dans le jargon de la Santé Publique. «Il doit continuer à prendre les malades des 1ère et 2ème lignes pour la formation de médecins. Mais la majorité devraient être référés, filtrés par les deux premières lignes qui aujourd'hui sont souvent court-circuitées», regrette le délégué du MSP.

    Transition

    Les trois lignes de défense hospitalière auront à répondre à «une épidémiologie de transition». «Au lourd fardeau des maladies infectieuses s'ajoutent les maladies de civilisation, déficience cardio-vasculaire, cancer, diabète», indique le délégué du MSP à Casablanca. Comme dans tout le Maroc, il y a d'abord «la santé de la mère et de l'enfant», expression très humanisée pour regrouper un catalogue de déficiences et de maladies. Il y a aussi les accidents de la circulation, la tuberculose et le MST. Même les maladies médiatisées et sensibles à l'oreille du public doivent être traitées ainsi. L'exemple est bien sûr le Sida. «Dans ce cas, la prévention et la sensibilisation est prioritaire, car c'est le risque de propagation qui est important. En revanche, la prise en charge ne doit pas être surdimensionnée».
    Le délégué du MSP, qui est aussi spécialiste en maladies infectieuses, rappelle qu'il y a 400 cas de sida révélés depuis 1986. «Le sida est la seule maladie où les chiffres des années sont cumulés. Pour les autres maladies on ne compte que les nouveaux cas». Les chiffres cumulés du sida ne doivent pas faire oublier les milliers de nouveaux cas de tuberculose. Il précise que le MSP met en place six centres régionaux de maladies infectieuses qui traiteront, entre autres, le sida. En attendant, le MSP prend en charge l'essentiel de la thérapie, les tests des flacons de sang. Pour le sida(1), comme pour la construction d'hôpitaux publics, l'action privé et bénévole est mobilisée.

    Khalid BELYAZID

    (1) Six associations sont engagées dans la lutte contre le sida. L'ALCS, la Société Maghrébine de Recherche et de Lutte Contre le Sida, la Ligue Marocaine contre les MST, SOS Sida, OPALS, Association des Jeunes contre le Sida.

     

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