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    Dossiers

    Gros risques, petits moyens

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    Investissements dans la sécurité, sécurité des investissements. Une machine, outil de production tout ce qu'il y a d'innocent, peut se transformer en machine à estropier, voire à tuer. Un produit chimique manipulé sans précaution causera des dégâts irréparables aux personnes, aux installations et parfois à l'environnement. Certaines entreprises en sont conscientes, d'autres non.


    Lorsque l'usine Cochepa, sise à Aïn Sebaâ, a pris feu, ce sont 2.000 tonnes de rouleaux de papier qui ont été détruites. Comme le site comprend, en plus de l'usine, les bureaux, ces derniers ont subi de sérieux dommages. Les respon-sables estiment que les dégâts peuvent aisément se chiffrer à 15 millions de Dirhams. Pourtant, l'usine qui fabrique de l'emballage en papier et en plastic manie des matières fortement inflammables.
    Qu'est-ce qui s'est donc passé pour que l'incendie cause autant de dégâts alors que, selon M. Saïd Madani, l'un des administrateurs de l'entreprise, l'usine dispose d'un système de protection anti-incendie. Le fait est que ce système utilisait des lances non adaptées à l'activité et à la configuration des lieux. Avant Cochepa, la société Etablissements Benhaj Frères, fabricant des peintures Atlas, a vécu le même sinistre et les dégâts ont été très importants.

    Danger chimique


    En principe, toute entreprise doit disposer de moyens susceptibles de prévenir différents risques et le cas échéant y faire face. Les systèmes de protection mis en place doivent être suffisamment efficaces pour sauvegarder le vie des hommes, les outils de production et donc la pérennité de l'entreprise.
    Deux attitudes sont observées chez les entreprises. Certaines privilégient l'aspect curatif. Pour de nombreux chefs d'entreprise les accidents «ça n'arrive qu'aux autres» et les systèmes de protection ne sont pas considérés comme des investissements nécessaires. D'autres préfèrent se prémunir dès le départ de leur activité contre tout risque, sachant qu'un accident n'a pas seulement des im-pacts sur la production de l'unité en consi-dération, mais peut également affecter toute l'activité et écarter l'entreprise pour longtemps de son marché. Le risque est toujours grand. Aussi, pour ces entreprises, la mise en place d'un dispositif de sécurité est-elle toujours un investissement utile.
    La sécurité est aussi celle des hommes. Un ouvrier qui se fait couper un doigt ou électrocuter constitue déjà un événement déplorable pour n'importe quel chef d'entreprise. Il peut provoquer des incidents autrement plus néfastes pour la vie de l'entreprise. Il faut se rappeler le cas de la société Facemag qui est restée en arrêt d'activité pendant une longue durée. Parmi les causes de la tension qui a prévalu entre les employés et la direction les syndicalistes citaient le décès par accident de l'un de leurs collègues qui s'était fait électrocuter. Néanmoins, si le risque ne peut être écarté définitivement, les entreprises peuvent en limiter la fréquence et le nombre.

    Les nombreuses matières chimiques produites à travers le monde font courir des risques aux ouvriers qui les manipulent. C'est en raison de ces risques accrus que l'Organisa-tion Mondiale du Travail a mis en garde contre ces matières chimiques dont il a été produit 400 millions de tonnes en 1993 contre 25 millions en 1970.
    Plusieurs entre-prises ont investi dans la sécurité. Elles ont investi en machines dotées de mécanismes de sécurité et construit leurs usines avec des portes auto-matiques qui ferment en cas de survenance d'un in-cendie. Les ouvriers des entreprises chimi-ques utilisent des équipements spécifi-ques destinés à leur assurer la protection la plus totale contre les différentes atteintes.
    Mais si l'entreprise doit se protéger contre des risques spécifiques à leur activité, elles ne négligent pas pour autant les autres risques communs à toutes les entreprises. La crainte du vol, par exemple, a généré toute une activité industrielle et de services. Des entreprises produisent et fournissent des gadgets en perpétuelle évolution. Des sociétés de gardiennage assurent la sécurité de leurs clients par le biais d'hommes accompagnés de chiens entraînés pour cette mission et de multiples systèmes électroniques.

    Enfants et porte-manteaux


    Nécessaire et incontournable dans le cas des entreprises, la sécurité l'est davantage quand il s'agit d'enfants. Ces derniers, passant une grande partie de leur temps à l'école, nécessitent des soins particuliers. Aussi le Ministère de l'Education Nationale a-t-il élaboré des normes applicables aux constructions scolaires du premier cycle de l'enseignement fon-damental. On y lit par exemple qu'au fond de chaque classe «il faut prévoir 40 porte-manteaux à une hauteur de 1,40 mètre», ces porte-manteaux doivent d'ailleurs être prévus dans le préau pour les leçons d'éducation physique.
    Bien entendu la sécurité a un coût. Il est plus ou moins important selon la nature de l'activité est les risques y afférents. L'assurance en fait partie. Elle coûte cher mais en cas d'incendie par exemple elle empêche les richesses de s'évaporer.

    Hakim ARIF

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