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    Grève à Facemag : Le bras de fer Direction-CDT dure depuis trois mois

    Par L'Economiste | Edition N°:242 Le 08/08/1996 | Partager


    Facemag boucle son troisième mois d'arrêt. Suite à un conflit avec l'administration de l'entreprise, la CDT a décidé une grève avec occupation des lieux. Des emplois en danger et un sérieux manque à gagner.

    Facemag, entreprise de fabrication de carreaux en céramique pour revêtement de murs et de sols, est fermée depuis le 9 mai 1996. Un conflit oppose la Direction de la société aux employés affiliés au syndicat CDT, suite au licenciement de cinq salariés. Selon M. Hassan Chami, vice-président de Facemag, les cinq personnes sont coupables d'agressions sur des collègues, dont le chef du personnel qui a été hospitalisé pendant 25 jours suite à une bastonnade. De son côté, le syndicat réplique qu'il n'y a pas de chef de personnel à Facemag et que la personne blessée l'a été par accident, suite à la réaction des ouvriers au décès par électrocution d'un de leurs collègues. La CDT souligne que les vraies raisons du conflit tiennent au refus de la Direction de signer la convention collective et à son opposition à la constitution d'un bureau syndical.

    M. Chami affirme que les conditions sociales des employés ne peuvent constituer la cause de leur action et qu'ils cherchent le partage du pouvoir avec la Direction. La moyenne des salaires mensuels est de 3.700 DH; tous les employés bénéficient de la couverture sociale; 80% d'entre eux adhèrent à un régime de retraite et bénéficient du treizième mois. Les syndicalistes rétorquent que ce qui est appelé treizième mois n'est en fait qu'une espèce de gratification utilisée par la Direction comme moyen de pression. Les syndicalistes mettent également en avant les conditions difficiles de travail. Les employés de Facemag manipulent des matières dangereuses, comme la laine de verre et ne disposent pas de moyens de protection adéquats, masques à filtre et gants réfractaires pour manipuler les rouleaux de laine de verre, dont la chaleur atteint 1.200°. De plus, disent-ils, les moyens de sécurité manquent. Les installations comprennent 9 citernes de propane. Ces 9 "cigares" contiennent 100 tonnes de propane chacun, soit l'équivalent de 33.000 petites bombonnes de gaz domestique.

    En tout cas, l'entreprise est toujours fermée et les chances de reprise s'amenuisent. M. Chami affirme que l'usine fonctionne en continu. Après l'arrêt, il faudra plusieurs semaines pour tout remettre en marche, ce qui représente un coût supplémentaire. Les grévistes soutiennent par contre que l'usine pourra être opérationnelle dans un délai de quinze jours, puisqu'elle utilise la technologie de la bicuisson rapide qui permet un allumage en 24 heures. En 1995, assurent-ils, l'usine a été arrêtée pendant 26 jours et la reprise s'est faite en deux semaines.

    Le manque à gagner sera important et représente la moitié du chiffre d'affaires annuel, soit 30 millions de Dirhams environ. Les règlements de plusieurs fournisseurs arrivent à échéance. Les banques attendent le remboursement d'un crédit de près de 200 millions de Dirhams contracté pour financer en partie un investissement de 400 millions de Dirhams destiné au renouvellement des installations. Depuis cinq ans tout le matériel a été renouvelé. Au niveau commercial, l'entreprise a perdu une grande partie de son marché. Les produits de la concurrence locale et les produits importés occupent déjà le champ laissé libre après la grève.

    Une vraie aubaine puisque Facemag représente 35% du marché des carreaux en céramique. En outre, à cause de l'occupation des lieux, même les stocks ne peuvent être vendus. M. Chami les évalue à près de 1,5 million de mètres carrés pour une valeur de 70 millions de Dirhams. Les grévistes avouent être conscients de la situation. Ils tiennent à l'entreprise, c'est d'ailleurs pourquoi, argumentent-ils, ils continuent à assurer l'entretien des installations qu'ils protègent eux-mêmes suite à la réduction du nombre des gardiens de 20 à 9. Ils précisent que leur présence sur les lieux ne vise pas à empêcher le travail puisque les rares employés qui ne sont pas en grève ne pourront pas faire tourner l'usine.

    Toutes les parties disent vouloir débloquer la situation mais chacun campe sur ses positions.

    Hakim ARIF

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