Economie

Grève des communes: Les activités administratives paralysées

Par L'Economiste | Edition N°:2173 Le 16/12/2005 | Partager

. Les syndicats accusent la tutelle de faillir à ses engagements. La gestion déléguée minimise l’impact«CE ne sont pas les agents des collectivités en grève qui nuisent aux intérêts des citoyens. C’est le ministère de l’Intérieur qui en est responsable car il n’a pas tenu ses engagements. Le wali, directeur des collectivités locales, a promis, le 27 avril 2005, de satisfaire, avec un timing bien précis, à six grandes doléances des collectivités locales. Il n’a pas tenu parole», déclare Mohammed El Mers, secrétaire général du Syndicat national des collectivités locales, affilié à la CDT. C’est la raison de la grève qu’observent les agents des communes les 15 et 16 décembre. En fait, le ministère s’est engagé, lors de la réunion avec les centrales syndicales le 27 avril, à régulariser la situation des diplômés qui ont intégré la fonction publique locale en 1991 et 1992 à l’occasion de la campagne nationale de l’emploi de jeunes diplômés. S’agissant de la promotion exceptionnelle, la direction des collectivités locales a aussi promis d’établir la liste des bénéficiaires au plus tard en juin 2005. Le patron des communes s’est engagé, en plus, à conclure une convention avec le département en charge de la formation afin de favoriser la formation continue. Il a aussi convenu avec les syndicats de signer des conventions avec cinq banques pour faciliter l’accès des agents des communes au logement avec un intérêt de 6,5%. Sixième et dernier engagement: la création d’un comité des œuvres sociales. Tous ces engagements sont restés lettre morte.Les promesses sans lendemain ont donc attisé la colère des collectivités locales. «Nous avons beaucoup attendu. Rien n’est fait. Nous usons de notre moyen de pression pour dénoncer le désengagement de la tutelle».L’arrêt de travail deux jours durant nuira à coup sûr aux intérêts des citoyens. «Les informations qui nous viennent de toutes les villes confirment que la grève a été observée à hauteur de 80%, pour certaines, et de 90% pour d’autres. Même certains des services communaux détachés auprès des annexes administratives et des préfectures ont adhéré au mot d’ordre», indique El Mers. Sur le terrain, dans tous les arrondissements et communes, des gens rentrent pour solliciter des prestations. Ils sont surpris de voir les locaux tout vides. Un agent leur demande de revenir lundi: «on est en grève». Les citoyens reviennent bredouille. Ils sont déçus de ne pas pouvoir accomplir les tâches pour lesquelles ils se sont déplacés. Les services de légalisation, d’hygiène, de plans, d’éclairage… tout est paralysé. «Moi, je ne suis pas intéressée par la grève. D’ailleurs, je n’ai reçu aucun avis appelant à celle-ci. Mais, chez nous, à la mairie, il n’y a que les chefs de services qui sont là. Les autres agents ne travaillent pas», affirme une standardiste de la commune de Casablanca. Du coup, aucune prestation ne peut être servie. Seul l’agent concerné par un dossier peut le prendre en charge et le mener à terme. Les autorisations de construction ou commerciales, la légalisation des documents, la distribution des médicaments antidiabétiques pour les malades, la réfection des voies et chaussées, la collecte des ordures, l’entretien de l’éclairage et le transport en commun sont ainsi tous bloqués. L’impact ne sera pas de la même intensité pour toutes les villes. Pour celles qui ont concédé la collecte des déchets, l’éclairage public, le transport en commun… la grève n’affectera que partiellement les services. Les autres villes croulent sûrement sous des amas de déchets.


Indemnités

AUTRE raison de la grève: l’annulation par la tutelle de l’indemnité spéciale (270 DH) décidée, juillet 2002, par Driss Jettou, alors ministre de l’Intérieur. «Pourquoi nous priver des 270 DH alors que ce sont les collectivités qui les prennent en charge et non le budget de l’Etat», se demande un syndicaliste. C’est que, en 2004, l’Etat a octroyé une augmentation des salaires de l’ordre de 300 DH à tous les fonctionnaires. Le département des Finances a décidé alors de ne faire bénéficier les agents des communes que du complément, à savoir 30 DH.Ali JAFRY

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