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    Economie

    Grandes manoeuvres dans les assurances

    Par L'Economiste | Edition N°:4 Le 21/11/1991 | Partager

    En tout état de cause, il n'a pas réglé la question de la discipline et du contrôle: régulièrement courtiers et assureurs accusent leurs voisins d'avilissement des tarifs, régulièrement la DAPS lance en privé ou en public des "derniers avertissements". C'était une nécessaire mauvaise solution, car on partait de trop loin pour aller immédiatement à la responsabilisation des compagnies, dit et répète en substance M. Saïd Ouazzani, Administrateur délégué de Es Saada, une compagnie qui fait la moitié de son chiffre d'affaires dans la branche auto (au sens large). Aujourd'hui, la question de la responsabilisation refait surface, sans que ses promoteurs, comme M. Chraïbi (Directeur général de Al Wataniya, la plus grande des compagnies et regardée aussi comme la plus saine depuis toujours, 12% du CA en automobile) soient accusés à mots à peine couverts d'essayer d'affaiblir le programme de redressement. Il n'y a pas si longtemps, ces accusations étaient la règle.

    Le cas de la branche auto est extrême, les autres branches se portent considérablement mieux, mais leur poids est trop faible pour engendrer le redressement des comptes globaux. Leur sous-développement est sujet de préoccupations. Dans certaines branches comme les couvertures multiples à destination industrielle ou domestique, la question de la tarification n'est pas résolue. Elle engendre de l'avis maintenant unanime l'impossibilité de servir la clientèle comme elle le désire aujourd'hui: une couverture unique, simplifiée et sans trous, pour des risques ordinaires. Les essais de l'Entente se sont soldés par des ajustements dans la conception de son produit, à la demande du ministère de tutelle et après discussions avec la Compagnie. Al Wataniya a aussi préparé un produit multirisque et la profession attend de voir la réaction de la DAPS. La stratégie reste donc floue et à fortiori personne ne se risque à parler de tendance générale dans ce domaine des risques ordinaires. Elles sont une sorte de "coupe transversale" dans les vieilles catégories en usage au Maroc, d'où l'enjeu du point de vue de la survie du système de tarification.

    Autre branche sous-développée, la vie représente 19% du chiffre d'affaires des assurances marocaines. L'Alliance Africaine, Al Wataniya, Es Saada, la Compagnie Africaine, L'entente (qui ne sont pas des compagnies spécialisées dans cette branche),... tout comme la Fédération, sont unanimes pour estimer que 30% du marché serait un objectif acceptable et réalisable rapidement. Toutes sont d'accord pour affirmer que l'incitation fiscale donnerait un élan appréciable et que l'existence d'un "matelas de Vie" serait une "excellente chose" pour l'épargne du Maroc. Quelques unes ajoutent même que l'apport serait appréciable dans la perspective des privatisations.

    Enfin, il reste trois grandes questions en suspens: les accidents du travail, le transport public de voyageurs et la couverture maladie. Ces dossiers soit n'ont pas réussi à se débarasser de leur étiquette de dossiers "politiquement chauds", soit comme la couverture-maladie, ont réintégré le domaine politique, lorsqu'il a été jugé utile de le raccrocher au "Dialogue social". En matière d'assurances, tout le monde est d'accord, DAPS et Fédération: l'étiquette "politique" a le don de bloquer le travail. La Fédération n'a pas encore arrêté sa position sur tous les points en discussion. Elle devra le faire début décembre à Marrakech.

    N.S.

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