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    Gestion à long terme : Les fonds de pension, une manne pour les grands projets

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    L'investissement en infrastructures appelle des formules de cofinancement entre bailleurs de fonds étrangers et investisseurs locaux. Mais une stratégie de développement du taux d'épargne est à mettre sur pied. L'exemple du cas chilien.


    Le financement des grands projets d'infrastructures nécessite la contribution de l'épargne locale. En effet, les banques internationales qui s'engagent dans des programmes de long terme sont confrontées aux risques pays et de change que les techniques courantes de couverture ne peuvent pas entièrement couvrir.
    En outre, les bailleurs de fonds sont tenus de provisionner pour tout concours d'une durée supérieure à un an dans un pays émergent.

    Enfin, la contribution de l'investissement local vise à minimiser le risque de change et donc le coût global. "Le recours au marché financier local permet de ne pas couvrir 15 à 20% du risque de change et donc d'alléger les coûts de financement", expliquent MM. Omar Jouahri de la salle des marchés de la BMCE-Paris et Joël Krief de ING-Barings- Paris.

    Pour mitiger le risque pays et la contrainte de provisionnement qui lui est attachée, les promoteurs ont la possibilité de recourir au cofinancement des institutions multilatérales, à savoir la Banque Mondiale ou la SFI. "La banque internationale n'a plus alors l'obligation de provisionner, et le rating du projet s'en trouve nettement amélioré".
    Le recours à ces effets mitigeurs est encore plus aisé quand le projet a un caractère emblématique.

    Sortie imprévisible


    Mais pour multiplier ce type de financement de projets d'une durée allant de 5 à 20 ans, le marché secondaire des Bons du Trésor doit décoller et dégager un taux d'intérêt de référence plus bas, stimulant ainsi le marché des bons émis lors du lancement de ces projets. "De plus, l'émission en bourse nécessite des moyens techniques suffisants, et le marché financier local doit être capable d'absorber le papier émis".

    Durée longue et sortie imprévisible sont les deux caractéristiques de ce type de projets susceptibles de freiner les investisseurs locaux. Les deux analystes préconisent entre autres la création d'un fonds dédié aux RME et un réaménagement des secteurs des assurances, des caisses de dépôt et de retraite.

    La réforme du système de retraite chilien constitue à ce titre un exemple probant de mobilisation d'une épargne de long terme.
    Le taux d'épargne s'établit actuellement à 27,2% pour 13,8 millions d'habitants et 38% de population active. Les sommes accumulées depuis 1981 et gérées par les fonds de pension atteignent au 31 mars 1996 33 milliards de Dollars. Cette manne a stimulé le marché boursier. "Aujourd'hui, la capitalisation boursière de la bourse de Santiago atteint 75 milliards de Dollars contre un PIB de 63 milliards de Dollars".

    Ce système de retraite axé sur la libre concurrence a permis de réduire de quatre fois le coût de gestion par tête d'habitant.
    Avant 1979, près de 14 caisses de retraites fonctionnaient sur la base du système de répartition et trois d'entre elles concentraient 85% des travailleurs. En 1980, les cotisations atteignaient 25% du salaire pour une retraite garantie de 75% du salaire. Au terme de la période, le rapport actif/passif est passé de 10 à 2%.

    En 1981, la loi impose au travailleur de capitaliser 10% de son salaire mensuel dans un compte individuel géré par une société anonyme de fonds de pension. "Le cotisant peut, pendant sa vie active, changer de gérant en faisant jouer la concurrence et capitaliser au-dessus du plancher, à concurrence de 1.800 Dollars/mois exonérés d'impôts", explique M. Louis Armagnat, consultant international. A la retraite, l'employé a trois choix.

    Rente viagère


    Il peut percevoir une rente viagère immédiate en versant sous forme de prime unique les fonds accumulés à la compagnie d'assurances de son choix. Il peut aussi conserver ses fonds dans la société de gestion et retirer annuellement des liquidités en fonction du cash-flow. "En cas de décès, le capital exonéré de tout impôt revient à la famille". Enfin, il peut conserver une partie dans le fonds de pension pour des retraits annuels et verser une partie à l'assureur moyennant une rente viagère.
    La Direction des fonds de pension assure la sécurité du système et le respect d'une rentabilité minimale. Au-delà de la correction monétaire, le taux de rentabilité distribué gravite autour de 9%.

    "Le capital doit à tout moment représenter 1% des fonds gérés et les fonds du fonds de pension doivent être distincts des sommes collectées". Aucune obligation d'investir dans un type de papier n'est instituée.
    Pour assurer la transition entre les deux systèmes, le gouvernement garantit l'intégration des droits acquis dans le fonds capitalisé et continue d'assumer les déficits.

    La confusion entre impôts et cotisations retraite a disparu et le travailleur contribue non plus à hauteur de 25% mais de 10% seulement de son salaire.

    Mouna KABLY

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