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    Economie

    Gaz butane
    Moins de complexes sur la décompensation?

    Par L'Economiste | Edition N°:3342 Le 17/08/2010 | Partager

    . Le ministère de l’Energie diligente une étude. Une réorganisation annoncée pour toute la filièreLongtemps restée taboue, la décompensation du gaz butane est clairement envisagée parmi les pistes de la réforme de soutien des prix dont le poids devient de plus en plus insoutenable pour les finances publiques. Le gouvernement tire en effet les leçons de plusieurs décennies de statu quo et il faut le dire, de gaspillage. Pour l’instant, aucune option n’est écartée, mais dans l’étude que s’apprête à lancer le ministère de l’Energie, l’objectif fixé au consultant est on ne peut plus clair: «l’aspect décompensation du prix de la bouteille de gaz devra constituer l’élément essentiel de l’étude». Mais l’étude ira bien au-delà en proposant des pistes pour une remise à plat de l’organisation de toute la filière gazière. Importation, stockage, emplissage, distribution et mise en dépôt, toute la chaîne sera décryptée et à la clé, un véritable toilettage. Car dans la formation actuelle très complexe du prix de détail du gaz butane, figurent de nombreux champs d’optimisation et d’économies. L’enjeu est d’autant plus important que 74% des subventions des produits pétroliers vont au soutien des prix du butane.Pour l’instant, le ministère de l’Energie prend les devants et lance un appel d’offres pour une étude sur la révision du système de compensation pour le gaz butane et la réorganisation de tout le secteur gazier. Le chantier est gigantesque et il faudra compter avec de nombreux partisans du statu quo au moment où il faudra transposer les intentions politiques en mesures concrètes sur le terrain. A ce titre, cette réforme est donc un vrai test de la capacité du gouvernement à résister aux lobbies. Dans le Cahier des prescriptions spéciales (CPS), le département de l’Energie, qui concocte une nouvelle stratégie gazière, souligne que «l’option de la décompensation des prix de la bouteille devra être examinée en vue d’identifier les difficultés possibles, d’évaluer l’impact socioéconomique et de proposer des “garde-fous” à mettre en place pour une telle option».Destinée initialement aux populations démunies, la subvention du butane profite beaucoup plus aux classes aisées. Avec un prix subventionné pour près des deux tiers par l’Etat, la bouteille du gaz butane est également utilisée dans l’agriculture et dans certaines industries. Ce qui détourne la compensation du gaz butane de son but initial et alourdit par la même occasion la charge pour l’Etat. En 2009 par exemple, la subvention du butane a accaparé 74% de l’enveloppe totale accordée à la subvention des produits pétroliers. L’idée du gouvernement est de réaffecter une partie des ressources qui résulteront de la décompensation du butane à un dispositif d’allocations directes aux ménages les plus pauvres. Le ciblage testé actuellement via Tayssir, le programme de bourse pour encourager la scolarisation et lutter contre l’abandon scolaire, est une solution possible pour continuer à soutenir les populations démunies uniquement. Mais là aussi des garde-fous s’avèrent nécessaires. Dans tous les cas, la libéralisation et le désengagement de l’Etat de la fixation des prix permettra au gaz butane de retrouver une utilisation rationnelle. Pour cela, «le passage par une étape intermédiaire nécessite l’amélioration des structures des prix actuels, qui sera examinée, en tenant compte des marges bénéficiaires et des frais de passage, accordés au secteur des GPL, et de la subvention des prix», souligne le département de l’Energie dans le CPS.L’étude diligentée par le ministère de l’Energie devra également proposer des mesures organisationnelles et légales. Ce qui suppose une analyse fine de toute la chaîne d’approvisionnement, des relations interopérateurs ainsi que de la tarification. Celle-ci devrait être basée sur l’optimisation du coût d’approvisionnement du pays en tenant compte du caractère particulier du gaz butane qui ne peut être commercialisé que conditionné en bouteilles ou livré en vrac. Dans ce secteur, la multiplicité des intervenants, qui bénéficient de différentes marges et de remboursement de certains frais, implique un coût d’approvisionnement jugé particulier. Car même si en amont, le prix du gaz butane est indexé sur le marché international, en aval, il est gelé depuis 1995. C’est donc l’Etat qui fixe le niveau des marges à tous les stades de commercialisation de la bouteille de gaz. Un non-sens économique qui a conduit à la gabegie que l’on sait.Khadija MASMOUDI

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