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    Forum Finance-II : L'Administration transcende ses blocages

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager

    La réforme du secteur financier fait recette. Quelque 230 personnes en plus des accompagnateurs des officiels ont assisté aux travaux de la deuxième édition du Forum Finance organisé par l'Economiste. Administration et professionnels s'accorde sur la conduite des affaires et font le point sur les chantiers.


    Le secteur financier marocain est à la croisée des chemins. Lancée par M. Mohamed Berrada, poursuivie pour un temps assez court par MM. M'hamed Sagou et Mourad Cherif, la réforme à atteint un stade avancé sous la direction de M. Mohamed Kabbaj. Si la méthode et le rythme ont fait l'objet de critiques souvent violentes, les opérateurs semblent maintenant adhérer à la politique de l'équipe actuelle. Un calendrier est établi et la concertation semble avoir pris les devants sur la "dictature de l'Administration". M. Kabbaj, en initiant un projet de réforme de son Ministère pour le pousser à mieux s'ouvrir, entend le rapprocher davantage de son public. Mais attention, prévient-il, "il ne faut pas que le contenu de nos discussions soit porté sur la place publique avant la maturation des projets" . Un simple rappel à l'ordre mais pas une menace de rétraction. Le Forum Finance organisé par l'Economiste le 28 juin à Casablanca, avec la participation de l'école Polyfinance, a permis de faire un constat heureux sur l'avancement des mentalités et le rapprochement des positions sur la nouvelle manière de conduire la réforme. Quelque 230 personnes, outre les accompagnateurs des personnalités, ont participé aux travaux. Le blocage psychologique qui réduisait dans une certaine mesure la portée des décisions administratives semble faire son temps. Au même titre que le privé, les fonctionnaires dissertent sur l'efficacité. L'actuel ministre des Finances et des Investissement Extérieurs a certainement la chance de côtoyer, particulièrement dans la partie bourse, des équipes jeunes, porteuses d'idées plus dynamiques.
    Dans la gestion de certains dossiers assez brûlants, MM. Amyn Alami, Mohamed Benmoussa ou Hassan Bouhemou, respectivement président de la SBVC, de l'APSB et de l'ASFIM, ont en effet fait preuve d'une réelle maturité. Au cours du Forum, ils ont retracé de manière claire les réalisations et les objectifs de leurs organismes respectifs et manifesté de vive voix leurs appréhensions. Cette réforme ne se fait effectivement pas sans heurts. M. Kabbaj a eu à gérer notamment des dossiers litigieux comme le partage des commissions entre les sociétés de bourse et les banques et la taxation de la plus-value sur les transactions effectuées par les compagnies d'assurances désireuses d'anticiper sur les dispositions de la Loi de Finances transitoire. Les banquiers ont aussi montré leur désapprobation quant à l'iniquité fiscale, en particulier pour l'IS fixé à un taux plus élevé que pour les autres secteurs, un dossier sur lequel le ministre s'est montré inflexible.

    La priorité reste la continuation des chantiers. Dans ce sens, les professionnels de la Bourse exhortent le ministre des Finances dont ils louent par ailleurs la diligence à aller un peu plus vite, de peur de voir les efforts jusque-là effectués inhibés par le ralentissement du rythme. Ils attendent encore le projet de loi sur le dépositaire central et les modifications du texte de 1993 portant sur la Bourse des Valeurs de Casablanca. M. Kabbaj a précisé qu'il n'était pas possible d'aller plus vite.
    Ces textes sont encore bloqués au Secrétariat du Gouvernement. Le ministre rassure, cependant. Il ne s'agit pas des vielles habitudes institutionnelles. Cette entité s'intéresse tout simplement de près à la réforme de la bourse.

    Contrairement aux textes portant sur la Bourse, le projet de loi relatif à la réorganisation de la Caisse Centrale de Garantie est passé en Conseil de gouvernement. Il devrait normalement être adopté par le Parlement. Le marché hypothécaire, la Caisse d'Epargne Nationale, les assurances dont le projet de code est déjà ficelé, et les caisses de retraite devront attendre. Les dossiers sont encore à l'étude. M. Kabbaj fait remarquer que tout doit être mené de manière harmonieuse. Comme pour le secteur bancaire, le ministre veut mettre en place un calendrier précis, avec des échéances fixes. Les experts présents au Forum sont unanimes. Le Maroc peut réussir sa réforme. Les expériences étrangères sur lesquelles il peut s'appuyer ne manquent pas. Exemple-type, les fonds de pension chiliens qui ont réformé la gestion des retraites dans ce pays. Outre l'épargne domestique, les ressources extérieures constituent une manne tout aussi importante pour le financement de l'économie. Le Maroc désire une croissance forte. L'essentiel des entreprises privées observent toujours un certain attentisme. Après l'ONA, la BMCE a tenté le challenge avec les GDR. 60 millions de Dollars ont été levés sur le marché international. Un bon test pour le risque Maroc que doit confirmer l'Etat en lançant un emprunt sur le marché de l'Euro-Franc et des opérations de swaps sur les dettes.

    Alie Ddior NDOUR

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