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    Enquête

    Formation: Les ménages attachés à la gratuité

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    La dernière enquête du CNJA intitulée "Education-Formation" se démarque par la densité de ses données. Coût, rendement... Voilà qui éclairera le ministre de l'Education Nationale dans la mise en oeuvre de ses quarante mesures.


    DE cette enquête, on retiendra que l'écrasante majorité des ménages restent encore attachés au principe de la gratuité d'accès à l'école. Tous secteurs confondus, ils sont 75% à avoir voté pour cette option.
    Réalisée fin 1995 début 1996, l'enquête porte sur un échantillon de 5.000 ménages répartis sur l'ensemble du territoire. Ce qui représente 28.850 personnes.
    L'étude s'est assigné plusieurs objectifs: s'enquérir des attentes des ménages vis-à-vis de la scolarisation de base et de la formation générale, évaluer la prédisposition des ménages à contribuer à l'effort de financement de l'éducation, etc.
    A noter cependant un important potentiel de ménages qui acceptent le principe de payer les études de leurs enfants dans le public. A titre d'exemple, 25% des ménages sont prêts à mettre la main dans la poche pour assurer la scolarité de leurs enfants au premier cycle de l'enseignement fondamental public.
    Dans l'ensemble, à même niveau de revenu et profil socio-économique, les citadins semblent les plus ouverts (33%) à l'idée de paiement contre seulement 16 % chez les ruraux. Ici, l'institution des frais de scolarité creuserait les inégalités d'accès à l'école, relève l'enquête.

    280 DH par ménage


    De toute évidence, note le CNJA, ce sont les petites filles qui en subiraient les conséquences. Dans les couches rurales défavorisées, une personne sur dix considère toujours qu'il est inutile d'envoyer les jeunes filles à l'école.
    En ville, l'attitude en faveur de la scolarité payante est largement déterminée par le revenu disponible après paiement du loyer. Pas donc étonnant que les ménages propriétaires soient ceux qui adhèrent le plus à l'idée.

    Au secondaire, la proportion de ceux qui sont favorables à la participation au financement de l'école publique s'étoffe: près de deux ménages sur cinq. On retrouve la même proportion pour ceux qui sont prêts à payer les études de leurs enfants dans le supérieur. Cet engagement au financement est néanmoins assorti de plusieurs réserves: l'amélioration de la qualité, l'aménagement de l'environnement et, de manière générale, la révision des programmes, de la pédagogie et une meilleure productivité des enseignants.
    L'étude nous apprend que le budget éducatif moyen per capita est de 280 DH. Il est trois fois et demie plus élevé en milieu urbain que dans les campagnes. Cela s'explique par le fort taux de scolarisation des citadins, 68%, et la concentration des écoles dans les grandes agglomérations urbaines, leur service étant destiné d'abord aux classes citadines moyennes et aisées.
    La moyenne des dépenses consacrées à l'éducation dissimule d'importantes disparités: un quart des ménages les plus aisés réalisent 84% des dépenses. A l'opposé, les foyers les moins fortunés réalisent moins de 4% des dépenses de l'éducation.
    Ces disparités ne sont pas imputables au seul effet de la limitation de charges scolaires par personne.
    Dans l'analyse du rendement du système éducatif, l'enquête traite de l'impact professionnel, notamment l'insertion dans la vie active.
    Premier enseignement: parmi les actifs il ressort que le niveau d'instruction a pour effet de renforcer le travail salarié. Les salariés représentent 88% des sondés ayant un niveau supérieur contre 34% pour la catégorie des personnes non instruites. Fait inquiétant, plus de la moitié (51%) de la main-d'oeuvre est sans instruction. C'est là probablement où se situe les îlots de non-productivité.
    Autre phénomène appréhendé par l'enquête, le chômage. Selon le CNJA, le taux de personnes en quête d'emploi était de 11,8% dont 17,8% en ville et 4,5% en milieu rural au début 1996 au démarrage de l'enquête. A noter une forte corrélation avec le niveau d'instruction: plus on monte dans l'échelle du diplôme, plus on a les chances de se retrouver au chômage. Le sexe et l'âge apparaissent aussi comme des discriminants importants. Les femmes citadines sont plus affectées par le chômage que les hommes. De même, les jeunes sont plus vulnérables au chômage que les adultes. Au-delà de 45 ans, le phénomène est quasi-inexistant alors qu'il frappe près de 23% des 15-24 ans.

    Abashi SHAMAMBA








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