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    Entreprises

    Fini l'artisan assisté

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    Le Moussem a renoué avec le marché local. L'activité est en crise et a besoin d'une sérieuse mise à niveau. Le Ministère prend le problème à bras le corps.


    Une fois n'est pas coutume. Le Moussem de l'Artisanat se termine sur une note d'optimisme. Il faut dire que la période était propice. «Les moussems organisés généralement en fin d'année donnent de bons résultats, contrairement à ceux qui se tiennent à d'autres périodes», explique M. Ahmed Sabi, directeur de l'Artisanat. C'est aussi l'occasion pour le marché local de faire le point sur l'offre de ce secteur traditionnel. Côté créativité, les artisans ne manquent pas d'imagination, mélange de matières, originalité des formes... Une nouvelle génération d'artisans émerge, des jeunes créatifs, notamment dans le fer forgé, la vannerie, les luminaires... Mais la plus grande partie continue à travailler de manière très traditionnelle. En dépit des efforts de l'Office Marocain de la Propriété Industrielle, les artisans n'ont pas pour habitude de protéger leurs créations. Autre constat sur place, les exposants au Moussem se déclarent confiants face à l'ouverture du commerce mondial et le perçoivent comme une aubaine.
    Pourtant, le secteur artisanal est en perte de vitesse. Les chiffres sont là. Alors que les exportations s'élevaient à près de 1,4 million DH en 1988, elles ne sont même pas de 500.000DH actuellement.

    Changement de cap


    Le secteur subit de plein fouet la concurrence internationale et plus particulièrement celle de pays comme le Népal ou l'Inde. Aussi, comme les autres, l'artisan marocain doit-il entreprendre sa mise à niveau. "Il doit devenir entrepreneur et le secteur artisanal un véritable secteur porteur", déclare M. Fouad Lahlou, secrétaire général du Ministère de l'Artisanat. "L'artisan n'a jamais été vraiment un commerçant et c'est là son défaut", poursuit-il.
    En fait, le secteur a pendant longtemps était considéré comme une activité sociale, fortement assistée et bénéficiant de nombreux avantages fiscaux. C'est de là en effet que proviennent les maux du secteur.
    Le Ministère souhaite rompre avec cette image. La stratégie actuelle vise à rendre ce secteur productif et compétitif. Il s'agit d'en faire une activité à part entière avec ses nombreuses potentialités. C'est un changement de cap. Pour cela, le Ministère, à travers ses nombreuses antennes (délégations, fédérations, maison de l'artisan), éduque l'artisan aux notions modernes de gestion. Il s'agit de transformer l'artisan traditionnel en entrepreneur ayant le souci d'améliorer sa productivité, mais également ses techniques de production. Il doit aussi apprendre à aller chercher les matières premières au moindre coût. "L'idéal est d'avoir un artisan entrepreneur, à défaut il faut marier les deux. Les entreprises artisanales sont appelées à intégrer dans leur structure de véritables gestion-naires", indique M. Lahlou. Ce nouveau profil d'artisan devra apprendre à chercher les débouchés là où ils se trouvent.

    Autre évolution qui s'impose au secteur: se positionner tant sur le marché intérieur qu'international. Pendant longtemps, le produit artisanal se voulait être un produit pour touristes ou pour le marché extérieur. Conséquence: les Marocains le boudent souvent. D'ailleurs, les seules branches d'activité (habits traditionnels notamment) qui ne connaissent pas de difficultés sont celles qui ont fait du marché local leur première cible. Les artisans devront apprendre à renouer avec les consommateurs marocains en leur proposant des produits adaptés à leur goût. En plus de la créativité, il faut de la part des artisans un peu plus d'agressivité commerciale. Les produits doivent être disponibles partout, et non plus seulement dans les bazars.
    Ceci n'empêche pas le secteur de continuer à cibler les marchés à l'export. A ce niveau également, le produit artisanal doit être compétitif et adapté au goût du consommateur étranger.
    La clé de voûte de cette nouvelle vision du secteur repose sur la formation des artisans et la normalisation des produits. La qualité doit être une préoccupation permanente.

    Fatima MOSSADEQ & Malika EL JOUHARI


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