×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Courrier des Lecteurs

    Financement des entreprises : Les banques d'abord, la Bourse un jour

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Le marché boursier n'est pas encore véritablement perçu comme une alternative au système bancaire. Les entreprises tablent toujours sur des relations de partenariat avec leur banquier pour mener leur structuration. Un besoin de communication sur les atouts du marché boursier se fait sentir.


    Les opérateurs jugent le système bancaire globalement solide et fiable. Une situation qui contraste avec la fragilité du tissu industriel. Le secteur financier bénéficie donc de la confiance des entreprises, mais il ne répond pas à leur attente immédiate.
    Les entrepreneurs estiment en effet que les banques n'ont pas entamé de démarche concrète en matière de conseil et de soutien pour la mise à niveau. "La faiblesse actuelle des fonds propres des PME relève en partie de la responsabilité des banques qui, par le passé, ont débloqué des crédits sans exiger une augmentation préalable du capital, se contentant d'une garantie réelle conséquente", dénonce M. Adnane Debbagh, président de la fédération des PME-PMI au sein de la CGEM(1).
    Les banques, elles, invoquent les exigences de rentabilité auxquelles elles doivent se conformer si elles veulent préserver la confiance des actionnaires et des bailleurs de fonds. Sur le plan interne, elles sont également tenues d'effectuer leur propre mise à niveau.

    "La mise en place prochaine de la compensation informatisée, la formation du personnel aux nouvelles technologies font partie des priorités du secteur", explique M. Azzedine Berrada, directeur général du Groupement Professionnel des Banques du Maroc.
    Bien plus, le processus de fusion ou de rapprochement des banques locales est appelé à s'accélérer. "Compte tenu de la taille du marché domestique, nous avons besoin de 6 ou 7 banques suffisamment fortes pour affronter la concurrence étrangère", avance un directeur de banque.
    Banques et entreprises sont donc soumises aux mêmes échéances.
    "Mais le système bancaire est suffisamment solide pour accompagner la restructuration des entreprises dans une logique de partenariat plus que dans une logique de rentabilité", résume le Pr Fouad Zaïm.

    Pour sa part, le directeur général du GPBM reconnaît que la grande entreprise a été le principal bénéficiaire des crédits bancaires octroyés durant la période postérieure au désencadrement du crédit.
    La libéralisation des taux n'a pas arrangé les choses, puisque la PME se voit à présent appliquer les taux les plus élevés. Et M. Berrada de conseiller aux petites entreprises de se tourner vers le tout nouveau second marché si elles veulent se financer à moindres frais. Ces PME devront néanmoins se prêter au jeu de la transparence.

    Une fiscalité incitative


    "Tant que la courbe de taux de référence fait défaut, les taux en vigueur dans les différents compartiments du marché financier ne peuvent émaner de l'offre et de la demande", relève M. Kamal Sebti, spécialiste du programme de développement de l'USAID.
    Pour l'heure, le marché boursier n'a pas constitué une véritable alternative puisque, trois ans après la réforme, une seule entreprise hors privatisables est allée en bourse. Sont invoqués notamment l'opacité des comptes financiers et le déficit d'information de la SBVC à l'endroit des entreprises.
    "S'introduire en bourse est une décision stratégique qui nécessite une maturation de la décision du chef d'entreprise", explique M. Moham-med Benmoussa, président de l'Association Professionnelle des Sociétés de Bourse (APSB). Plusieurs dossiers se trouvent actuellement en phase finale d'étude et l'accélération du mouvement d'introduction en bourse sera perceptible en 1997.
    "Depuis le transfert de la Bourse au secteur privé, nous nous sommes attelés à réorganiser les méthodes de travail et le mode de fonctionnement du marché".
    Le plan de communication de la SBVC est à présent finalisé et des road-shows sont programmés dans plusieurs villes en collaboration avec la CGEM.

    Outre la vulgarisation des procédures d'accès au marché boursier, M. Jaouad Kerdoudi, directeur général de Sincomar, suggère la mise en place d'un cadre fiscal incitatif en faveur des PME cotées.
    En définitive, tous les acteurs hésitent encore à jouer pleinement le jeu de la libéralisation. "L'Etat continue de ponctionner l'épargne et contribue au maintien de la hausse des taux d'intérêt en dépit de la récente détente sur les bons du Trésor", rappelle
    M. Zaïm. Par ailleurs, la publication de taux de base bancaires similaires est perçue comme le résultat d'une entente entre les banques. "Pourtant, assure M. Benmoussa, la concurrence se joue sur d'autres aspects". L'appréciation du risque serait différenciée en fonction, entre autres, de la marge bénéficiaire de la banque, de ses frais généraux et du coût du risque.
    Quant à l'entreprise, elle demeure hésitante à se plier aux exigences de la transparence et à ouvrir son capital via le marché financier.

    Mouna KABLY

    (1) Lors de la table ronde organisée le 19 décembre 1996 par la section de Casablanca de l'Association des Economistes Marocains.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc