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    Economie

    Filière avicole: L’abattage, talon d’Achille du secteur

    Par L'Economiste | Edition N°:3343 Le 18/08/2010 | Partager

    . La profession veut la stricte application de la législation . Les objectifs du contrat-programme seront atteints avant termeLe secteur avicole a fait preuve jusqu’à présent d’un dynamisme inégalé. Du moins en ce qui concerne le développement des élevages. Le taux moyen de croissance sur les 3 dernières décennies est d’environ 8% pour la production des viandes blanches et de 6% pour celle des œufs.Compte tenu de prix relativement bas par rapport aux autres denrées animales, les produits avicoles sont fortement consommés par l’ensemble de la population et constituent le seul recours pour l’amélioration de la sécurité alimentaire. En 2009 sa production a atteint 440.000 tonnes de viandes et 3,1 milliards d’œufs. Du coup, le secteur parvient à satisfaire 100% des besoins en viandes de volailles qui représentent 55% de la consommation totale, toutes protéines animales confondues, et 100% des besoins en œufs. Mais dans quelles conditions d’hygiène et de salubrité des produits? Le maillon faible de la filière avicole réside en effet dans les circuits d’abattage et de commercialisation. Et, c’est aussi la principale source d’inquiétude de l’interprofession. Le réseau d’abattoirs enregistré par le département de l’Agriculture compte 20 unités industrielles. Ces abattoirs répondent aux normes techniques et hygiéniques requises et sont équipés en moyens de transport des viandes également en adéquation avec la réglementation en vigueur. La plupart d’entre eux procèdent à l’abattage et la préparation de poulet entier prêt à cuire.Certaines unités sont équipées en ateliers de découpe et d’autres ont déjà intégré les différents maillons de la filière (élevage, abattage, découpe, transformation et distribution). D’autres se sont spécialisées dans les viandes découpées destinées aux grandes surfaces et à la restauration collective, la viande hachée, les viandes congelées et même celles séparées mécaniquement. Toutefois, le volume traité par les unités modernes demeure très faible: à peine 40.000 tonnes/an. Ce qui représente un peu moins de 10% de la production totale. De ce fait, la capacité installée n’est utilisée qu’à raison de 15%. Du coup, environ 90% des volailles, en particulier le poulet de chair, sont abattus dans des tueries aux conditions d’hygiène lamentables. Dans la pratique, celles-ci sont généralement confondues avec les points de vente de volailles vivantes, l’abattage y est toléré sans être réellement autorisé. L’activité est aussi pratiquée dans des points de vente aménagés au niveau de certains marchés de gros de volailles ou dans des locaux aménagés par les municipalités dans les abattoirs de viandes rouges. «La situation est d’autant plus grave que les tueries de volailles procèdent, en plus de la vente directe au consommateur, à l’approvisionnement de la restauration collective sociale et commerciale (hôpitaux, cantines scolaires et universitaires, pénitenciers, hôtels et restaurants…», dénonce la profession. Pourtant, une circulaire conjointe des ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur oblige ces établissements à s’approvisionner auprès des unités agréées. D’où les appels incessants de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa) à faire appliquer la législation en vigueur. A commencer par la loi 49-99 relative à l’hygiène sanitaire des viandes. Ceci, en attendant la mise en application de la nouvelle loi sur la sécurité alimentaire et sanitaire qui est du ressort du nouvel organisme du même nom. Ce texte qui régit de manière globale la question de sécurité alimentaire doit entrer en vigueur en mars 2011. Et, le dispositif sera bientôt renforcé par la loi sur la protection du consommateur votée en juillet dernier par le Parlement. L’assainissement de la situation passe donc par le strict respect de la législation en vigueur. Orientation qui tarde à se traduire sur le terrain en dépit de l’avancement pris dans la mise en œuvre du contrat-programme liant la profession à l’Etat. Cette convention, faut-il le rappeler, couvre la période 2009/2013. Elle engage la Fisa et ses membres à réaliser des investissements évalués à près de 4,5 milliards de DH à l’horizon 2013. Cela concerne les structures de production, de commercialisation et de distribution des produits avicoles. A cette échéance, il était prévu de porter la production des viandes blanches à 500.000 tonnes et celle des œufs sera à 5 milliards d’unités. Objectifs qui seront atteints avant terme si l’on se tient aux réalisations enregistrées. Car, déjà en 2009, la production s’est établie à 440.000 tonnes et devait croître de 8% en 2010 si tout se passe normalement. Parallèlement, la consommation par habitant et par an passera pour les viandes de volailles de 12,1 kg à 14,7 et pour les œufs de 110 unités à 147. La part de la production de viandes de volailles traitée dans les abattoirs industriels avicoles représenterait 50% en 2013 contre 10% actuellement. De son côté, le gouvernement s’engage à mettre en place les mesures nécessaires pour la stricte application des dispositions réglementaires et des notes circulaires régissant le secteur avicole. De même qu’il doit financer un laboratoire dédié et un centre de formation avicole. L’Etat aura aussi à charge d’indemniser les éleveurs pour l’abattage des volailles pour cause d’épidémies ou de mesures de police sanitaire. Des campagnes visant la promotion de la consommation des produits avicoles seront également financées par les fonds publics. S’agissant des investissements, un montant d’un milliard de DH, sous forme de prêt sera assuré par le Crédit Agricole du Maroc (CAM). Le taux d’intérêt ne devrait pas dépasser 6%. Une aide financière égale à 3% des montants des investissements sera accordée aux projets ayant bénéficié du financement du CAM. A. G.

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