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    Economie

    Femmes et développement : L'attente de gestes politiques

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    Les débats, lors du colloque sur "la femme et le développement" organisé le 11 mars à Casablanca par la Fondation Maroc, ont coordonné les discours sexistes. Plus lucides, les femmes ont rappelé que l'amélioration de leurs conditions passe surtout par des mesures politiques et économiques.


    "Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un problème de femmes, mais plutôt d'hommes". Cette déclaration de notre confrère Khalid Jamaï, rédacteur en chef du journal L'Opinion, lors du colloque, résume la situation de la femme au Maroc.
    En effet, comme l'a également rappelé Mervet Badaoui, égyptienne économiste, lors de cette manifestation, le problème de la femme n'est pas seulement posé par l'éternel débat sur son égalité avec l'homme. Il s'agit aussi d'une question de répartition des ressources et donc de décisions politiques qui pour l'instant restent l'apanage de l'homme.
    Cette économiste faisait allusion à la situation de la femme dans les pays arabes, et cette problématique vaut donc aussi pour le Maroc. L'impact du politique sur la situation de la femme au Maroc, à travers les deux thèmes de l'emploi et de l'éducation, a d'ailleurs été un des principaux sujets débattus lors du colloque. La même tendance sera constatée lors des recommandations.
    S'agissant de l'emploi, les intervenants ont rappelé que la main-d'oeuvre féminine, représentée dans tous les secteurs, voit souvent ses droits omis. "Pour preuve, les lacunes qui persistent au niveau des salaires et des conditions de travail". Concernant les salaires, les intervenants ont précisé que "l'avantage comparatif du Maroc ne devrait plus reposer sur les bas salaires féminins".

    Réservoir de main-d'oeuvre

    Par ailleurs, les femmes ne sont pas épargnées par le chômage. "Considérées comme un réservoir de main d'oeuvre, elles sont les premières à être touchées par les licenciements". D'où l'intérêt d'une application plus stricte de la législation du travail et de la nécessité de mener des actions de sensibilisation des salariées sur leurs droits.
    Sur le plan de l'éducation et des conditions de vie dans le monde rural, la situation de la femme laisse également à désirer. S'agissant de l'éducation, rappelons que le Conseil économique et social du Fonds des Nations-Unies pour l'Enfance, dans son rapport sur le Maroc pour l'année 1996, avait déjà déclenché l'alerte. Le rapport rappelait que le taux d'alphabétisation des femmes atteint 32% en milieu urbain et seulement 10% en milieu rural.
    Pour les petites filles, les chiffres relatifs au taux de scolarisation sont nettement plus bas: 92% d'inscrites en première année du cycle primaire (en 1993), contre 58% en milieu rural. La situation est d'autant plus grave que la promotion du rôle politique de la femme passe par l'augmentation de son pouvoir économique et donc par l'accès à l'éducation.
    Par ailleurs, l'accent a été mis sur la situation de la femme dans le monde rural. Elle est certes la plus touchée par l'analphabétisme mais aussi par la difficulté d'accéder aux soins de santé. La proportion de femmes bénéficiant d'au moins une consultation prénatale n'est que de 18% en milieu rural contre 61% en milieu urbain.

    Accès aux ressources

    Parmi les recommandations les plus remarquées lors du colloque figurent celles de Jamaleddine Tebbaâ, professeur universitaire.
    D'après lui, l'amélioration de la situation de la femme au Maroc passe tout d'abord par l'adoption dune série de mesures d'ordre politico-économique qui consistent tout d'abord en l'adoption et l'application d'une stratégie de développement macro-économique pouvant répondre aux efforts des femmes dans la lutte contre la pauvreté. La révision des pratiques administratives est également nécessaire, avec pour objectif un accès plus large des femmes aux ressources économiques.
    Au chapitre des mesures politico-économiques à adopter, les incitations managériales ont également été évoquées. Elles doivent aller dans le sens d'un renforcement de la participation des femmes dans les associations professionnelles. Les deux autres recommandations proposées à ce niveau ont concerné d'une part l'accès des femmes aux fonds de financements internationaux et, d'autre part, la mise en place, au sein des structures professionnelles, de cellules de conseil juridico-économique.
    Des incitations réglementaires et sociales ont également été évoquées. Elles consistent en l'adoption d'un horaire de travail, adapté aux contraintes sociologique des femmes. Enfin, la valorisation du rôle de la femme doit également éviter toute forme d'exclusion: "L'adhésion aux ONG doit être élargie aux femmes travaillant dans les secteurs agricoles et informels". Au Maroc, ces ONG féminines sont au nombre de 35 en plus 300 ONG qui travaillent indirectement en faveur des femmes.

    Mohamed BENABID

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