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    Enquête

    Experts-comptables: Soutien gouvernemental

    Par L'Economiste | Edition N°:639 Le 16/11/1999 | Partager



    · Lahlimi: Pas de changement de critères d'admission à l'Ordre pour l'instant
    · 2ème congrès des experts-comptables: Un contrôle qualité, un mécanisme de conciliation avec les clients


    En quoi l'expert-comptable peut-il être le conseiller de l'entreprise? Dans quelles limites et par quels moyens? Tant d'interrogations qui se posent au moment où ce corps se prépare à affronter une responsabilité qui n'est pas des moindres, celle d'accompagner l'entreprise de sa création à sa maturité.
    Lors du 2ème congrès des experts-comptables qui a pris fin le week-end dernier à Fès, M. Fathallah Oualalou, ministre de l'Economie et des Finances, a souligné dans son message "la vocation spéciale de l'expert-comptable à conseiller l'entreprise". "Sa neutralité et sa position de confident" de l'opérateur le prédisposent à remplir cette mission. M. Lahlimi, ministre des Affaires Générales, a insisté sur cette vocation lors de son discours à l'occasion de la clôture des travaux du congrès.
    Ces derniers se sont articulés sous forme d'ateliers portant sur les différents champs que peut embrasser le conseil. Qu'il soit juridique, fiscal, comptable ou organisationnel, le conseil nécessite une préparation et une formation. Il est vrai que le caractère multidisciplinaire de l'expert-comptable l'apprête à assurer la mission de conseil. Cependant, dans certains domaines comme la finance ou encore la mise en place de système d'information, un effort de recyclage s'impose. Les ateliers ont fait ressortir en effet que, pour l'heure, des partenariats avec des corps spécialisés sont envisageables. Il n'en demeure pas moins que la promotion du conseil doit passer d'abord par l'adaptation du cursus du cycle de formation des experts-comptables.
    De même, la profession cherche à ce démarquer de la concurrence par la valeur ajoutée qu'elle peut apporter à ses prestations. L'unique garantie possible à ce niveau est le label qualité. "Il faut que les cabinets se soumettent à la certification ISO 9002", soutient M. Tijani Zahiri, président du Conseil Régional de Casablanca et Sud. L'impératif "qualité" est revenu dans toutes les recommandations des différents ateliers. Son expression doit être illustrée par la mise en place d'un organisme de contrôle de qualité au sein de l'Ordre.
    Mais avant tout, l'Ordre des Experts-Comptables est interpellé par ses membres afin d'intégrer la composante conseil dans sa stratégie globale. Nombreux sont en effet les experts qui ont mis l'accent sur le développement de la communication institutionnelle de l'Ordre. Ils n'ont pas manqué de démontrer que les compétences de l'expert-comptable sont mal connues: "Demander ce qu'est un expert-comptable, on vous répondra que c'est un professionnel de la comptabilité", soulignent avec humour certains professionnels.
    Cette réponse, bien que contenant une partie de vérité, reste réductrice. M. Abdelkader Masnaoui, président de la Commission Nationale de la Communication, a répondu à ces "reproches" en précisant que l'effort de communication de l'Ordre a été orienté pendant le premier mandat vers la consolidation des assises du corps des experts-comptables. Actuellement, la communication de cette institution devrait refléter ses ambitions: "Donner une image uniforme vers un marché hétérogène", explique M. Masnaoui. Une autre préoccupation s'ajoute au tableau: "L'Ordre perd son énergie à défendre sa sérénité, alors qu'il devrait l'investir dans sa mission", cette phrase (message) que M. Abdelaziz Al Mechatt, président de l'Ordre, a adressé au ministre des Affaires Générales parle de l'état d'esprit de la profession. Un état dont le fait générateur est le débat actuel sur l'amendement de la loi régissant l'Ordre. Mais bien avant, M. Lahlimi avait réitéré le soutien du gouvernement à cette institution. Jusqu'où ce soutien ira-t-il? Ça, l'avenir nous le dira.
    Le congrès de Fès a par ailleurs soulevé des questions relatives à la protection des clients ou des tiers. L'incompatibilité de la mission du commissariat aux comptes avec celle du conseil en fait partie. Bien que les limites sont fixées par la loi, la question reste entière.
    Selon M. Aziz Bidah, expert-comptable, "certaines missions ne peuvent affecter l'indépendance de l'auditeur légal". Parmi ces prestations, il a cité l'élaboration de procédures comptables ou toute mesure tendant à améliorer le contrôle interne, l'élaboration de manuels des principes et méthodes comptables Il va plus loin en se prononçant pour la restructuration des cabinets en réseau.. De cette manière, ces cabinets ont la possibilité d'exercer d'autres missions parallèlement à l'audit légal.
    D'autres interrogations ont concerné la gestion des conflits entre les experts-comptables et leurs clients. Dans l'atelier "conseil juridique et fiscal", l'arbitrage a été l'objet d'un débat houleux. Le caractère exécutoire des décisions d'arbitrage a soulevé des craintes, orientant ainsi la réflexion vers une procédure de conciliation. Celle-ci constituera la première étape dans la gestion du litige et peut déboucher en cas d'échec sur l'arbitrage. Encore faudrait-il que ce dernier soit prévu dans un cadre conventionnel liant l'expert au client.


    Stratégie commerciale


    Les compétences de l'expert-comptable sont, non seulement méconnues, mais sa stratégie commerciale reste faible. Il est vrai qu'il est interdit à la profession de faire de la publicité individuellement, mais à travers l'Ordre une promotion commerciale de la profession est possible. L'une des recommandations du congrès de Fès est d'adopter une stratégie commerciale agressive. Elle est d'autant plus nécessaire que le conseil représente un potentiel de croissance pour la profession. Selon les congressistes, l'audit légal représente au maximum 40% du chiffre d'affaires des cabinets. Il est appelé à régresser du fait de la migration de nombreuses SA vers des SARL.

    Khalid TRITKI

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