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    Economie

    Etre promoteur culturel au Maroc, pas si facile
    Par Hicham DAOUDI

    Par L'Economiste | Edition N°:3430 Le 23/12/2010 | Partager

    Dans le secteur de l’art et de son marché, la dernière décennie a été prolifique en événements variés. Il y a eu l’émergence de plusieurs scènes artistiques très riches. Du cinéma à la musique, et des festivals à l’art, il y a eu un «boom culturel» incroyable dont nous pouvons être fiers au Maroc. Cela est dû à trois facteurs majeurs, un renouvellement des talents artistiques sans précédent avec l’apparition aussi des premiers promoteurs culturels, une confrontation à la mondialisation, et l’avènement de Sa Majesté Mohammed VI plus enclin à promouvoir et favoriser la culture. Grâce à cela, nous avons pu vivre une expérience sans précédent au Maroc.Mais pour autant les problèmes des secteurs culturels sont loin d’être résolus. L’investissement réalisé jusqu’ici est allé vers un type d’événements qui ne participent pas ou pas assez à l’établissement d’une culture forte et durable.Les principaux problèmes restent visibles: détérioration irréversible, voire la disparition du patrimoine, absence d’infrastructures culturelles publiques et privées de haut niveau, vide juridique pour régir les différents secteurs de la culture, et point crucial la difficulté du financement de l’initiative culturelle privée au Maroc.Effectivement, être promoteurs de la culture dans notre pays n’est pas facile. Il faut avant toutes choses posséder des garanties avant de réfléchir à monter un quelconque projet. Et nombre de ces projets souffrent d’une méconnaissance de la part des institutions financières marocaines qui les assimilent à haut risque car novateurs au Maroc.

    Capter un public international
    Les dernières Assises du tourisme ont fait allusion à un nouvel axe de développement touristique à travers le Projet Patrimoine et Héritage. Et cela est une bonne chose en soit, si des PMI et PME investissent les monuments historiques délaissés et les dotent de véritables outils muséographiques capables de raconter une histoire aux meilleurs standards de qualité pour capter un public international consommateur de culture. En clair, il faudra investir lourdement dans le futur à l’heure du multimédia et des nouvelles technologies pour séduire les touristes du futur. Pour cela il faudra résoudre les problématiques de la concession des monuments historiques et du financement des initiatives privées culturels. A savoir comment faire pour qu’une municipalité, le ministère de la Culture et le ministère de l’Intérieur s’entendent pour accepter la concession d’un site classé au profit d’un promoteur qui l’exploiterait pour une durée de temps limitée contre sa remise à niveau selon un cahier des charges ambitieux et sur quelle base celui-ci pourrait-il emprunter de l’argent sans apporter toutes les fameuses garanties exigées des banques?Si cette équation pouvait être résolue, ce serait tout un pan de notre patrimoine qui serait sauvé et des milliers d’emplois qui pourraient être créés. Cet exemple en est un parmi tant d’autres des problématiques qu’il faudra dénouer dans le futur pour asseoir durablement une véritable industrie de la culture et permettre à celle-ci de rayonner à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Je pourrais citer le respect du droit d’auteur et la lutte contre les marchés informels dans le secteur du cinéma et de la musique, qui pénalisent nos artistes et leurs maisons de productions, mais nuisent aussi aux cinémas et aux théâtres marocains.
    Trois étapes essentielles
    Pour arrêter cette hémorragie il faudrait à terme réussir à ce que:- La chambre des élus se dote d’une commission culturelle capable d’examiner des propositions de lois et d’établir des comparaisons avec des modèles existants à l’étranger;- Le ministère de tutelle soit un ministère fort avec à sa tête de véritables gestionnaires de projets défendant une vision au profit de la nation et de l’économie marocaine. Il faut bousculer les anciennes habitudes et pratiques qui existent à l’intérieur pour mener des projets ambitieux et accompagner les promoteurs marocains;- La création d’un pacte entre entrepreneurs de la culture et organisme financiers pour le financement de leurs projets. Ces trois étapes sont aujourd’hui essentielles pour permettre à des gens de mieux vivre leurs cultures et de participer à son développement.Dire aujourd’hui que notre pays est capable de voir ce secteur se transformer, et connaître une dynamique générale est possible, mais uniquement si les moyens législatifs, et modèles de financements sont mis en place.Aussi créons un débat culturel et souhaitons qu’il puisse à terme exister aussi des assises de la culture pour prendre ce secteur et le transformer en véritable outil économique, bénéfique au rayonnement du Maroc.

    Génie créatif

    Alors que la culture est généralement considérée comme un secteur d’activité économique à part entière, dans les pays développés, elle coiffe habituellement les secteurs suivants: l’édition, le patrimoine, le marché de l’art, la musique, la danse, les spectacles, l’industrie du cinéma, l’artisanat et nombre d’autres métiers. Il est étonnant qu’elle ne soit pas le principal employeur au Maroc, ou la principale source de revenus de notre pays car nous possédons une richesse intarissable: le génie créatif.

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