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    Economie

    Espagne : M Aznar rassurant sur la politique méditerranéenne

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    Lors de son discours d'investiture, Aznar évoque sa future politique envers la Méditerranée et le Monde arabe.

    Une nouvelle étape de la démocratie espagnole a commencé cette semaine. Après treize ans de gouvernement socialiste, la Droite, incarnée par le Parti Populaire (PP), a pris la relève. Vainqueur des élections du 3 mars dernier, José Maria Aznar, président du PP, a reçu la confiance de la majorité absolue de la Chambre, samedi dernier, et a été investi des fonctions de Premier ministre. Le vote n'a réservé aucune surprise. Aux 156 votes du PP se sont joints ceux des trois nouveaux "alliés", les partis nationalistes modérés catalan (16 députés), basque (5) et canarien (4), dont Aznar avait négocié le soutien. Contre ces 181 votes en faveur du candidat du PP se sont élevées 166 voix -141 des socialistes, 21 des ex-communistes de la Gauche Unie et 4 des petits partis indépendantistes galicien, catalan et basque-. Le Parti régionaliste valencien (1) a préféré s'abstenir.
    "Mon gouvernement sera de centre et réformiste", a réaffirmé José Maria Aznar, samedi, au sortir de l'hémicycle où il venait d'être couvert d'applaudissements et de félicitations. Sous le regard ému des dirigeants du PP, José Maria Aznar, rayonnant, a souligné l'importance de ce jour: "non seulement pour moi mais aussi pour le PP qui est, pour la première fois depuis sa création il y a vingt ans, au gouvernement". Il a par ailleurs qualifié les pactes conclus avec les nationalistes de "rencontre historique". Sans précédents dans l'histoire d'Espagne, ces accords prévoient l'approfondissement de la régionalisation et son refinancement, notamment par le transfert aux communautés autonomes de compétences fiscales importantes.
    Le numéro un socialiste, Felipe Gonzalez, fut le premier à féliciter le nouveau chef de gouvernement. A peine les résultats de la votation annoncés, le secrétaire général du PS traversa l'hémicycle, et, tout en serrant la main de son successeur, lui souhaita "le meilleur". Gonzalez a confié à la presse qu'il se sentait personnellement "libéré", et qu'à l'avenir il mènerait une opposition "paisible, parfois ferme et critique tout en évitant les tensions". Dans la lignée de son discours, lors de la session d'investiture de vendredi, Gonzalez a assuré qu'il aiderait à la "gouvernabilité" et à la "stabilité" du pays.
    Aznar a tout mis en oeuvre pour que les formalités de la prise de pouvoir soient les plus rapides possible. Une édition spéciale du Bulletin Officiel de l'Etat a dû être publiée dimanche matin pour que la prestation de serment devant le Roi Juan Carlos puisse avoir lieu le lendemain du vote. Accompagné de son épouse, Ana Botella, il a ensuite pris officiellement possession de son nouveau bureau au Palais de la Moncloa où il installera bientôt sa future résidence. Les Aznar auraient souhaité continuer à vivre dans leur résidence actuelle mais il semble bien que les mesures de sécurité ne le leur permettront pas. Le déménagement aura lieu selon toutes probabilités après que les trois enfants aient terminé leurs examens.

    Le Méditerranée


    Mercredi a eu lieu l'ouverture solennelle des Chambres en présence du Roi. Mais le nouveau gouvernement n'a pas attendu pour commencer à travailler. Le premier conseil des ministres a eu lieu mardi.
    "Je souhaite que s'inaugure un nouveau style de gouvernement basé sur l'austérité, la transparence, le rapprochement vers les citoyens et surtout le dialogue; un dialogue constant et enrichissant avec les forces politiques et sociales", a déclaré Aznar lors de son discours d'investiture. Point par point, le leader du PP a égrené les principales tâches de son gouvernement, parmi lesquelles figurent l'approfondissement de la régionalisation et son refinancement; les réformes économiques et fiscales qui doivent permettre à l'Espagne de ne pas rater le "train de la convergence européenne"; la suppression du service militaire obligatoire et la professionnalisation d'ici 2001 des forces armées.
    Aznar a également évoqué la politique extérieure européenne et le rôle que l'Espagne entend jouer en la matière: "Nous défendrons en particulier la Méditerranée et l'Amérique latine, comme objectifs d'importance vitale pour la projection extérieure de l'Union Européenne; l'agriculture méditerranéenne et celle des régions moins développées dans la cadre de la PAC ainsi que nos intérêts en matière de pêche". Aznar a, par ailleurs, assuré sa volonté "de renforcer l'inaltérable amitié envers le Monde arabe" et a rappelé les conclusions de la Conférence de Barcelone: "l'Espagne est l'interlocuteur qualifié pour toute initiative de dialogue et de coopération dans cet espace géographique et culturel".

    Un gouvernement équilibré


    Parmi les "nouveautés" du gouvernement d'Aznar, on notera la réduction -pour des raisons budgétaires- du nombre de portefeuilles de 15 à 14, la création d'un Ministère de l'Environnement, l'augmentation de titulaires féminins (de 3 à 4) et "indépendants" (de 1 à 3). C'est ainsi qu'aux postes clés de l'Industrie, la Défense et la Justice, ont respectivement été nommés trois experts non membres du parti: Josep Piqué, homme d'affaires catalan influent, directeur de Ercros qui servira de "pont" entre les alliés catalans et le gouvernement; Eduardo Serra, déjà haut fonctionnaire sous les précédents gouvernements, et Margarita Mariscal de Gante, magistrat, membre de l'aile conservatrice du Conseil Général du Pouvoir Judiciaire.


    Pascale BOURGAUX,
    notre correspondante à Madrid
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