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    Enquête

    Enseignement supérieur privé : L'IMM allonge sa prépa

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    Une école privée de management lance un nouveau projet pédagogique. Un cursus bac+5 et une classe préparatoire de deux années. Il s'agit d'entrer dans les standards internationaux.


    C'est dans une grande salle archicomble que les promoteurs de l'Institut Marocain de Management ont expliqué les grandes lignes de leur projet pédagogique pour l'année 96/97. Cet afflux sans pareil pour une simple séance d'information sur le système d'enseignement d'une école est pour le moins étrange. Un effort de communication à large échelle et la curiosité en sont peut-être à l'origine.
    Les nouveautés de ce projet pédagogique s'articulent autour de deux axes: l'adoption du cursus bac+5 pour le cycle de management et la création d'une nouvelle filière en finance.
    Le cursus Bac+5 se fera en portant la classe préparatoire d'un an à deux années. "La classe préparatoire d'une année n'était pas assez attractive. Portée à deux années, la prépa peut être l'équivalent du DEUG et permettre aux étudiants plus de débouchés", souligne M. El Ouazzani, nouveau directeur de l'IMM. Ces classes préparatoires au Haut Enseignement Commercial (HEC), d'une durée de deux années, permettront la préparation au concours des grandes écoles de commerce françaises et de l'IMM et l'obtention d'un diplôme facilitant la poursuite d'études en second cycle au Maroc et à l'étranger. "Mais il ne faut pas être trop confiant dans ce sens, les universités marocaines restent fermées aux diplômés des écoles privées. Aucune convention n'existe à ce niveau", remarque un parent d'étudiant. L'inverse est souvent possible. Les étudiants ayant le niveau de passage à la licence peuvent intégrer directement sur test la dernière année d'une école privée et se retrouvent en même temps diplômés de l'université et d'une école privée.

    Un système calqué sur le système français

    Ces innovations s'inscrivent dans le souci d'adapter le système d'enseignement de l'IMM aux changements qu'ont connus les écoles françaises de commerce. "Ce n'est pas l'intérêt pécuniaire qui est recherché par l'école, mais surtout la promotion de la qualité de l'enseignement. La classe préparatoire, particularité de l'IMM, n'est pas forcément réussie par les étudiants. Le taux d'échecs peut aller jusqu'à 50%", avance un professeur de l'institut. Selon les promoteurs de cette école, le renforcement des connaissances générales des étudiants et la consolidation de leurs méthodes de travail et de leur capacité d'expression constituent les principaux objectifs poursuivis par cette formation. "A ce niveau, l'enseignement de la langue française figure au premier plan dans notre enseignement". Ce cycle de formation, qui est ouvert aux bacheliers sur test écrit et entretien, est sanctionné par un certificat aux hautes études commerciales.

    Le management puis la finance

    La deuxième innovation concerne la création d'un cycle de formation en finance. C'est une formation d'une durée de deux ans conçue sur le modèle du DESCF. Elle est accessible aux lauréats des classes préparatoires et aux diplômés Bac+2 et constitue une formation en finance en amont du cursus national de l'expertise comptable.
    Et puis vient le cycle supérieur de management qui est ouvert également aux étudiants des classes préparatoires et aux diplômés Bac+2. La durée des études est de trois ans et le diplôme, qui est organisé en étroite collaboration avec l'ESCP, Ecole Supérieure Commerciale de Paris, facilite l'accès aux Masters ESCP. "En fait, ce diplôme offre seulement l'équivalence. L'entrée dans l'ESCP dépend ensuite de la valeur de l'étudiant", souligne Mme de Chantérac, directeur général de l'ESCP.
    Ce nouveau projet pédagogique a pour "mission, explique M. El Ouazzani, de former des cadres et dirigeants de haut niveau en management et porteurs de valeurs fondées sur la moralité et l'intégrité personnelle". Le but, précise-t-il, est de réhabiliter la primauté de la pédagogie, "la formation devant être perçue comme un investissement et non comme une charge".

    "Pour accompagner ces innovations, le conseil d'administration a adopté des recommandations, notamment le renforcement des liens avec la Chambre de Commerce de Casablanca, l'intensification de la collaboration avec l'ESCP et un large partenariat avec l'entreprise". Plus de 30 entreprises sont associées avec l'école. "Ces entreprises, si elles reprennent nos étudiants, ce n'est certainement pas parce qu'elles font partie de l'école, mais grâce à la qualité de nos diplômés", défendent les responsables de l'école, "les deux promotions sorties jusqu'à présent ont à 80% trouvé du travail".
    "L'IMM, une institution créée en 1990, n'est pas très connue", reconnaît Mme de Chantérac. C'est normal, précise-t-elle, "mais je peux assurer que d'ici vingt ans elle aura pignon sur rue et sera la première école au Maroc, grâce à la qualité de son enseignement et à son souci de l'éthique et de la moralité ".

    Malika EL JOUAHRI


    ESCP/IMM

    Histoire d'un accord


    L'ESCP, Ecole Supérieure de Commerce de Paris, la plus ancienne des grandes écoles de gestion françaises et européennes, est le partenaire de l'Institut Marocain de Management. Mme Véronique de Chantérac, directeur général de l'ESCP, venue au Maroc à l'occasion de la présentation du nouveau projet pédagogique d'IMM, est satisfaite de son soutien pour une école qu'elle considère comme le prolongement du savoir-faire français.
    "Des actionnaires marocains ont décidé en 1989 de monter cette affaire de l'IMM parce qu'ils ont senti un besoin au Maroc d'une institution de ce type ont convaincu leurs prédécesseurs de les aider. Alors est né un accord de partenariat", rappelle Mme de Chantérac qui n'a pris en charge la direction générale d'ESCP qu'en 1989. "Pourquoi avec l'ESCP? Parce qu'ils sont allés vers l'école de commerce la plus ancienne qui a un savoir-faire a fortiori".
    Le concours d'entrée à l'IMM est organisé par l'ESCP. Les sujets sont préparés et les copies corrigées à Paris. L'examen final se fait sur la base d'une épreuve proposée et corrigée par l'ESCP. "C'est donc un accompagnement fort dans les moments clefs, mais qui a le souci de laisser à l'IMM une identité. Elle n'est pas la filiale de l'ESCP au Maroc. Avec les promoteurs de l'affaire, nous avons aidé à mettre en place un cycle d'études qui réponde à nos sens des exigences d'une école de ce type".

    En 1995, il y a eu des modifications dans la composition du capital de l'IMM ainsi que dans le partenariat. L'IMM est présidé par la Chambre de Commerce de Casablanca. Cette dernière a passé un accord-cadre avec la Chambre de Commerce parisienne à laquelle appartient l'ESCP. "Ce ne sont plus seulement l'IMM et l'ESCP qui sont partenaires mais ce sont les deux chambres qui leur permettent de travailler ensemble".
    Quant à l'apport de l'IMM dans cette coopération, Mme de Chantérac précise qu'il est modeste. "Nous avons des choix, notamment politiques, parce que nous croyons à l'importance d'avoir une formation de ce genre et la présence d'un type d'enseignement pédagogique".
    L'ESCP propose quatre grands programmes de formation: ESCP, Masters spécialisés, ESCP Senior, MBA part time ESCP. L'ESCP a une stratégie qui s'organise autour de deux axes: un maillage économique mondial (dont 33 accords avec des universités de renom) et une stratégie d'alliance européenne. Cette alliance, qui regroupe 8 institutions européennes, permet aux étudiants de suivre un cursus sanctionné par un diplôme.

    Malika EL JOUHARI.

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