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    Economie

    Enseignement : Faute d'innovation, accumulation de chiffres

    Par L'Economiste | Edition N°:148 Le 06/10/1994 | Partager

    La rentrée scolaire et universitaire intervient sans innovations majeures. Il faut surtout faire du chiffre, sous la pression de la démographie. Les réformes sont renvoyées à la commission ad hoc.

    Des chiffres, encore des chiffres, mais rien que des chiffres. Le ministre de l'Education Nationale, à défaut d'innovations pédagogiques, en étale devant la presse et ses haut fonctionnaires, austère comme un maître qui s'apprête à administrer une fessée à toute la classe.

    L'Education nationale continuera, pour cette rentrée, sa fuite en avant vers le chiffre, la quantité. Ce n'est pas un choix, mais une conséquence de la pression démographique qu'il faut bien suivre.

    Mais il faut bien donner quelques "comptes", d'autant plus que le MEN absorbe 22,58% du Budget de l'Etat, et que le niveau est "en baisse" aux yeux de l'opinion publique. "Pas du tout, rétorque M. Knidri, le niveau est bon, et une évaluation de l'enseignement sera menée avec l'UNESCO". Ce sera le premier examen d'un système qui en organise tant pour les autres. Même le chômage des diplômés n'est pas accepté comme une indication de défaillance du système d'éducation; "la responsabilité incombe aussi au marché du travail", rappelle le ministre qui remet les grandes réformes à une autre rentrée, en attendant les recommandations de la commission ad hoc.

    Gratuité

    Pour l'enseignement des langues berbères, la décision est prise, mais nul n'en connaît les modalités. "La réflexion est en cours" pour savoir s'il sera obligatoire ou en option, et comment il faudra former les maîtres. Par ailleurs, la remise en cause de la gratuité inquiète. "A ce jour, mais c'est encore le principe du MEN", rassure le ministre.

    Reste le petit spot publicitaire qui appelle les paysans à inscrire leurs enfants à l'école, et qui constitue la seule petite curiosité de la rentrée. Il était admis que le taux de scolarisation dans les campagnes était faible faute d'écoles. Désormais, il y a des places disponibles, il n'y aurait plus qu'un problème de sensibilisation. En plus de l'instruction générale, les enfants des campagnes recevront une instruction utile à leur vie et leur milieu en coordination avec la formation professionnelle. Les petites filles qui y constituaient 32% des inscriptions y constituent désormais 42%.

    Le MEN prévoit ainsi avant l'an 2000 la scolarisation à 100%, alors qu'elle n'est aujourd'hui atteindre que dans les villes.

    Un autre thème tout aussi passionnel est celui de la langue d'enseignement. Comme il n'y a plus rien a arabiser, le débat semble clos. En revanche, "il faut reconnaître un déficit en français et revoir la pédagogie, la formation des professeurs, le livre", affirme M. Knidri, réfutant toute difficulté d'adaptation de la première génération des "scientifiques arabisés" qui arrivent dans des écoles et facultés où règne le français.

    Pourtant, quand ils quittent le pays, ce n'est pas vers la France que se dirigent les nouveaux bacheliers, mais vers les pays de l'ex-URSS, grand Eldorado.

    Au point d'inquiéter quelques corps constitués sur le prestige du diplôme, comme les pharmaciens et les médecins, "ceux qui vont étudier hors des conditions requises par le Maroc, c'est-à-dire sans bac, perdent leur temps. Le MEN et l'Etat marocain se réservent les droits de vérifier la validité du diplôme", annonce le ministre.

    La seule innovation annoncée est celle du système d'U.V. (Unité de Valeur) qui fait ses preuves depuis des dizaines d'années en Amérique et en Europe.

    L'année universitaire longue et chargée serait remplacée par des packages de 12UV-matières, que 1'étudiant acquiert pour décrocher une licence ou même accéder à d'autres facultés. Les filières sans succès sur le marché du travail seront supprimées sur décision ministérielle. Ce sera, enfin, le règne de l'efficacité.

    L'université se "démocratise" au vu de ses effectifs (250.000 étudiants) et de son implantation. Ce n'est plus le privilège de Rabat et Casablanca, ni même des grandes villes. Elle atteint Settat, Béni-Mellal et Errachidia. Néanmoins, des facultés affichent des chiffres qui laissent imaginer des amphis bondés: les Fac de droit, Casablanca (18.000 étudiants), Rabat (16.000), Fès et Marrakech (16.000) battent les records.

    La rentrée en bref

    La recherche: L'université renferme le plus grand potentiel de recherche du pays. Tous les enseignants universitaires (8.076) sont en principe des chercheurs de par leurs statuts. Le MEN se satisfait des résultats tout en reconnaissant qu'ils sont trop orientés vers la recherche fondamentale et académique.

    La recherche doit être réorientée: un cadre légal sera donné pour que les chercheurs travaillent par contrats-programmes avec les entreprises. Ils seront libres de gérer leurs dépenses. Ceux qui produiront auront une promotion plus rapide.

    L'état des établissements: Vitres cassées, bancs délabrés... Les écoles sont tristes. Mais 150 millions de Dirhams sont consacrés à l'entretien, affirme le ministre.

    Les cités universitaires: 31.000 étudiants habiteront les cités U. cette année. L'effectif total atteindra presque 250.000. Le taux (12%) approche ceux d'Europe. Les universités sont installées dans les grandes villes, de sorte que la plupart des étudiants habitent avec leur famille, rappelle le ministre. Les cités serviront 7,5 millions de repas cette année. Le taux de bourse de 430DH/mois n'a pas varié depuis quelques années.

    La sélection: Ce n'est pas le grand thème. Il est évité, jamais abordé de front. La sélection intervient à grande échelle entre le 2ème cycle fondamental et le secondaire.

    Placée à ce niveau, et non plus au primaire, elle permet de laisser le plus d'enfants possible à l'école jusqu'à 14-15 ans. Les taux de déperdition en cours d'études universitaires ne sont pas révélés.

    Les effectifs de la rentrée:
    1er cycle fondamental (6 ans)

    -3.091.814 écoliers et 99.998 instituteurs (soit 31 élèves par maître en moyenne)

    2ème cycle fondamental (4 ans)

    -941.894 collégiens et 48.500 professeurs (soit un professeur pour 19 élèves)

    Secondaire (3 ans)

    -395.507 lycéens et 28.500 professeurs (soit 1 professeurs pour 14 lycéens, chaque enseignant assurant plusieurs classes).

    Supérieur

    245.925 étudiants et 8.076 enseignants (1 professeur pour 30 étudiants).

    Le budget: L'enseignement absorbe 22,58% du Budget de l'Etat, soit presque 15 milliards de Dirhams. 82% du Budget va au primaire et secondaire, 18% au supérieur.

    De nouvelles facultés "sciences et techniques" s'ouvrent à Béni Mellal, Errachidia, Mohammadia, Settat. Une Ecole Nationale de Commerce et de Gestion fonctionnera à Settat et Agadir.

    La Faculté de Droit de Rabat est scindée en 2 unités.

    Khalid BELYAZID

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