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    Economie

    Enfant roi, oui mais… où?

    Par L'Economiste | Edition N°:2175 Le 20/12/2005 | Partager

    . Une étude de l’Espace associatif montre le gap entre discours et pratique. Le rôle des associations: Plus de survie que de stratégie. Partenariats Etat-ONG encore trop fragilesSurvie, éducation, santé et participation figurent parmi les quelques droits de l’enfant. Ces acquis étaient exposés lors du Forum national sur «l’action associative et droits de l’enfant au Maroc: priorités et stratégies», qui s’est tenu le week-end dernier à Rabat. L’événement était organisé par l’Espace associatif, en partenariat avec l’Unicef et l’Organisation britannique «Save the children». C’était aussi l’occasion de présenter une étude réalisée par l’Espace associatif: «Droits de l’enfant et action associative au Maroc: éléments d’analyse et axes d’intervention»(1).Pour Othman Makhon, secrétaire général de l’Espace associatif, «tous les indices socioéconomiques relatifs à la situation de l’enfance au Maroc indiquent que celle-ci demeure très préoccupante. Le nombre d’enfants qui ont l’âge requis et ne peuvent avoir accès à l’école, dépasse les deux millions». «Or, tout le monde insiste sur le fait qu’un Etat de droit ne peut se faire sans l’école et le droit à l’enseignement», note Makhon. Au Maroc, une large catégorie d’enfants est privée manifestement de ces droits. Il va sans dire qu’il ne suffit pas de promulguer la Convention des droits de l’enfant (CDE) et de l’intégrer dans l’arsenal juridique du Royaume pour dire que le Maroc respecte effectivement ces droits. A noter que cette étude s’est basée sur une synthèse de plusieurs débats menés par des militants dans divers secteurs et domaines associatifs et des droits humains(2). L’étude présente donc quatre chapitres consacrés au droit à la survie, droit au développement (éducation, information et loisirs), droit à la participation et à la protection contre la maltraitance, l’exploitation et la violence. Mais quel est donc le rôle des associations dans ce domaine?D’après les résultats de l’étude, des milliers d’associations oeuvrant essentiellement ou partiellement dans le domaine de l’enfance, à travers le pays, agissent sur le terrain. Mais elles ne se considèrent pas «comme étant des éléments de l’ensemble que constitue le mouvement associatif». «Les actions, les expériences, les programmes sont spécifiques et ne s’inscrivent pas dans une perspective globale issue d’une vision commune», indiquent les auteurs de l’étude.Ils relèvent même que l’approche axée sur les droits de l’enfant est quasiment inexistante. A travers les ateliers, des intervenants ont mis en exergue certains des obstacles qui contribuent à l’absence d’un mouvement associatif «droits de l’enfant». L’Onde par exemple était censée jouer le rôle d’un observatoire au sens propre du terme (collecte de données, analyse de situations des droits de l’enfant, plaidoyer). Cette structure se voulait autonome et accessible. Mais ce ne fut pas le cas. De même, la mainmise des partis et de l’Etat explique les orientations et les approches adoptées dans le passé. Le financement public de nombreuses associations et le rôle des instances locales dans le financement des associations expliquent que certaines ONG développent des stratégies de survie et non pas le développement de leurs approches et stratégies. Les ONG, particulièrement dans le domaine de la santé, sont des prestataires de services répondant à des besoins au lieu d’accompagner/renforcer les capacités des populations pour revendiquer des droits, précise le rapport. D’autres intervenants ont relevé la difficulté de mettre en adéquation le droit à la participation et l’intérêt supérieur de l’enfant, surtout quand ce dernier s’oppose à l’intérêt de ses parents ou des personnes ayant autorité sur lui. Il s’agit d’atteindre un équilibre entre la prise en compte de l’opinion de l’enfant et l’intérêt supérieur de l’enfant, tout en prenant garde de ne pas tomber dans les extrêmes: «enfant roi» ou «enfant soumis à tutelle». Cependant, il est à noter une évolution positive vers l’approche basée sur les droits, mais cette prise de conscience est souvent individuelle et non pas institutionnelle (ONG), rapporte l’étude. Le document soulève aussi que les partenariats Etat-ONG sont encore mal structurés et ne sont pas régis par des cahiers des charges ou conventions régulant les engagements des deux parties. En matière de réseautage et de plaidoyer, les associations oeuvrant dans le domaine de l’enfance gagneraient à s’inspirer de celles qui travaillent dans le domaine des droits de la femme.


    Quelques chantiers urgents

    - Plaidoyer pour des lois et politiques publiques fondées sur l’approche droits de l’enfant - Plaider pour la création d’un comité de suivi de la mise en œuvre et d’évaluation du plan d’action national de l’enfant - Avancer des propositions pour la refonte du code pénal - Saisir l’opportunité que présente le programme mondial pour l’éducation aux droits de l’homme (annoncé par l’ONU). Celui-ci consacre les années 2005-2006-2007 à l’enseignement scolaire pour faire le plaidoyer en faveur d’une école respectueuse des droits de l’enfant - Avancer des propositions pour un plan d’action national d’éducation aux droits de l’homme (y compris les droits de l’enfant et de la femme)- Travailler sur les normes et standards de fonctionnement des centres pour enfants (commission de contrôle, composition, les profils…)- Travailler sur la proposition de création d’une institution publique autonome «Unité de protection de l’enfant». Il s’agit plus particulièrement d’avancer des propositions en concertation avec les concernés (enfants) sur le mandat, la composition, la localisation institutionnelle, les mécanismes de contrôle, etc.


    Responsabilité partagée…

    Il ressort de l’étude que c’est à la famille qu’incombe la responsabilité de répondre à tous les besoins de l’enfant (survie, développement, éducation et bien-être, etc.). Si elle est déficiente, l’Etat doit prendre le relais. L’Etat doit en outre développer une réelle politique de l’enfance (harmoniser la législation avec la CRE et l’appliquer, élaborer des mécanismes et des outils de suivi de la situation de l’enfance et améliorer et développer des services pour faire face aux enfants victimes d’abus). Tous ceux qui interviennent dans le domaine de l’enfance doivent observer et écouter l’enfant, répondre à ses besoins pour les activités qu’ils encadrent. La société civile doit promouvoir la cause et la protection de l’enfance, plaider, sensibiliser et renforcer les compétences des intervenants. Enfin, chacun doit considérer et traiter l’enfant comme un acteur social à part entière, le connaître et définir, avec sa participation, ce que doit être la qualité de sa vie. Fatim-Zahra TOHRY--------------------------------------------------------------(1) Cette recherche est réalisée et publiée avec l’appui de Save the Children UK et l’Unicef.(2) Najat M’Jid (Le droit de l’enfant à la survie); Amina Lemrini (Le droit de l’enfant au développement); Michèle Zirari (Le droit de l’enfant à la protection contre la maltraitance, l’exploitation et la violence); Rabéa Naciri (Le droit de l’enfant à la participation).

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