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Emploi & Carrière
Moins de grèves mais plus de grévistes

Par L'Economiste | Edition N°:2174 Le 19/12/2005 | Partager

. L’effectif des grévistes a augmenté de 74% au premier semestre. Baisse des journées de travail perdues. 180 millions de dirhams récupérés par les salariésSans aucun doute, la grève est un moyen extrême. Elle n’est acceptée que quand toutes les voies sont épuisées. Ce qui n’est pas toujours le cas surtout en l’absence d’une réglementation. Pour les neuf premiers mois de l’année, l’inspection du travail a recensé 104 grèves contre 132 l’année dernière. Le nombre de journées non travaillées a baissé de 39%. Il s’est établi à 56.225 journées de travail perdues contre 92.904 en 2004. Mais bien que moins nombreuses et moins longues, les grèves sont plus mobilisatrices: l’effectif des grévistes a augmenté de 74% au cours de ce premier semestre. L’on serait tenté d’imputer ce recul du nombre de conflits sociaux à l’entrée en vigueur du code du travail. Or il n’en est rien. Il est vrai qu’une procédure de conciliation est prévue par le code, mais celle-ci se heurte à des difficultés d’application. Ce sont donc les commissions de conciliation régionale qui prennent la relève. Au cours de ce premier semestre, ces instances qui fonctionnent toujours selon l’ancienne législation du travail ont eu à statuer sur 36 conflits dont 16 seulement ont été réglés.Cette tendance à la baisse des conflits dans le secteur industriel, commercial et les services est également attribuée au changement intervenu dans les rapports entre salariés et employeurs. En effet, les accords sociaux conclus entre les syndicats, patronat et gouvernement ont contribué à détendre le climat social. . Le cas General Tire est toujours dans les mémoiresMême en l’absence d’une loi sur la grève, de bonnes pratiques se sont développées: un préavis est généralement observé et des discussions sont menées avant que les travailleurs ne passent à l’acte, notent des observateurs. Dans la majorité des cas, un service minimum est assuré. De même, les nombreuses fermetures d’usines et les pertes d’emplois engendrées par les grèves sauvages ont fini par servir de leçon. Dans le textile par exemple, les occupations d’usines avaient fini par casser l’investissement et des milliers de salariés se sont retrouvés sans emploi. Le recours à la grève a même été suicidaire dans certains cas: la faillite de General Tire avec ses centaines d’employés qui se sont retrouvés brutalement sans travail est toujours dans les mémoires.Les temps restent donc durs pour les entreprises qui doivent donc faire face aux contrecoups des grèves: livraisons perturbées, contrats non honorés, par ricochet, impact sur le chiffre d’affaires et, partant, difficultés à verser les salaires à… ces mêmes grévistes. Ce qui est pénalisant avec la mondialisation et la concurrence à l’export. Les grèves déclenchées sans préavis mettent l’entreprise à genoux. Pour éviter les mauvaises surprises, la CGEM est pour une réglementation rapide du droit de grève. C’est même la condition sine qua non à l’application des dispositions de la législation sociale et à la paix sociale.


Et les conflits individuels

180 millions de dirhams, c’est le montant récupéré par les salariés du secteur industriel, des services et du commerce à fin septembre 2005. Il englobe les congés non payés et les indemnités de licenciements dus par les patrons. Ce montant a été récupéré suite à la médiation des inspecteurs du travail dans des conflits individuels. Durant les neuf premiers mois, 28.573 conflits individuels ont été recensés contre 24.411 à la même date de l’année dernière. Sur 67.757 réclamations, 37.229 ont été satisfaites et 3.579 salariés ont réintégré leurs emplois.Dans le secteur agricole, faiblement couvert par cette inspection, les salariés ont pu récupérer 1,79 million de dirhams. Khadija MASMOUDI

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