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    Enquête

    Elections: les syndicats rompent le statu quo

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Les élections des représentants du personnel ont révélé la fragilité de l'entente syndicale. La forte politisation de ces échéances en est la principale cause.


    La bagarre fait toujours rage entre l'UMT et la CDT. Chaque syndicat crie victoire par déclara-tions et autres communiqués interposés. Ces hostilités culminent avec les premiers résultats des élections des représentants des salariés. Ceux du secteur privé sont distillés parcimonieusement en attendant leur publication officiel-le.
    Pour le secteur public et semi-public, il faudra attendre le vendredi 3 octobre. La prudence est donc de rigueur: les estimations des résultats des élections dans le secteur bancaire auront concerné pour l'instant environ 258 sièges, soit 472 délégués du personnel (titulaires et suppléants). Selon l'Union Syndicale Interbancaire (USIB-UMT), la centrale a remporté 158 sièges, soit plus de 62% de l'ensemble. Les Sans Appartenance Syndicale (SAS) auraient remporté 41 sièges et le Syndicat National des Banques, affilié à la CDT, 39 sièges. Ces chiffres concernent les banques signataires de conventions collectives avec le Groupement Professionnel des Banques du Maroc.

    L'élection au sein de la CNCA est également prévue pour le 3 octobre. Il est à signaler que le score de la CDT pourrait augmenter puisque ce syndicat est fortement implanté à la CNCA.
    Cette première position de l'UMT semble se vérifier également dans plusieurs entreprises struc-turées. Ainsi le syndicat serait majoritaire dans plusieurs secteurs dont l'imprimerie, les huileries, les minoteries et la métallurgie, à en croire un cadre de la centrale syndicale. La CDT déclarait ne pas disposer encore de résultats à l'heure où nous mettions sous presse.
    L'UMT ne manquera pas de caracoler en tête, puisque la centrale de M. Mahjoub Ben Seddik est la seule à présenter des listes de candidats dans plusieurs Offices. A l'ONE, «les listes de candidatures sont à 100% UMT», indique un responsable. Ce dernier affirme que les listes de la CDT n'ayant pas réuni le quorum requis pour le dépôt de candidatures. Il assure que le vote sera gagné à 100% à l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail.

    Cas de force majeure


    Cette tendance devra être confirmée également à la CNSS où sur les 606 délégués à élire, seules les listes de l'UMT sont présentes. Les 3 listes de la CDT sur l'ensemble des catégories n'ont pas été validées. Deux raisons sont avancées: les demandes des délégués n'étaient pas signées et le remplacement des candidats ayant désisté n'est valable qu'en cas de «force majeure».
    A la Caisse, la CDT se présente pour la première. Ce geste est considéré comme une tentative de percée avortée dans le fief de l'UMT qui vient de vivre ce genre de conflits également à Kénitra et à Rabat. La CDT a dénoncé l'implication de responsables administratifs de la CNSS comme étant l'auteur de pression à l'encontre de candidats pour les pousser à se rétracter.
    La Direction Générale de la Caisse a tenu à manifester toute la neutralité et à rester en dehors des conflits de chapelle en se limitant à l'application de la législation.
    Si l'emprise de l'UMT sur la Caisse est totale, il sera difficile de mesurer le poids de la centrale de M. Mohamed Noubir Al Amaoui.

    Ce qui est sûr, c'est que les votes nuls et les taux de participation fourniront les contours de la réalité au sein de la Caisse.
    Curieusement, le modus vivendi entre les différents syndicats qui se ménageaient leur places fortes a pris fin. Aujourd'hui, une brusque tension mine leurs relations. L'enjeu est politique. Nombre d'observa-teurs soutiennent que le contexte politique incite les syndicats à être plus offensifs, au point que ces élections ont pris une autre dimension. D'ailleurs, chaque parti a créé son propre syndicat afin d'accéder au Conseil régional et à la deuxième Chambre.
    La CDT a décidé de se retirer de la Commission Nationale du Suivi des Elections à l'issue d'une réunion extraordinaire de son Comité Exécutif. Par ce geste, elle compte protester contre les agissements et les violations qui ont jalonné la préparation de ces élections et augmenter la pression sur les pouvoirs publics.

    Mohamed CHAOU.

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