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    Politique

    Elections, INDH, islamisme, terrorisme…
    Les dossiers chauds de Benmoussa

    Par L'Economiste | Edition N°:2419 Le 11/12/2006 | Partager

    Le ministère de l’Intérieur organise dès demain, la Rencontre nationale des collectivités locales. Un important rendez-vous, qui permettra de dresser faire le point sur la Charte communale et de procéder à quelques recadrages. Ce n’est certes pas l’unique dossier prioritaire de Chakib Benmoussa. Dans cet entretien, le ministre de l’Intérieur se prête au jeu des questions-réponses sur les enjeux du moment : élections, INDH, terrorisme…. L’idéologie d’Al Adl Wa Al Ihssane est subversive. Mes rapports avec Ali Al Himma. L’Economiste: Vous organisez à partir de demain la Rencontre nationale des collectivités locales. En dépit de la réforme de 2002, la Charte communale a montré ses limites. Quelles sont les modifications que vous comptez apporter? - Chakib Benmoussa: Cette rencontre, qui est placées sous la présidence effective de Sa Majesté le Roi, sera l’occasion de faire le bilan de 30 ans d’application de la Charte communale. Mais aussi de donner une nouvelle impulsion à la décentralisation. Elle abordera bien sûr les questions de gouvernance des villes et particulièrement des villes unifiées; et aussi des questions de gestion de services publics et de croissance maîtrisée de nos villes. Plusieurs pistes ont d’ailleurs été identifiées lors des réunions régionales. Par exemple, sur le registre de l’unité de la ville, des circulaires explicatives s’avèrent nécessaires pour préciser la mise en oeuvre des concepts de proximité et de police administrative communale. La question du fonctionnement et d’une meilleure répartition des ressources et des dotations globales doit être traitée. Il s’agit également de clarifier, ou d’amender, certaines dispositions de la Charte, notamment en matière d’urbanisme. Le même exercice sera appliqué pour la gestion des services publics.. Actuellement, des villes et des régions commencent à émerger, comme Marrakech ou Tanger par exemple. Mais, cette dynamique reste timide. Que faire pour accentuer le marketing des villes? - L’effort de développement entamé concerne la quasi-totalité des régions. Toutes ont effectué des diagnostics stratégiques, identifié des priorités et initié des programmes d’actions à même de faire converger l’ensemble des acteurs. La région du Sous-Massa par exemple dispose d’un plan établi avec des bureaux d’études internationaux et validé par les structures régionales. Ce plan constitue un outil de travail permettant de définir les priorités. Le marketing de la ville est un sous-produit de ce programme. L’Oriental, Casablanca et le bipôle Fès-Meknès connaissent la même dynamique. Une très forte émulation entre les régions et les grandes villes est enclenchée. Evidemment, toutes les villes et régions n’évoluent pas à la même vitesse. La question est de savoir renforcer et accélérer la cadence. Cela passe par la résolution de problèmes. A commencer par la déconcentration, le transfert des compétences vers la région, un espace de développement intégré.. Quel est l’impact des projets INDH sur la population? - Un observatoire est mis en place auprès du Premier ministre pour évaluer les retombées réelles de ces projets sur les populations et sur le développement humain recherché. Les indicateurs de santé, d’éducation et de revenus seront interrogés en permanence. Nous sommes dans un système où tout le monde apprend. Il n’y a pas de formule magique. En revanche, il y a des mécanismes, avec des garde-fous et des évaluations systématiques qui permettent de tirer les enseignements et d’apporter les corrections nécessaires. . Un transfert des procédures INDH au niveau de la gestion des communes serait-il possible? - Beaucoup de communes nous interpellent à ce titre. La souplesse des mécanismes et procédures de l’INDH n’existe pas dans la gestion des communes. Ce transfert est possible. Et je suis convaincu que l’INDH apporte des solutions dont l’administration peut s’inspirer dans son fonctionnement. . Qu’en est-il du risque de récupération politique de cette initiative à l’occasion des campagnes électorales ou de la course à la création d’associations pour profiter de la manne financière des projets de l’INDH? - Si c’est dans le sens noble de la politique, nous aurons répondu à l’un des objectifs de l’INDH, à savoir améliorer le quotidien du citoyen. S’il s’agit de récupérations personnelles, les instruments déjà en place permettront d’éviter les dérives. Nous restons vigilants. Quant aux associations, les conditions d’appel à projet constituent en eux-mêmes des garde-fous. À titre d’exemple, toute association intéressée doit avoir existé depuis un certain temps et avoir réalisé des projets. . Sur le chapitre du code électoral, l’objectif de lutter contre la balkanisation sera-il atteint? - Le mode de scrutin ne peut, à lui seul, régler l’ensemble des problèmes. C’est un des outils qui doivent tous converger pour atteindre cet objectif. La loi sur les partis en est un. L’engagement des partis et des alliances qui peuvent se créer, en dehors de toute pression légale, est également un levier important. . Les craintes se font de plus en plus sentir sur le taux de participation. Quelles sont vos estimations et que préconisez-vous pour mobiliser les électeurs, particulièrement les jeunes?- La mobilisation des électeurs est une combinaison entre plusieurs facteurs. Les débats engagés sur le mode de scrutin et l’exercice sur la moralisation de la vie politique sont une façon de souligner l’importance des voix des électeurs. Les élections 2007 seront transparentes et crédibles et toutes les conditions de compétition honnête seront garanties. Nous avons également démarré l’opération de généralisation de la carte d’identité nationale. Les opérations de révision normale et exceptionnelle des listes électorales seront accompagnées de campagnes de sensibilisation. Nous félicitons à cette occasion les ONG qui cherchent à mobiliser les électeurs. Les partis politiques ont bien sûr un rôle à jouer. . Le renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers a eu comme effet collatéral la condamnation de certains conseillers? Cela aura-t-il un impact sur les échéances de 2007? - Les élections de 2007 ne peuvent être comparées à celles de 2006, de par les collèges électoraux concernés. L’Etat a montré sa ferme volonté quant à la moralisation de la chose politique et cela sans aucun état d’âme. Et la loi sera appliquée et respectée lors des élections de 2007. Les poursuites en cours ne s’inscrivent pas dans un esprit de campagne. Nous considérons qu’il y a eu des présomptions. Des procédures ont été enclenchées. Elles ont permis d’avoir des éléments de preuve, soumis à la Justice, qui a dit son mot de manière indépendante. Ces affaires en sont aujourd’hui à la Première instance. Les personnes concernées ont la possibilité d’interjeter appel et sont considérées comme innocentes jusqu’à épuisement de toutes les voies de recours. Sur ces questions, nous n’avons pas l’obligation de résultat en termes de poursuites. Mais chaque fois que nous aurons des éléments ou des preuves de pratiques illégales, nous entamerons des actions, de manière claire et déterminée, quelle que soit l’appartenance politique des acteurs. . Parmi les éléments utilisés pour enclencher des actions contre certains inculpés figurent les écoutes téléphoniques. Quid de leur légalité?- Les écoutes ont été menées à la demande du juge d’instruction et sous le contrôle du Parquet, dans le respect total du Code de procédures pénales. De ce fait, elles sont parfaitement légales. . Est-ce que la même fermeté sera appliquée pour des partis qui tardent à appliquer la loi, notamment en matière de tenue des congrès de conformité? - La loi est très claire. Les partis ont un délai pour mettre à niveau leurs statuts. Ce délai prendra fin en août prochain. Au-delà, la loi s’appliquera. Le cas échéant, il reviendra à la Justice de dire son mot. . Cela implique-t-il une interdiction de participation aux élections des partis concernés?- La loi s’appliquera d’autant plus qu’elle a été votée par les partis. Chacun doit prendre ses responsabilités. . Les observateurs s’attendent à un raz-de-marée du PJD lors des élections de 2007. Qu’en est-il d’après vous? Ce parti représente-t-il vraiment un danger? - D’abord, la question du danger. Le Maroc est un Etat multi-séculaire avec des institutions bien installées. Son système politique l’immunise contre tout danger ou entreprise malveillante. Le raz-de-marée a certes été relayé par quelques sondages. Mais d’après les éléments dont nous disposons, certaines questions de ces sondages peuvent prêter à de multiples lectures et analyses. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle le dernier Conseil de gouvernement a approuvé un projet réglementant les sondages. L’objectif est d’éviter toute instrumentalisation d’un outil nécessaire.. Il se dit que vous courtisez le PJD. Est-il plus fréquentable qu’Al Adl Wal Ihssane? - Le ministère de l’Intérieur entretient avec le PJD des relations similaires à celles entretenues avec les autres partis. Il est légalement constitué et reconnu. Il s’inscrit dans le cadre du consensus national autour des fondements de notre pays. Al Adl Wal Ihssane n’est pas dans la même situation. Ce groupement se place en alternative politique. Il prône une idéologie qui, à bien des égards, peut être considérée comme subversive. Celle-ci n’exclut pas, dans certains écrits, le recours à la violence. Al Adl Wal Ihssane refuse, de surcroît, de s’inscrire dans une logique de compétition au sein du champ politique. Il s’oppose à la régulation du champ politique, telle qu’elle est définie par la loi. Pour tout cela, il se situe sur un autre registre. . Le risque que des candidats d’Al Adl se présentent aux élections sous l’étiquette PJD est cependant présent…- Le choix des candidats est de la responsabilité des partis. C’est à ceux-ci de veiller à ce que leurs candidats portent bien leurs programmes et leurs valeurs. Et les statuts de chaque parti, en fonction de la nouvelle loi, impose de définir les modalités de choix et de désignation des candidats. . Quelle est la logique de votre démarche à l’égard de la Jamâa de d’Abdessalam Yassine? - Nous sommes dans une logique d’application de la loi. C’est le seul moyen légitimant une action plutôt qu’une autre. . Au sein de la société civile, le silence est de mise quant au «bras de fer» opposant l’Etat à Adl. Peut-on parler d’adhésion?- Nos actions s’inscrivent dans le cadre de la loi, et, en cela, elle sont légitimes et ont le soutien des acteurs, politiques ou de la société civile. Nous aurions été dans une autre logique, ces mêmes acteurs ne nous auraient pas accompagné, voire nous auraient dénoncé.. Sur le volet de la sécurité, le nombre de cellules terroristes démantelées à travers le pays est pour le moins surprenant. Où étaient les services de sécurité au moment où ces structures se mettaient en place? - Vous ne pouvez poursuivre des acteurs que lorsque leur niveau de préparation devient en lui-même une infraction. Nous ne pouvons pas arrêter les gens sur leurs intentions et avant que celles-ci ne se traduisent en infractions. Depuis le début de l’année, un total de sept cellules ont été démantelées, dont certaines ont des liens avec des groupes étrangers, comme le GSPC algérien ou Al-Qaïda. D’autres sont locales, comme c’est le cas de Ansar Al Mahdi.. Vous avez déclaré à l’issue du démantèlement d’Ansar Al Mahdi que ce groupe avait des liens avec les barons de la drogue. Quelle est la nature de ces liens? - Les membres d’Ansar Al Mahdi avaient l’intention d’établir des contacts avec les barons de la drogue pour l’acquisition d’armes. Nous n’avons pas de fait avéré de connexions entre les réseaux de drogue et de terrorisme. L’expérience internationale a cependant démontré que des vases communiquant entre les deux peuvent exister. Cela implique beaucoup de vigilance. . Les mauvaises langues disent que Fouad Ali Al Himma est le véritable numéro 1 du ministère de l’Intérieur. C’était le cas au temps de Driss Jettou et Mostapha Sahel. Qu’est-ce que vous leur répondez?- Fouad Ali Al Himma est ministre délégué à l’Intérieur. Nous travaillons dans un climat de cohérence et de respect réciproque. Sur plusieurs points, il y a un enrichissement mutuel. Nos profils sont complémentaires. En interne, nous ne posons pas cette question. Cela dit, toutes les grandes décisions du ministère se prennent en impliquant les hauts responsables du département aux niveaux central et territorial. La démarche est participative. Les conclusions sont partagées. J’assume toutes les décisions. Je suis surtout honoré de la confiance de S.M. le Roi.


    Insécurité: Un plan de riposte

    La médiatisation de faits divers sanglants et d’attaques à main armée nourrit le sentiment d’insécurité chez les citoyens. Le ministère de l’Intérieur rassure. Ses statistiques relèvent une hausse de 2% de la criminalité. Compte tenu de l’extension des zones urbaines et des interventions des forces de l’ordre, ce taux serait stagnant par rapport à ceux enregistrés auparavant. Il s’agit pour la plupart d’actes de petite délinquance. Certains actes portent certes atteinte aux personnes, mais ils sont en nombre limité. Des actes spectaculaires amplifient le phénomène. «La médiatisation de ces faits divers joue un rôle multiplicateur dans le sens où un même fait est relayé plusieurs fois», explique le ministre. Pour autant, certains regrettent déjà la disparition des GUS, ou du moins le concept à leur origine, celui d’une force de proximité et de dissuasion. L’Intérieur prépare une alternative. Une réorientation de la doctrine d’intervention des forces de l’ordre est en vue. L’objectif est de substituer la rapidité, la réactivité, l’anticipation et la proportionnalité des interventions au principe de présence permanente. Des mesures ont été adoptées dans ce sens. Il s’agit notamment du renforcement des structures chargées de la lutte contre la criminalité en élargissant les services territoriaux de police judiciaire et des renseignements généraux. Les moyens auparavant répartis entre les GUS leur seront affectés en priorité. Il est prévu de lancer des structures constituées de brigades mobiles de recherche, chargées d’intervenir rapidement sur le lieu des crimes. L’installation de brigades mobiles de maintien de l’ordre, chargées de la sécurité dans les espaces publics, est aussi attendue.


    Entre début juillet et fin septembre

    LA date précise des élections législatives de 2007 n’est pas encore fixée. La loi prévoit qu’elle soit fixée par décret au plus tard 45 jours avant les élections. Ce texte, préparé par le ministère de l’Intérieur, passe ensuite par le Conseil de gouvernement et le Conseil des ministres. «Ce sera après concertation avec les partis de la majorité comme de l’opposition», rassure Chakib Benmoussa. Dans tous les cas, la Constitution est claire. Les élections doivent avoir lieu entre la fin de la session du printemps et le début de la législature du nouveau Parlement, soit entre début juillet et fin septembre. Le texte sur la date n’est qu’un décret parmi d’autres à présenter par l’Intérieur. Il y a également le texte sur le découpage électoral. Le principe convenu lors des débats sur les lois électorales veut que le découpage soit le plus proche possible de celui de 2002, mais en tenant compte des changements survenus depuis. Unité de la ville oblige, certaines préfectures n’existent plus; d’autres ont été créées. Des communes ont changé de rattachement. Le découpage sera ajusté en conséquence.Propos recueillis parMohamed CHAOUI et Tarik QATTAB

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