Enquête

Diplômés de l'Est: Les parents d'élèves montent au créneau

Par L'Economiste | Edition N°:684 Le 18/01/2000 | Partager

· Le projet de loi relatif à l'exercice des professions médicales bloqué par la Chambre des Représentants

Le projet de loi relatif à l'exercice des professions de pharmaciens, de chirurgiens dentistes et de sages-femmes risque de ne pas passer le cap de la Chambre des Représentants. En tout cas ces derniers font blocus sur ce texte jugé préjudicieux vis-à-vis des étudiants des pays de l'Est, et ont reporté son passage devant la Chambre des Représentants programmé mercredi dernier.
Les parents d'élèves qui se sont constitués en association ont formulé officiellement des craintes sur la portée du projet de loi n°34-99 modifiant l'article premier du dahir n°1-59-367. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé, la Fédération des Associations des Parents et Tuteurs des Etudiants Marocains (FAPTEM) à la CEI (ex-URSS) relève que les nouvelles modalités d'homologation des diplômes délivrés par les universités des pays de l'Est, ou l'instauration de mesures de recyclage, ainsi que toutes autres mesures à prendre sont injustes à l'égard des étudiants. "Les étudiants qui appréhendent déjà les difficultés inhérentes à leur installation (rigueur de la réglementation, spéculation des Fonds de Commerce...etc) risquent de se retrouver avec de telles procédures, une fois rentrés dans leur pays à la situation de départ", précise la Fédération. Dans une déclaration à L'Economiste, M. Mohamed Khadiri, président de la FAPTEM, considère que " l'homologation des diplômes ne devrait pas constituer un obstacle aux étudiants. S'il y à des dérapages tels que la falsification des diplômes, les responsables doivent être présentés devant la justice". Reste que certains professionnels en l'occurrence, les pharmaciens remettent en cause (mais sans généraliser) la qualité de la formation des lauréats de l'Est dont le cursus ne répond pas aux normes nationales (Cf L'Economiste du 19 octobre 1999). Toujours sur le registre des étudiants des pays de l'Est, la Fédération conteste que les titulaires de doctorats en pharmacie ne puissent s'installer qu'après avis de l'Ordre des Pharmaciens. "Les pharmaciens intensifient le lobbying contre les diplômés de l'Est parce qu'ils craignent pour leur chiffre d'affaires", estime M. Khadiri.
La Fédération craint également la rétroactivité du nouveau texte une fois adopté. Dans sa lettre ouverte, elle précise "qu'il est injuste de revenir sur des acquis garantis par la Constitution marocaine qui n'admet guère qu'on applique, en la circonstance, de nouveaux textes adoptés après le dahir du 19 février 1960, avec rétroactivité".


Le projet de loi


Le projet de loi n°34-99 modifiant le dahir n°1-59-367 stipule que "nul ne peut être autorisé à exercer sur le territoire du Royaume du Maroc les professions de pharmacien, chirurgien dentiste et sage-femme s'il n'est titulaire, selon le cas, du diplôme national de docteur en pharmacie délivré par une faculté de médecine et de pharmacie marocaine, de docteur en médecine dentaire délivré par une faculté de médecine dentaire marocaine ou de sage femme délivré par l'un des instituts marocains de formation aux carrières de santé ou d'un diplôme ou titre reconnu équivalent conformément à la réglementation en vigueur. Pour l'exercice de la profession d'herboriste, le diplôme présenté doit être valable pour l'exercice dans le pays où il a été obtenu".

Khadija MASMOUDI

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