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    Economie

    Diplômés chômeurs
    Moins nombreux mais plus vulnérables

    Par L'Economiste | Edition N°:3347 Le 25/08/2010 | Partager

    . Ils représentent 23% des chômeurs. Sans surprise, l’enseignement public principal victimeLe sujet des diplômés chômeurs est toujours d’actualité. Constamment, ils manifestent leur mécontentement et leur désespoir devant le Parlement, à Rabat. Depuis plusieurs décennies, c’est une des caractéristiques du marché. Un chômage qui touche les jeunes et les diplômés de niveau supérieur. Au niveau national, le taux de chômage a baissé sur les 10 dernières années, passant de 11% en 2005 à 9,1% en 2009. Une baisse qui a concerné toutes les catégories en particulier celle des diplômés. La part des diplômés du supérieur (selon la définition du HCP, ce sont les bacheliers, techniciens et cadres moyens et enseignement supérieur) dans la population au chômage baisse. Cette part est passée de 24,5% en 2005 à 22,9% en 2008 (selon la dernière enquête nationale sur l’emploi du Haut commissariat au Plan –HCP-, les chiffres de 2009 n’étant pas encore disponibles). Mais la proportion reste importante. Les diplômés du supérieur sont moins nombreux mais plus vulnérables. Ils restent plus concernés par le chômage que les autres. En 2009, le taux de chômage chez les sans diplômes était de 4,4% contre 18,3% chez les diplômés de l’enseignement supérieur. Pourtant, en 2009, les sans diplômes représentent 63,3% de la population active et les diplômés de niveau supérieur ne représentent que 12,1% de la population active. Par catégories, la baisse du taux de chômage des diplômés du niveau supérieur reste disparate. On remarque, d’après les statistiques du HCP (qui s’arrête à 2008), que le taux de chômage des lauréats de l’enseignement supérieur, en particulier des facultés, enregistre une baisse de leur taux de près de 10 points entre 2005 et 2008. Pour les bacheliers, les techniciens et cadres moyens, ils ont respectivement enregistré une baisse de près de 5 points. Pour ce qui est des écoles et instituts (dont la faculté de médecine), leur part dans le chômage des diplômés du supérieur est faible (6% contre 3,4% en 2008). Mais même si la tendance est à la baisse, la part des diplômés des facultés dans le chômage est élevée. En clair, nos universités produisent des chômeurs. C’est l’image dont a souffert et continue de souffrir l’université. Le diplôme doit faire ses preuves sur le marché du travail pour que l’établissement ait une bonne image. «Partant de la palette d’établissements publics, ces formations ne connaissent pas la même fortune sur le marché de l’emploi. Certaines d’entres elles assurent de belles carrières à leurs lauréats, carrières par ailleurs meilleures que celles que peuvent permettre certaines écoles privées», commente Younès Mouhib, DG du cabinet de recrutement Positif Conseil. Le malheur et les problèmes d’insertion dans le monde professionnel, est en ce qui concerne cet enseignement public, est le lot des lauréats des facultés de lettres, sciences humaines. Mohammed Barkaoui, président de l’Université Hassan II-Casablanca confirme ces propos. Pour la majorité des étudiants des établissements sélectifs (faculté de médecine et de pharmacie, école d’ingénieurs), le problème de l’insertion ne se pose presque pas car ce sont des formations professionnalisées. Ces étudiants sont triés sur le volet et ont un potentiel important. Mais les autres filières restent peu ouvertes sur le monde professionnel. «Il s’agit de former en fonction des besoins de l’économie. Aujourd’hui, les étudiants détiennent l’information sur les secteurs porteurs», affirme le président. 10% de la formation est professionnelle. L’objectif est d’arriver à 2/3 de la formation qui soit professionnelle. «Les facteurs qui provoquent le chômage des diplômés sont multiples: le système de formation mais aussi le système économique. Ce dernier peut-il absorber tous les diplômés ?  Il n’existe malheureusement pas assez d’analyse sur cette problématique », indique Rahma Bourqia, présidente de l’université Hassan II-Mohammedia. Le flux des diplômés de l’enseignement supérieur public ne cesse de croître. Les lauréats des établissements universitaires s’élèvent à 34.975 en 2007-2008 et 34.351 en 2006-2007. En 1998, ce nombre s’élevait à 26.546. Sans oublier ceux des instituts et écoles supérieurs (4.063 lauréats en 2007-2008 contre 3721 en 2006-2007) et les lauréats du privé (3112 en 2007-2008) qui ont plus de chance de trouver un emploi. «L’entreprise, même en consentant un effort au niveau du recyclage de ces lauréats à travers une formation, ne peut absorber que dans la limite de ses capacités », signale Mouhib. En effet, les effectifs des étudiants de l’enseignement supérieur s’élèvent à 313.501 en 2008-2009 dont 200.721 dans les seules facultés des lettres et sciences humaines et facultés des sciences juridiques, économiques et sociales. Ils s’élevaient à 310.408 en 2007-2008 dont 206.799 dans les facultés de lettres et sciences juridiques. «Les employeurs cherchent chez leurs recrues de l’opérationnalité, des compétences pratiques, des savoir-faire précis et non théoriques», précise Mouhib. En résumé, les lauréats des filières généralisées ont moins de chance de décrocher le jackpot. J. K.

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